ANIMAUX
Les animaux élevés par l'homme peuvent se distinguer en animaux d'écurie, d'étahle, de loge, de bergerie, ^de bassecour, etc.
1. Animaux cV écurie. — d" Les chevaux sont en tête de cette catégorie. Il y en avait, au moins, de deux espèces. La première avait pour type le palefroi, cheval de bataille ou de parade. Le palefroi est coté, dans le rationnaire de 12G4, au prix uniforme de 30 I. =561 fr. 00.
Ainsi sont estimés les coursiers de l'un des d'Agout et des autres barons de l'escorte du sénéchal et le cheval du sénéchal lui-même. (1)
(i) Pro quodam parafredo senescalli morluo Aquis, xxx 1.; — domino Romeo Malvicino de Grassa, pro emenda cujusdam equi, xx\ I.; — Raimundo Goût, pro emenda cujusdam equi, xxx 1. (Arcli. des B.-du-Rh., B. 1501, folio 136, recloj.
Après le palefroi, le roussin. Sous ce terme, on clé«ignaitlcs chevaux de deuxième et troisième ordres.
Sans avoir la valeur du palefroi, le roussin en avait une notable.
Deux roussins des écuries du sénéchal, morts à Brignoles en 1264, furent évahaés, par tête, à M 1. 5 s. ='210 fr. 60; et quatre chevaux de la Cour d'Aix, deux du chevalier Antelme et le cheval du bailli aixois, chacun à 10 1. = 187 fr. 20. (1)
Au-dessous s'échelonnaient les bêtes de moindre prix : un roussin de 5 1. = 03 fr. 60, de l'écurie de Raimond d'Agout; (2) un autre de l'écurie de messlre Etienne, (3) d'égale cote ; ceux des trompettes marseillais envoyés en Lombardie (4) payés, l'un 4 1. 9 s. =84 fr. 30; enfin deux roussins confisqués sur les sires de Gignac (5) et trois, sur un contrebandier, (6) vendus, chacun des deux premiers 3 1. 9s. 6 d. = 65 fr. 05 et chaque autre, 1 1. ^/3 = 24 fr. 96.
2" Les mulets avaient le prix des roussins et parfois des meilleurs, comme le prouve l'estimation faite, quelques années avant l'avènement de Charles !«"" , de diverses pertes en hommes et bêtes, causées, en 1233, aux féaux de Raimond Bérenger Y par les Marseillais et le Comte de Forcalquier.
(1) Duobus roncinis morluis apud Brînoniam, xxii 1. ; ii s.— pro nu equis re.Milis curie per sen"<oaliiim xl 1.; — domino A"telmo, iniliii, pro duobus aliis roncinis, xx 1. (Ibid. 1. c.) — Ei 1cm [Simoni] bajulo aqucnsi, pro eqiio morluo X 1. (Ibil. C. 1500, folio 27, reclo.)
(■>) Haimunlo GoiU, pro emcnla cujusilaiu roncini, c s. (Ibid. B. 1501, folio 130, verso.)
(3) Debel dominusSicp'ianns, proroncino, cs.{Ibid.B. 1500, folio 15, recto.)
({.) Duobus Ironipaloribus missis [le Massili:i] in Lornbanliam, mandalo scnescalli, pro duo'>us roncinis, vni I. xvim s (Ibid. B. 1501, folio 37, verso.)
(5) De duobus roncinis qui fuerunt dominoriiin de Gign;ico, vi l. xix s. (Ibid. 1. c , folio 106, rcclo.)
(0) Per bajulum ayguesensein, pro nu roncinis captis et commissis pro
deveto seu furto pedagii et venditis per dictura clavarium, uu 1. (Ibid. 1. c,
folio 106, verso.)
Dans cet acte, un mulet est porté à 10 1. de viennois = i68 fr. ; deux mules, à 9 1. ^j-i de guilleliniiis = 159 fr. 60 chacune, et une troisième mule à 4 I. 2 s. 9 d. de royaux — lof,'. 60. (l)
3" L'âne valait naturellement beaucoup moins.
L'état des pertes de 1233 en mentionne deux du prix de 2 I. de royaux l'un, =36 fr. 55 ; un troisième, de 31 s. de royaux = 28 fr. 32 el une ânesse de 17 s. = 15 fr. 53.
