‹ Essai sur les monuments grecs et romains relatifs au mythe de PsychéChapitre 2 sur 31 · DATES ET ORIGINES PLASTIQUES DES REPRÉSENTATIONS DE PSYCHÉ · texte numérisé non relu

DATES ET ORIGINES PLASTIQUES DES REPRÉSENTATIONS DE PSYCHÉ

Les monuments où figure Psyché se répartissent sur une assez longue période , dont il importe tout d'abord de fixer les termes extrêmes. En Tabsence de tout témoignage écrit , c'est aux monuments eux-mêmes qu'il faut demander la solution de cette question.

Le plus ancien monument connu qui représente Psyché est un miroir étrusque, conservé au musée de Pérouse (1). La jeune fille est unie à Eros dans une attitude consacrée par les œuvres d'art ; les deux amants se tiennent étroitement embrassés. M. Conestabile , qui a publié ce monument (2) , estime que la date n'en peut être postérieure au deuxième siècle avant J.-C. Un second miroir étrusque , du musée de Berlin (3) , ofli^e également deux figures ailées, que Gerhard interprète comme Eros et Psyché ; mais cette

(1) N* 1 (Les chiffres ainsi indiqués renvoient aux numéros du catalogue).

(2) Monumenti di Perugia, t. IV, p. 477, pi. XCVIII. 2,

attribution a été contestée ; et malgré Tautorité du témoignage do Gerhard , elle ne présente pas un degré de certitude suffisant. Le miroir de Pérouse a une grande valeur par la date reculée qu'il accuse ; il prouve Texistence du mythe à une époque bien antérieure au siècle d'Auguste et des Antonins.

Avant Tannée 79 do notre ère, les idées relatives à Psyché sont assez connues du public pour fournir aux artistes des motifs de décoration. Plusieurs peintures de Pompéi représentent Psyché associée à des génies , dans des scènes pleines de fantaisie. L'une d'elles reproduit même une conception importante , qui figurera plus tard sur les bas-reliefs funèbres ; c'est Psyché torturée par des Eros , qui la brûlent à la flamme de leurs torches. Ces peintures sont à coup sûr inspirées par une fable déjà populaire ; près de trois siècles les séparent du monument où apparaît pour la première fois la représentation figurée de Psyché. Dans le cours de cette période , les sujets empruntés à cette fable ont pris place sur les bas-reliefs funéraires. Un cippe orné de sculptures montre Psyché associée aux Centaures ; il porte une inscription qui mentionne un personnage nommé Amemptus, aflranchi d'une Diva Augusta^ où l'on s'accorde à reconnaître Livie (1).

Les monuments funèbres , grâco auxquels le mythe prend corps et revêt une forme particulière , appartiennent pour la plupart à l'époque des Antonins. Le caractère technique des basreliefs, et le fait que l'usage des sarcophages sculptés remonte au deuxième siècle, suffisent à établir cette date d'une manière générale. Une monnaie de Nicomédie, frappée vers 236 ap. J.-C, sous Maxime César , fils de Maximin , et portant au revers un groupe d'Eros et Psyché , confirme l'importance acquise par le mythe au troisième siècle.

Les monuments les plus récents sont les peintures et les basreliefs chrétiens. On ne saurait attribuer une date postérieure au quatrième siècle à ceux des sarcophages qui ont été trouvés dans le cimetière de Saint-Calixte. Il est probable que plusieurs d'entre eux remontent au cinquième ou même au sixième siècle, si l'on en juge par le style des figures. Mais nous ne parlons ici que de ceux qui sont datés à coup sûr. D'autre part, des textes certains

DIS MANIBV8 AMEMPn . DIVAE . AUG . L .

LALV8 . ET . C0RINTHV8 . L .

(Gruter, 607, 3).

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