‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 81 sur 183 · Employés subalternes.— Les employés subalternes étaient · texte numérisé non relu

Employés subalternes.— Les employés subalternes étaient

les courriers, les gens de service, les gardes, les trompettes,

les sonneurs, les agents de police, etc. En voici l'énumération

accompagnée du chiffre des gages de chacun d'eux, d'après le

registre de 1264 :

Par an.

Avignon (9), 8 agents, l'un 4 1. = 74' 88

Arles, (10) 16 agents, l'un 3 1. 1^2 = 65 62

> 2 trompettes, l'un 2 1. = 37 44

• un sonneur 11. =-■ 18 72

Tarascon, (11) 4 agents, l'un 2 1. 1;2 = 46 80

(1) Isnardo Lombardo, clavario rMassiliensi], xxx 1. turonensium. (Iliiil. folio 42, verso.)

(2) Clavario Tharasconis, pro anno, xv 1. (Ibid. folio 21, verso.)

(3) Johanni Henrico, clavario [Draguignani], pro anno, xv 1, (Ibid. folio 5i. verso.)

(4) Clavario Arearum, sciiicet Guillelmo Dieude, pro anno, xx 1. (IbiJ. folio 61 . verso . )

(5) Clavario Dignensi, pro m. c. lxvi diebus, xviu 1. vi. s. (ibid. folio82, verso . )

(6) Clavario Sistarici, x. 1. (Ibid. folio 9T, verso.)

(7) Nicolao, condam clavario Aquensi, et nunc Fouquelo de Affivello, clavario. pro anno, xv 1, (Ibid. folio 108, verso.)

(8) Clavario Nicie, [pro anno] x 1. (Ibid, folio 157.)

(9) Octo cursoribus [curie AvinionensisJ, pro anno, xxxii 1. (Ibid. folio 6, recto.)

(10) Pro xvi nuncii.i curie Arclatensis, (pro anno] lvi 1. x s. ; — duobus trompatoribus, pro eodem lermino, un l. ; — pulsatori campane, pro eodem termino, xx s. (Ibid. folio 13, verso )

(11) Quatuor correriis [Tharasconi] pro anno, x. 1. (Ibid, folio 21, verso./

Draguignau, (1). 4. agents, l'un 3 1. = 65f 62

Hyères, (2) 6 agents, l'un 11.122= 28 08

Toulon, 2 agents, l'un 4 1. =18 72

» un ? sonneur , f|. __ ^g 72

Brignoles et Sainl-Maximin, (3) 5 agents, l'un. . . 11. 1;2 = 28 08

Barcelonnette, (4) 1 agent 1 1. 1;2 = 28 08

Grasse, (5) 2 agents, l'un 11.1/2= 28 08

Digne, (6) 3 agents, l'un 3 1. =58 16

Seyne, (7) 1 agent 3 1. :=, 55 15

Sisteron, (8) 4 agents, l'un 2 1. 1^2= 46 80

Aix, (9) 8 agents, l'un 2 1.1/2= 46 80

Puget-Théniers, (10) 1 agent il. =18 72

Marseille, (11) 23 agents, l'un 3 1, =65 62

42 gardes, l'un 41. =74 88

» un portier du palais 4.1. = 74 88

» un gardien de la Tourette 8 1. =149 76

2 agents de police, l'un 11.1/2= 28 08

» 2 sonneurs, l'un 11.1/2= 28 08

(1) Quatuor correriis Draguignani, cum illo de Luco, xn 1. (Ibid. folio 54.)

(2) Sex correriis [curie Arearum], pro anno, ix 1.; — duobus cursoribus (Tholoni], xl s. ; — pulsatoribus campanarum apuJ Areas el Tholonum, pro anno, xx s. (Ibid. folios Gl et 62 )

(3) Tribus correriis Brinonie, pro anno, im l. x. s. ; — duobus correriis Sancti-Maximini, pro eodem, lx s. (ll.id. folio G8, verso.)

(4) Cursori Barcbinone, pro suo salario, pro anno, xx\ s. (Ibid. folio 89.) (.5) Cursoribus duobus Grasse, pro auno, l\ s. (Ibid. folio 74.)

(G) Tribus cursoribus Digne, pro anno, ix 1. (Ibid. folio 82.)

