‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 95 sur 183 · OBJETS FABRIQUÉS · texte numérisé non relu

OBJETS FABRIQUÉS

1. Literie. — Des 15 peaux de renard de la chasse du Puy, l'archevêque d'Aix se hâta de faire confectionner une couverture ; elle lui coûta 6 s. (5) = 5 fr. 61 de façon. La couverture lui revint ainsi 25 s, 8 d. = 24 fr.

(i) Quilibcl foccu?, pro libcrlale navis, in Natali, unius cirogrilli carnem.

(Ibid.B. 1C9, folio 104. verso.) (2) De vil leporibus, vi s. x d. (Ibid. B. 1500, folio 4-8, recto.) ^3) Apud Osselam, pro vi galiinis et m pcrdicibus, m s. vu d. (B. 1501,1.

c. fo!io 75, verso); — de lui perdicibuset média censualibus, ix d. (Ibid. 1. c.

folio 92, verso.) (4) Pro mediis xv vulpium emplis, i\ s. x d. Jbid. 1. c fulio3, verso.) ^^5) Pro factura unius coopertorii vulpium, vi s. (Ibid. folio 62, recto )

C'était un prix fort élevé pour un pareil objet, car dans le Polyptiqtie de Charles P^, 9 couvertures de laine sont cotées 4 s, de raimondins l'une (I) =5 fr. 55 et cinij courtes-pointes, 1 s. = 0 fr. 639 la pièce.

Des draps de lit, achetés par l'archevêque d'Aix, en 1251, pour l'usage du bailli du Puy, coûtèrent, la paire sans doute, 10 s. (2) = 9 fr. 36; et les toiles de paillasses ou de matelas furent cotées à 5 s. (3) = 4 fr. 68 l'nne.

2. Vêtetne)i1s. — 1. Les vêtements des Provençaux et particulièrement des Marseillais, au temps de Charles 1er, furent pour les hommes, la tunique, la veste de futaine, les braies, le surcot et le turquin, tuniques de dessus, le garde-corps et la garnache, surcots de dessus ouverts par devant,, le premier avec mancherons et le second avec ailerons et sans manches; le tabard et l'argau, surcots de dessus ouverts sur les côtés, le premi(>r en partie, le second entièrement avec épaulettes tombant comme celles de la dalmatique; le manteau proprement dit, le balandras ou manteau de voyage^ la clilamyde et enfin la chape, manteau long et large avec ou sans manches. Les manteaux et la chape étaient souvent munis de capuchon.

Les vêtements des femmes étaient la tunique; la pelisse et la futaine, longues camisoles de fourrure ou de futaine, le bliaud, tunique de dessus; la garnache et le garde-corps, pardessus étoffés et longs, avec ou sans manches ; le manteau, la chiamyde et enfin la chape à manches, vêtement très ample, descendant jusqu'à terre et ouvert par devant, et ayant quelquefois un capuchon.

(1) IX flcssaclas, \xxvi s. ; — v culcilras, prclio v s. (Bibl. nal. n" 9889, fonds frariQ,. folio 91, verso.)

(2) Pro liiilcaminibus bajulo de Podio, x s. (B. 1500, foro 42, verso.)

{:<) Fro una bassaca emjila [in caslro de Podio], v s.; — v s, jiro nna bassaca [afiud Jocas]. (Ibid. folios 42 el 43, leclo); — v cotos, xxv s. (Biltl. nat. n° 9889, folio 91, verso); dans ce dernier cas il s'agil de raimondins.

Les adolescents et même les jeunes garçons et filles se vêtaient comme les personnes d'âge mûr.

Les vêtements des enfants de 5 ans et moins étaient la tunique et la garnache, et, dessus, le chiot pour les garçons, et le manteau pour les filles.

Pour tous les âges et sauf de rares exceptions, les chausses ou bas étaient taillés dans le drap, fin ou grossier, blanc, brun, giis, noir ou de couleur ; ils étaient cousus avec du fil ou de la soie.

On se coiffait, alors, avec des chapeaux tantôt de feutre et tantôt de fleurs. Les femmes portaient en outre des couvrechefs, et les hommes, des coiffes ou des calottes.

On se chaussait avec des bottes, des souliers ou des sandales.

Les chapeaux de feutre arrivaient à Marseille tout fabriqués; les autres coiffures étaient façonnées sur place, les couvre-chefs étaient en toile.

Les bottes et les souliers étaient en cordouan d'Alexandrie ou de Tunis, et le cordouan était de veau ou de mouton; le plus recherché était le cordouan vermeil. Des cordonniers (cordouanniers) marseillais ou établis à Marseille mettaient en œuvre les peaux importées.

Les gants étaient usuellement portés et complétaient le costume.

On fourrait en Provence et notamment à Marseille, quelques uns des vêtements d'homme, de femme et d'enfant, et on les bordait presque tous, soit de fourrures ou « pennes ; » soit de froire et frezeaux, ou galons d'or (orfrois), d'argent ou d'étoffe ; soitid'autres garnitures et peut-être de franges,

2. Lesétoffes employées étaient loles draps de laine non teints et par conséquent blancs, noirs, bruns et gris, « varii, » c'està-dire entremêlés de blanc et de noir et comme chinés ; 2» les draps teints et parmi ceux-ci les draps rouges, les plus esti-

mes et les plus chers ; 3" la serge, teinte ou non ; 4° le sendat (cendal), taffetas très léger servant parfois de doublure ; 5* la soie, la belle soie.

On cousait les habits avec de la soie ou du fil : celui-ci venait surtout de Bourgogne.

Sauf peut-être le rouge, les draps de laine venaient de France, d'Angleterre et de Flandre : sous les noms de vairs de Paris etd'Ipres; ct'es/an/brf, d'Angleterre, de Saillac, Vardières, Saint-Omer; de cordât, d'Etampes et de Chartres; de harracan, de Beauvais, Rouen, Louviers, etc. Narboiine, Beaucaire, Avignon, Cahors, Leri, Gourdon, Limoges en fournissaient aussi. Les tissus de soie et le camelot venaient d'outremer; le sendat, de Lucques.

Les fourrures étaient l'hermine, la martre zibeline ; le petit gris et le menu vair ; le loutre, « luron ; » la martre du pays, l'écureuil du pays, le renard, le chat sauvage, le lapin, l'agneau.

Un bord de fourrure se nommait « penna ; » Joinville le nomme penne.

3, Après ces préliminaires tirés des actes provençaux, quant au texte, et, quant au sens, d'ouvrages divers et surtout de V Histoire du Costume en France, par Quicherat, (1) notre éminent archéologue, j'arrive aux prix des vêtements et au coût de leur façon, à Marseille, (2) et probablement en presque toute la Provence.

VÊTEMENTS d'hOMME.

1. La tunique en Jrap grossier et non leint coûtait île façon. . 8 d. = Of 56

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