Le rationnaire de 1264 contient les prix de quelques-uns de ces animaux ; mais, comme il s'agit d'ânes de contrebandiers, bêtes de peu de valeur à cause des risques auxquels on les exposait, les prix indiqués doivent être considérés comme exceptionnellement faibles. Ces chiffres sont 12 s. V2 = a fr. 10, 10 s. =9 fr. 36, et même 8 s. = 7 fr 4S. (2)
2. Animaux (Vétah'e. — L'état de 1233 mentionne une douzaine de ces animaux estimés, à savoir 8 bœufs ou vaches, indifféremment et par tête, 3 1. 2 s. 6 d. de royaux = 51 fr. iO, et 4 autres bœufs ou vaches, chacun 2 1. V2 = 45 fr. 68.
Le rationnaire de 1249 (3) renferme l'indication de vente de deux bœufs, l'un à 70 s. := 65 fr. 52, et l'autre à 55 s. = 51 fr. 48; et celui de 1264 mentionne la restitution de 20 s.
(i) Mandamus quorl dominus cornes Fulcalcariensis restituai Umberto Corderio, pro mulabus [luabus] predictis, xviii I. \villelmen<ium et domine Bannolle, pro dicto mulo, x l. viemiensium. . . . Coalempiiamus diclum vicarium Massiliensem in resliiuendis Willelmo [GasauJo], pro mula predicla, un l. el II .s. et viiiid. régal iiim. (Ibid. B. 321.)
(2) Recepta pro commisso [in gabella Berrc] : pro qundam asino, qui fuit Pétri Raluis qui furabatur sal, vendito pro parle domini, x s ; — ]>to iiii asinis Pelri Huffi, pro eodem veridilis, l s ; — pro 11 asinis Gaufrili Segnhier, pro eolem ven lilis, xv s. ; — pro quodam asino cujus lam bominis dp Hialrio, pro eodem vendilo, viii s. (Ibid 1. c. folio 12G, recto.)
(3) Pro uno bove lxx a.; (Ibid. B. 1500, folio 15, verso.) —de quodam bove vendilo, lv s. (IbiJ. 1. c. folio 60, verso.)
= 18 fr. 72 pour prix d'un bœuf indûment compté par le clavaire de Draguignan. (1) Ce dernier chiffre est très-bas, si on le compare non seulement au précédent, mais au suivant. En ['■2QA, la comtesse Béatrix fit acheter deux vaches pour son usage personnel, pendant son séjour au palais de Brignoles; (2) elles lui coûtèrent, chacune, 2 1. 5 s. = 42 fr, i2.
La vache de cens était estimée 2 1. 10 s. (3)= 46 fr. 80.
3. Animaux de loge. — Le gérant de la ferme comtale du Muy, après avoir engraissé vingt porcs avec de l'orge, du mil et des criblures de blé, les vendit, en 126-4, 1 1. =78 fr. 72 pièce. (4) Ce prix était élevé. A Cruis, trois porcs furent vendus 4 1. de raimondins, (5) c'est-à-dire 1 1. </3= '/7 fr. 05 Tun. En 1249, le bailli archiépiscopal du Piiy en vendit un 10 s. (6) ::= 9 fr. 36, et, en 1264, six porcs saisis sur les terres des sires de Gignac parle bailli de Saint-Giniez (Martigues), furent à peine vendus 4 s. 10 à. =4 fr. 95 par tête. (7)
Le porc salé, bacon, était naturellement plus cher. La Cour d'Apt en tira 23 s. =r 2/ fr. 52, à Saignon. (8)
On détaillait le porc pour la facilité de la vente.
(1) Ibid. B. 1501, folio 53. verso.
(2) Pro duabus vaccis emplis pro domina comitissa, nul. x s. (Ibid. B. •1501, folio G7, verso.)
(3) Apud Eulx, in Jsalali, pro una vaqua cen-aaii, l s. ; — apud Garedam, pro \acca censuali, in Naiali, l s.; — Apud Talaioiram, pro vaqua censuali, inNatali, L s. (Ibil. 1. c, folio 47.)
(i) Apul Modium, pro xx porcis, xx L (HiiJ. 1. c , folio 121, verso.)
(5) Très porcos, iiii raimunJensium. (Bibl. nat. f. franc, n" 9S89, folio 91, verso.)
(6) De uno porco. venUlo, x s. (Ibil. B. 1500, folio 38, verso.)
(7) Pro sex porcis dominorum de Gignaco, captis per Clementem, bajulum insuie sancti Genosii, et vondilis, xxix s. (Ibid. B. ISOj, folio 100, ver.so . )
(8) Pro n baconib'is apul Si,monem posilis, xlvi s. (Ibil. l.c. folio 110, verso); — pro uno quintali et libra carnium sal->alarain in wslro de Gaberons posilis, xxii s. n d. (Ibid. 1. c. folio 61, verso.)