(7) Cursori Sedene, pro suo salario, pro anno, lx s. (Ibid. folio 83.)

(8) Quatuor correriis [Sislarici], pro anno, x. 1. (Ibid. folio 97.)

(9) Octo correriis [curie Aqucnsis], pro anno, xx 1. (Ibid. folio 108, verso.)

(10) Cursori [de Tbenesiis], pro anno, xx s. (Ibid. folio 119, verso.)

(11) Pro XXI cursoribus in villa et 11 in villa supcriori, pro quolibet, lx s. pro anno, lxix I. ; — pro xxiiii cxcubiis in villa inferioii de vcleri et xii aliis de novo, mil. pro qnoliljct, vu xx. im 1. ; — pulsatoribus campane, LX s. ; — duobus custodibus carreriarum, lx s. ; — gu;irdiano turrete portas, viii 1. ; — gachfi palatii, pro 11 pagis m pagarum, lui s. un d. ; — custodi carccris, vi 1. ; — carnacerio, vi 1. (Ibid. folio 42.)

4. Châtelains de palais et forts. — Il est souvent difficile de distinguer les gages du châtelain de ceux de son entourage, et plus encore de savoir à combien de personnes s'applique la somme affectée à l'entretien d'une garnison de fort. Je tâcherai pourtant, en citant les textes, de les interpréter le plus nettement possible. Je distinguerai, dans cette vue, le châtelain de palais, vivant au milieu des siens, dans le logis confié à sa garde, du châtelain de fort, à l'existence toute militaire.

2. Il y avait en Provence quelques palais comtaux, notamment un à Nice et un à Brignoles. Celui de Brignoles n'avait pas de châtelain, mais il était confié aux soins d'un concierge et de sa femme, payés ensemble, en 1264, à raison de 12 d. ^= 0 fr. 936 par jour. (1)

Le palais de Nice était gardé par un châtelain; celui-ci y vivait entre son fils et sa femme, et tous les trois étaient rétribués et avaient, auprès d'eux, un serviteur aux frais de l'État. Le châtelain, Hugues de Broacort, touchait, pour lui et le servant, 20 d. = i fr. 56 par jour; Mahaut de Broacort, sa femme ou sa bru, percevait de son côté 8 d. = 0 fr. 62 par jour, et le fils, Bernard de Broacort, 12 d. =^0 fr. 93. En tout, y compris les gages du serviteur, les Broacort jouissaient de 61 1. ^= l.i41 fr. 92 de traitement par an. Ce revenu ne leur suffisait pas et l'administration dut leur avancer la farine nécessaire à leur pain, le vin et les salaisons de leurs provisions, faire un don de 22 s. = 20 fr. 59 à la

(i) Guillelmo porterio palalii, pro anno et dimidio, xu d. per diera, pro se et uxore, xxvii 1. x s. (Ibid. folio G8, verso.)

femme et même prêter 20 1. = 374 fr. 40 au châtelain. (1) Le séjour de Nice était déjà coûteux au XIII^ siècle.

3. En outre des palais du Comte il y avait, en Provence, un grand nombre de châteaux-forts entretenus aux frais des vigueries ou directement par l'Etat.

En 1264, le Sénéchal fit payer lui-même les salaires de cinq commandants de ces châteaux. (2)

B. Bouchard, cliàtelain à Caberous, eut 43 1 = 804f 96

G.Bouchard, à Eoulx, » .... 20 1. 6 d. = 374 86

G. de BrAysilva, à Forcalquier, • 20 1 =374 40

Fouquet, à la Brillanne, • 71 = 131 01

Pons de Villeneuve, aux Mées, - . . . . 1 1. 1^2 .= 28 08

On peut, à la rigueur, admettre comme annuel le traitement de 7 1. attribué à Fouquet, châtelain de la Brillanne, mais celui de 1 1. 1/2 affecté à Pons de Villeneuve, capitaine des Mées, était tout au plus trimestriel et peut-être mensuel.

