‹ Essai sur les monuments grecs et romains relatifs au mythe de PsychéChapitre 14 sur 31 · LE CONTE D* APULÉE ET LES COMMENTAIRES DES ÉRUDITS · texte numérisé non relu

LE CONTE D* APULÉE ET LES COMMENTAIRES DES ÉRUDITS

mythe. Préoccupés d'en chercher l'origine et plus soucieux de consulter les textes que d'examinei* les marbres , ils admettent sans peine que le mythe de Psyché a pris naissance dans les mystères de Thespies , et faisait partie de l'enseignement secret donné aux initiés (1). On va jusqu'à supposer que ces croyances ont leur origine en Chaldée, en Perse, en Egypte. Telle est, dans les deux derniers siècles , l'opinion courante sur la fable de Psyché ; elle est admise en Italie par Buonarroti , en France par le . P. Montfaucon , et plus tard en Allemagne par la majorité des érudits, qui se sont arrêtés à cette question. Ceux qui s'en écartent un peu imaginent des variantes assez originales pour être signalées. Suivant Thorlacius (2) , Psyché est l'héroïne de la foi conjugale ; le mythe est destiné à montrer aux époux le suprême bonheur réservé à la fidélité éprouvée, mais triomphante. Un récent éditeur d'Apulée , s'autorisant de la fréquente répétition du nombre trois dans le coui's du récit, affirme l'étroite connexité de la fable avec les mystères (3).

Au commencement de ce siècle , Hirt (4) applique à l'étude du mythe une méthode plus sévère et examine les monuments figurés. Mais , prenant le récit d'Apulée comme point de départ , il arrive à une conclusion qui n'est point justifiée par les faits. Il rapproche les monuments qu'il a recueillis, en petit nombre, des principaux épisodes de la fable de Psyché , et s'attache à prouver que les marbres sont comme la traduction figurée du texte. La théorie qui fait procéder la fable de Psyché des mystères de Thespies ou d'Eleusis a été présentée avec plus de mesure par les archéologues contemporains. Bœttiger (5), Otto lahn (6), ne s'écartent pas sensiblement sur ce point de M. de Witte (7). Ottfried MûUer , avec sa réserve habituelle , émet l'hypothèse que la fable a une origine orphique. Il est un point sur lequel les érudits contemporains paraissent tomber d'accord : c'est l'existence de la fable antérieurement au récit d'Apulée.

(1) Voyez Buonarroti : Osservazioni soprà alcuni frammenti di vasi antichi di vetro omati di figure, etc. Florence, 1716, p. 193, sub tavola XXVIII.

(2) Prolusiones et opuscula Âcademica, Copenhague, 1801, t. I, n° 20, sect. II, p. 341-358.

(3) Àpuleij opéra f éd. Hildebrand , t. I (Proleg., p. xxxvii).

(4) Abhandlungen der Berliner Âkademie der Wissenschaften y 1812, 1813. Uéber der Fabel des Amor und Psyché nach Denkmàlern,

(5) Ideen xur Kunstmythologie , p. 408.

(6) Archàologische Beitrdge, p. 124.

(7) EUte des monumer^ts céramographiques , t. IV, p. 127 et suiv.

L'étude des monuments figurés a contribué à modifier les idées qui avaient cours ; elle a prouvé que le rôle des textes doit être fort secondaire. La littérature ne fait guère que confirmer le témoignage des monuments. On chercherait en vain , dans les écrits qui nous sont parvenus , une forme bien arrêtée du mythe de Psyché. Toutefois , les idées qu'il renferme ont dû trouver place dans la littérature. Grâce à renseignement si riche et si précis des œuvres figurées , on peut reconnaître , entre les textes et les principales idées du mythe , une relation qui n'a rien de factice.

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