La descoblada (découvert) et la hanche sont cotées chacune 3 d. =Ofr. 93 dans le Polyptique de Charles 1er; (i) l'épaide, 8 d. {2) = 0ft\ 62; la longe, G d. (3) = 0 fr 46; la jambe ou plutôt le jarret, 3 d. (4)= Ofr.23, dans le ralionnah-e de 1264.
4. Animmix de bergerie. — Parmi les bestiaux volés aux féaux du Comte de Provence par les Marseillais, l'état d'estimation de 1233 comprend 308 brebis ou chèvres et les évalue à 62 1. 6 s. de royaux, soit à 4 s. 1 ob. ^l^^=z3 fr. 69 par tête. (5)
En 1264, à Revel, près de Barcelonnette, trois moutons de cens furent estimés 4 s. = 3 fr. 74 l'un. (6) C'est à peu près la cote de 1233, mais cette cote, résultat d'un calcul de moyenne, n'est pas très exactement vraie, car la chèvre avait une valeur supérieure à celle du mouton ; à Cruis, par exemple, en 1249, cinq chèvres furent estimées chacune, 9 s. 7 d. de raimondins (7) ::= 6 fr. IL — A ce compte, un agneau pascal valait un peu moins de 2 s. = l fr. 81, en 1264. (8)
[i) Ibiil. B. 469, folio 31, recto, et suiv.
(2) De duolius spaluli< porci, xvi d. (liai. B. 1501, folio 92, verso.)
(3) Apui] Sanctum Juliaiium, pro vi longis porcorum venditis, m s. (Ibid. 1. c. folio 100.)
(4) Apud Rogonnm, de cambis xxxm porcorum, viii s. vi d, ; - apud Paludeni, pro viii cambis poroorum, ii s. (Ibid. 1. c. folio 44, verso ) : — apud Ossedam, de xi: libiis porci, m s. (Ibid. 1. c. folio 7.i, verso) ; — Apud Balmam, de v cumbis porcorum et dimidia venditis, xvii d. (Ibid. 1. c. folio 91, verso.)
(5) Item, visa pclitione Peiri Ebrardi et R. Garini qui amiserunt cccviii bestias inter oves et capras apud Torreves. quas ceperuni Pclrus Cbabaudus, Ugo Arnulfus et Mercaderius, Massiiienses, condempnamus dictum vicarium Massiliensem in restituendis eisdem lx:i 1. et vi s. regalium. (Ibil. B. 324, verso, 2. 1.)
(0) Apud Revcllum, de tribus moutonibus censualibus, xii s. (Ibid. B. 1501, folio 86, verso.)
(7) Iiem, xLviii s. de v capris captis in castro deCruce. (Bibl. nat., fonds fr., n" y8H9, folio 91, verso.)
(8) De xxui pascalibus ovibus pro tola bajulia et xiv capris, venditis, vil. XIII s. (Ibid. 1. c. folio 70, verso.)
5. A nimaux de hasse-cour. — En 1251, l'archevêque d'Aix, lors de sa consécration, fit acheter 88 poulets au Puy-Sainte- Réparade, au prix total de 28 s. 4 d., (1) soit à 3 d. 80 = 0 fr. 30 pièce, port compris.
Les poules étaient un tiers plus chères. En 4264, on payait le cens en poules en plus d'un lieu de Provence, à Barlès, à Moustiers (bailliage de Digne), àSaint-Symphorien,à Bayons (bailliage de Sisteron) ; partout la poule avait le même prix de6d. =0f>\ 468. (2)
Un lot de quinze oies, achetées au Puy-Sainte-Réparade et apportées à Aix, fut payé 19 s. 5 d. ; (3) chaque oie revint, à ce compte, frais de transport compris, à 15 d. '/.j = i fr. 2t,
Je n'ai rien à ajouter quant aux prix des animaux domestiques (4) en Provence, peu avant ou sous Charles I^r; mais, comme complément aux notions précédentes, je les ferai immédiatement suivre des prix des animaux de chasse, à la même époque.
6. Animaux de chasse. — Les uns étaient chasseurs ; les autres, chassés.
1° Parmi ceux-là, le ftiucon et le furet,
(1) Pro im. \\. vin piiUis emplis [apud Podium] arl consecralionem domini archiepiscopi et missis Aqnis, xxvni s. un d. (Ibid. 1. c. folio 43, reclo.)