4. Soldats de garnison. — Les châtelains de fort nonseulement n'avaient pas à leurs frais, cela va sans dire, la paie de leurs hommes, mais ils étaient eux-mêmes nourris, en partie, aux frais de l'État, si je ne me trompe. Le premier

(d) Hugo de Broacort, cuin serviente, xx d. per diem de toto mense junii et julii et augusti usque ad ultimani diem sabbali ejus meiisis, de un. xx. VI diebus, vu 1. m s. un d.; de quibus habuit unum seslarium farine, iit s. VIII d. ; et III collarios vini, viii s. ni d.'; et pro una mejana carnis salse, VI s.; et, proeminade fabis, ii s. — Bernardu.s de Broacort, deeodem lermino, XII d. per diem, un l. vi s, ; de quibus habuit, pro uuo sestario farine, m s, viu d.; et pro duobus seslariis farine vetule, un s.; et pro megina carnis salse, VI s. et xn d. de fabis. — Mahaut de Broacort, de xxxviii dii-bus, viu d. per diem, XXV s., iiii d. — Castellano palatii, xx 1. de prestito; — eidem, XXII s. pro Mahaul Je Broacort. (ibid. B. 1500, fo io 11, recto.)

(2) B. Bochardo, condam castellano de Caberous, xmiiI.; — domino Geraudo Bocardo, castellano de Eulis, xx 1. vid.; — domino G. de Braysilva, castellano Forchalquerii, xx 1.; Fulqucto, castellano de Librignana, vu 1.; — Pontio de Villanova, castellano de Médis, x.vx s. (Ibid. B. 1501, folio 135, verso, et 136, recto.)

fait est aisé à prouver, car le rationnaire de 1249 contient de nombreux articles relatifs à la paie des garnisons de châteauxforts. (1)

Par jour.

Le château d'Aix reçut, pour l'entretien de sa garnison. 21 s = 1' 96

. de Bouc, bailliage d'Aix, • . . 5 s. 6 d. == 5 14

> de Draguignau, • .. 2 s = 1 87

de Luc, bailliage de Draguignan, • .. 7 s = 6 55

de Revel, bailliage de Digne, • ..12d = 0 93

■ • garnison renforcée, • .. 3s, = 2 54

[de viennois]

. de Guillaume, baiL de Nice et Grasse, • ..dSd = 0 91

[de royaux]

. de Beauvezet, » • . . 15 d. i^S = 1 43 dTsia, . • ,. 10 s = 8 46

[de royaux]

• de Saint-Auban, » » ..10 s = 8 46

[de royaux]

de Pilles, • • .. 2 s. Ild. = 2 47

[de royaux]

Quant au second fait, à la nourriture au moins partielle, aux frais de l'État, des commandants de forts, il me paraît probable ; car les forts recevaient, au fur et à mesure de leurs besoins, des distributions de blé, d'orge, d'avoine, de fèves, et si le châtelain du Palais de Nice était forcé de payer ses pro-

(1) Pro paga castri de Aquis, de vu. xx. xix diebus, xxi d. per diem, xni 1. XVIII s. III d. provincialium. — Pro paga caslri de Buco, de vu. xx. xix diebus, v s. vi d. per diem, xliu I. xiii s. vi d. provincialium. — Pro paga castri de Draguignano, de eodem termino, ii s. per diem, xv 1. xvm s. — Pro paga garni-sionis castri de Revello, de vu. xx. xix diebus, xii d. per diem, viil. xixs.; — pro reforciamla garnisione dicli castri de Revello, propter mortem senescalli, de xxxiii diebus. m s. per diem, iiii 1. xvi s, — Pro Castro de Guillelmo custo JicnJo, de dimidio anno, x 1. regalium. — Pro custoilieiido castro [Bellivisus], de tofo anno. xxii 1. x. s — Pro paga garnisionis castri de Isia, de eodem termino, x. s. per diem, lxix 1. x. s. regalium; — pro paga garnisionis ':astri de Sancto-Albano, de eodem termino, X s. per diem, i.xix 1. x s. regalium; — pro paga garnisionis castri da Piiia, de eoJem termino, ii s. xi d. per diem, xxiii 1. m s. ix d. regalium. (Ibid. B, 1500, folios 26, 27, 28 et 29.)

visions, sa situation particulière et son traitement exceptionnels le mettaient en dehors de la règle générale et justifiaient cette obligation.

5. Je reviens à la paie des soldats ou sergents de garnison. Quoique le nombre d'hommes et les gages de chacun d'eux ne soient pas déterminés dans les articles précédents, on peut les induire, au moins approximativement, de quelques renseignements précis des rationnaires de 1249-52 et 1264.

