La paire de bas 1 d
Le manteau d'homrne et le bliaud de femme pouvaient être en cendal ; la tunique, la garnache et la chlamyde de femme,
en belle soie. Sauf la camisole de fiitaine pour femme, la veste de futaine et le balandras pour homme, et les bas pour tous, les autres vêtements pouvaient être ornés de galons et de franges? Ces garnitures coûtaient, de façon, de 4 à 6 d. = 0 fr. 28 à 0 f)\ 42, par vêtement.
D'un autre côté, à part la camisole de futaine, la tunique et le bliaud de femme et la veste de futaine d'homme et les bas des deux, tous les vêtements pouvaient être bordés de fourrure; la façon de cette bordure coûtait de 6 d. à i s. :^ 0 />. 42 à 0 fr. 84.
Le capuchon pouvait être bordé de galons et de fourrure ; il en coûtait, de façon, 1 et 2 d. = 0 fr. 07, 0 fr. i4.
Les enfants de 9 à 14 ans payaient les deux tiers de ces prix, et ceux de 5 à 9 ans, la moitié.
Les petits enfants pouvaient avoir leurs robes ornées de garnitui^es et leurs manteaux, de bords fourrés. Ces ajustements doublaient le coût des façons.
Les femmes de mauvaise vie ne pouvaient porter aucun gulon d'or ou d'argent.
A Marseille, les tailleurs n'avaient pas le droit d'exiger audelà du tarif, ni de fournir les étofles ni de s'associer avec des marchands de draps et de peaux.
4. Je n'ai pas trouvé de notions directes surles prix des diverses espèces de drap, en Provence, sous Charles I'^'', M. Quicherat attribue au drap écarlate vendu en France, à cette époque, une valeur de 150 à 200 fr. l'aune, (1) mais l'avait-il en Provence? On vendait le drap, à Marseille, 20 s. = iS fr. 72, mais 20 s. quoi? l'aune ou l'onpan (dextrc) ? S'il s'agit d'un empan de drap, les prix de France et de Provence pouvaient être semblables.
(1) Histoire dw costume en France, p. 180.
5. A défaut de plus de renseigneinenlssurcet objet, je me suis borné à tirer des déductions peu nombreuses, mais certaines, du rapport des piix des vêtements au coût des façons.
En premier lieu, j'ai relevé dans les dépenses de Nice, de 1264, le montant de quatre vestes de futaine de courriers ou agents, (l) Ces vestes ayant coûté 24 s. = 22 fr. 46, on peut, sans se tromper, estimer de 5 s. à 5 s. 4 d. = 4 fr. 68 à 4 fr. 99, le montant de l'étoile nécessaire à chacun de ces objets. La façon fut, dans ce cas, d'environ ^/g de la valeur du vêtement.
En secoîul lieu, je trouve dans le compte archiépiscopal de 1251, le prix de quatre tuniques des bouviers, du bouvetier et du j)ortier du Puy-Sainte-Réparade; (2) elles y sont cotées au total de 13 s. = 12 fr. 16. ASd. = 0 fr. 68 de façon, la tunique coûta, d'étoffe, ^s.l à. =^2 fr. 4L
Dans le même état, je rencontre la mention d'un surcot acheté pour un employé île l'archevêque et payé 19 s. 2 d. (3) — i7 fr. 30 environ.
La servante du château du Puy reçut, en la même année, une tunique du prix de 40 s. (4) = 37 fr. 44. C'était, sans doute, une tunique de jour de fête, agrémentée de quelques galons et peut-être de fourrure ; les femmes, même celles de la plus modeste condition, étaient déjà fort coquettes et une servante de prélat pouvait n'être point mal à l'aise sous l'accoutrement d'une bourgeoise. Si l'on admet ceci, comme la façon la plus chère d'une tunique de femme était alors de 18 d. = / fr. 40, le drap et les garnitures revinrent à environ 38 s. = S6 fr. 04.
(1) Pro 1111 fusianis cursorum Mcio, xxim s. (Arch. des B.-du-Rb. B. 1501, folio 157, verso.)
(2) Pro tunicis boveriis, bovalcrio et portanerio [castri de Podio] xin s, (B. 1500, folio 42, recto.)
(3) Pro siniertunica, xix s. u d. (Ihid. folio 15, recto.) (41 Pro lunica famille, xl s. (Ibid. folio 4-2, verso.)
L'administration comtale fournissait aussi, à l'occasion, des vêtements à ses employés. Pierre Isnard, bailli de Moustiers, et Pierre de Venelles, bailli d'Apt, reçurent chacun, en 1264, deux robes ayant coûté ensemble 5 1. ^93 fr. 60. (l)
S'agissait-il de simples robes, dans le sens affecté aujourd'hui à ce mot, ou bien de deux habillements com])lets. conformément à la signification ordinaire du terme, aux XIII« et XlVe siècles ?
(( La robe d'un homme, dit M. Quicherat, se composait d'une cotte, d'unsurcot, d'une cotardie et d'une chape ou d'un autre surtout, soit manteau, soit housse ou tabard, pour mettre à la place de la cotardie, suivant les circonstances ou les saisons. »
A ce compte, les 5 1 . =93 fr. 60 auraient payé huit habits, et comme la façon des deux chapes n'aurait pas dépassé 8 s. = 7 fr. 48, et celle de chaque autre paire d'habits, 4 s. =3fr. 74, le coût des façons eût été, au maximum, de '/s Je la valeur totale des vêtements, et le drap et les fournitures de ceux-ci auraient environ coûté 4 1. = 74 fr. 8S. Peut-être faut-il un peu diminuer le total des façons et augmenter d'autant le prix d'achat.
La ferme du Muy avait deux gérants: frère Pierre du Puy et un adjoint; on leur donna, en 1264, deux robes du prix de 6 1. 16 s. (2) = 127 fr. 29. En estimant à 16 s. = i4 fr. 91, les façons des deux habillements, il reste, pour l'achat de l'étoffe de chacun d'eux, 3 ]. = 56 fr. i6.
Les robes des trompettes marseillais, achetées la même année, furent à peu près du même prix, de 3 1. 6 s. =
(1) Bajulo (li^ Mosferiis, pro Juabus roubis, c s. (Ibid. folio 82, recto.) — Bajulo Afjtcnsi, pro duabus roubi», c s. (Ibid. folio m, reclo.)
(2; Pro robis fralris Pétri [de Moilio] et ejiis socii, vi 1. xvi s. (Ibid. folio 12t, verso.)
61 fr. 17, l'une. L'achat de l'étoffe et des garnitures en fut égalennent de 3 1. = 5C fr. i6, la pièce. (1)
Les vêtements ecclésiastiques différaient peu, dans leur forme, des liabits laïques ; c'étaient d'abord une tunique étroite et longue, la (/onue ou soutane; puis un surcot, peut-être à capuchon.
Ces deux habits composaient sans doute la robe du prieur de Notre-Dam.e-des-Tours d'Aix, auquel s'applique une note de 1251, portant à 42 s. = 39 fr. 29 1e coût de ses vêtements. (2)
Les garnitures et accessoires n'étaient pas toujours d'un prix élevé, car pour 21 d. = / fr. 63, un bailli de l'archevêque d'Aix acheta, en 1251, delà soie, dos gants et un fermoir. (3)