(2) Apud Barles, pro xxxiii gallinis censualibus, xvi s. vi d.; — Apud Jlosterium, de v gallinis ct-nsualibus, n s. vi d. (Ibid. 1. c. folio 75, verso et 76, recto ) ; — apud [Sanctum Syniphorianum] pro xxv gallinis censualibus, XII s. VI d. ; — ajiud Baionum, de viii gallinis censualibus, ini s. (Ibi]. 1. c. folio 92.)
(3) Pro XV auquis [emplis apud Podium] et missis Aquis, xix s. v d. (Ibid. 1. c. fulio 43, recto.)
(4) Les abeilles peuvent être rangées parmi les animaux domestiques, mais n'ont pas de valeur, si ce n'est pas leurs produits : j'ignore le prix du miel ; la cire valait, en 1264 et à Sisteron, 18 d. = 1 fr. 40 la livre. (Ibid. folio 93, recto.)
J'ignore le prix du faucon, quoiqu'il y eut une fauconnerie comtale à Hyères et une autre à Barcelonnette, en 1264. La nourriture des faucons d'Hyères coûta, en 1263, 78 s. 1 d. --= 13 fr. 08 et l'entretien de ceux de Barcelonnette, 4 1.= 74 fr. 88. (1)
Le furet était ordinairement fourni parle seigneur et servait à ses hommes; le produit de la chasse était partagé. L'archevêque d'Aix en acheta un, en 1250, pour sa chasse du Puy et deux pour ses autres domaines. (2) Le premier lui coûta 7 s. = 6 fr. 55, et chaque autre, 7 s. Va = 7 fr. 02.
2° On chassait au furet le lapin et le lièvre. Le lapin était chassé sur les bords et dans les îles de laDurance et du Rhône et au territoire d'Hyères. (3)
Sur les terres de l'archevêque d'Aix on tua, en 1251, à Peyroles, 120 lapins; auPuy-Sainte-Réparade/160; à Jonques, 142. Une partie était consommée sur place; le reste, transporté à l'archevêché ou vendu. Dans la haute Camargue, le lapin abondait.
A Jouques, on en vendit un certain nombre 24 s. (4) =: 22 fr. 46. Plus tard, en 1264, la cour d'Hyères en reçut 60 et, pour prix d'autres, 64 s. 4 d. = 60 fr. 21. En d'autres lieux, à Brignoles notamment, le produit de cette chasse ne dépassa point 3 s. ; à Chateaurenard, il fut de 38 bêtes : la comtesse en prit io et les autres furent vendues 7 d..-=: 0 /»'. 546 l'une. (1)
(i) Pro falconibus nutricndis, i,\xviii s. i d. (Ibid. B. 1501, folio 60 verso); — pro expensis falconum, iiii I. (IbicJ. 1. c. folio 88, verso.^
(2) hi Castro de Podio, pru uno furono. vu s. (Ibid. B. 1500, folio 42, recto. — Pro duobus furonibus fniplis, xv s. (Ibid. 1. d. folio 62, rccio).
(3) Nemus magnnm juxia planteria, de quibus mulli cirogrilli habenlur, (Ibil. B. 169. folio 97, recto.)
(4) XXIII s. in denariis, pro redemplione quorun.'.am cuniculorum [IbiJ. B. 1500, folio 48. reclo.)
(5) Pro xiii cuDiculis veiidilis,vii s. vu d. (Ibid. B. 1501, folio 14, verso.)
Les peaux de lapin étaient matière à fourrure et la cho.ir, quelquefois, à paiement censuel, par exemple à Mérindol. (1)
Le lièvre valait près de l sou ; en 1251, à Touques, 7 lièvres furent vendus G s. 10 d. (2) = 6 fr. 39, soit 0 fr. 91 piècf
La perdiix valait peu, environ 2 d. '/g == 0 fr. i82; elle est cotée à ce prix, en 1264, dans un lot de volatiles données en cens, à Osséda, au clavaire de Digne, et à Baions, au clavaire de Sisteron. (3)
Le renard, la martre, le chat sauvage étaient pourchassés pour leurs méf.iits et recherchés pour leur fourrure; ils fréquentaient particulièrement les bords de la Durance. En 1251, quinze renards furent tués sur les terres de Peyrolles ; le pi'ofit en fut partagé entre les chasseurs et le seigneur. Celui-ci, l'archevêque, désintéressa les chasseurs en leur payant leur part et jouit des quinze peaux. Il paya les quinze moitiés 9 s. 10 d. (4; = 9 f)\ 21. Cette somme établit le prix d'un renard à un peu plus de i s. 3 d. = i fr. iS.
in.