Le 23 juin 1250, le châtelain du Chàteau-Neuf de Nice ayant eu son personnel augmenté de deux servants ou sergents, la paie ordinaire de la garnison fut accrue, pour ce motii', de 16 d. (1) = ifr. 24 par jour.

D'autre part, Michel, sergent du château d'Albaron, reçut pour salaire, en 1264 , 3 d. 1/3 = 0 fr. 26 par jour ; Jean de Ferrol, sergent de Roquevaire, un apprenti-sergent sans doute, 1 d. 1/3 (2) = 0 fr. 104 jmr jour, et les 20 sergents du palais de Marseille, 8 d. (3) = 0 fr. 624 par jour et par personne.

Il y avait donc, entre les salaires des sergents de garnison, des différences très notables, et en admettant comme limites extrêmes les chiffres de 8 d. = 0 fr. 624 et de 1 d. 1,3 := 0 fr. i04, la moyenne de ces gages quotidiens se trouve à peu près indiquée par la paie du sergent d'Albaron.

A ce compte, il pouvait y avoir, en 1249, en sus du châtelain, un seul sergent à Aix et à Guillaume, 3 à Beauvezat,

(1) Castellano castri novi de Nicia, de [iiii. xx. vi diehusj, v s. nii J. per diem, xxu 1. xviii s. vin d.; et pro augmeiilalione garnisionis, de viy;ilia sancti Johannis citra, de lxiiii diebus, xvi d. per diem, pro daobus servientibus, un 1. V s. iiii d. (Ibid. B. 1500, folio 11.)

(2) Michaeli, serviente de Albarono, c s.; — Johanni de Ferrolis, sorvienli in Castro Roquevarie, xls. (Ibid. B. 1501, folio 135, verso, et 136, recto.)

(3) Pro vailiis x\ scrvientuin | alalii Massilie, pro m. c. lxvi diebus» u. c. XLiiii 1. luronensium. (ibid. folio 38, reclo. )

7 à Revel, 8 à Nice, 12 à Draguignan et à Bouc^ et 2G ù Saitit-Aiibati et Pilia.

Quant aux châtelains de ce.^ forts, ils auraient, en ce cas, reçu par jour :

A Guillaume 10 d. = 0^ 78

BiMuvezel îO d. = 0 78

Revel l.'> (1. = 1 17

Pilia 15 J. = 1 17

Aix 16 cl. = 1 25

Bouc 18 ,1. = 1 40

Draguignan 22 d. = 2 05

Ysia 22 (1 . = 2 05

Saint-Aubîui 22 d, = 2 05

Nice 2G d. = 2 43

1. Soldats en campagne. — J'ai signalé les variations de salaire des châtelains et des sergents ou scr-vants de garnison. Ces variations, pour les sergents du moins, disparaissaient, si je ne me trompe, à leur entrée en campagne. Dès lors, ils percevaient chacun uniformément, sauf de rares exceptions, 10 d. = 0f>\ "78 par jour.

Telle était aussi la paie de campagne de l'arbalétrier.

A ce prix furent payés à Nice les sergents mandés en cette ville, en 12(34; (I) et, la même année, à Digne, (2) Brignoles, (3) Hyères, (4) Draguignan, (5) les arbalétriers envoyés à

(I) Pro c servienlibus missis Nie iam , 'mandalo domini senescalli, pio V dii'bus, X d. per diem, xx I. xvi s. vm d. (Ibid. folio 120, recto.)

{i] Pro II. c. Iialistariis missis in Lombard iam, cuillibet x s. aniequam habiiis^oiit galium in Lombarlia. cl. ; — i em, pro vi. xx baiistariis missis Niciam, man lato senescalii, pro vm diebiis, xi l (Ibil. folio 82, verso.)

(J) Pro XMii balisiariis missis apul Niciam, pro vm diebus, cuilibet xd. per iliem. mandalo senescalli, xim I. vi s. vm d. (Ibil. folio 68, verso.)

^i) Pro xxxvm balisiariis de Areis, missis apud Niciam, pro vu diebus, XI 1. im s. (Ibil. folio 61, verso.)

(5) Pro c baiislariis missis apud Niciam, pro vu diebus, xxix 1. m s, mid. (Ibid. folio 54.)

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