AVERTISSEMENT
confiance et l’amitié de M. de Sainte-Croix , que par la direction de mes études personnelles , à m’occuper de ce sujet , aussi obscur qu'il est intéressant, j'ai eu recours , pour l'exécution de mon projet, aux lumières et à la complaisance de M. Boissonade , dont le nom s’attache naturellement à tout ce qui concerne la littérature Grecque et la critique des anciens monumens de cette littérature ; et il a bien voulu se charger de la vérification de quelques-uns des passages originaux , et partager avec moi le soin delà révision des épreuves. Je le prie d’en agréer mes remerdmens , et je ne doute point que M. Ouvaroff té applaudisse ci ma - détermination et ne partage ma reconnaissance.
Il est inutile, je pense , d'arrêter l’attention des lecteurs sur quelques changemens , en très- petit nombre, que je me suis permis , et qui , si l’on en excepte un ou deux, n’ont eu pour objet que la correction du style. M. Ouvaroff écrit notre langue avec une facilité très-remarquable , et son style laisse peu de chose à desirer au lecteur le plus exigeant.
Je profite de cette occasion pour instruire les
de l’éditeur. vij
amateurs de l’Antiquité' qu’ils ne tarderont pas à posséder la seconde édition des Recherches sur les Mystères du Paganisme. Quelque empressement que j’eusse à m’acquitter de la dette sacrée de l’amitié , les circonstances ou s'est trouvé , depuis quelques années, le commerce de la librairie , m’ont empêché jusqu’ici de remplir mes engagemens. Cet ouvrage alloit être mis sous presse , lorsque les événemens désastreux de mars 1815 vinrent arrêter, dans sa marche rapide , la régénération de la France , et détruire , comme un ouragan inattendu , presque jusqu'à nos espérances. Aujourd'hui que le ciel nous a accordé , dans le retour du Gouvernement légitime , un bienfait qui compense tous nos maux , j’ai profité des premiers instans de repos et de calme pour satisfaire à un devoir que je mettois au premier rang de mes obligations.
MM. de Bure, qui ne désir oient pas moins vivement que moi de donner cette marque d’attachement et de respect à la mémoire de M. de Sainte- Croix , viennent d’ entreprendre cette nouvelle édition , et elle paroîtra d’ici à quelques mois.
Si l'illustre auteur de ces savantes Recherches
VÜ j AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR.
a voit asseï vécu pour être témoin des événements presque miraculeux qui ont assuré le triomphe de la cause à laquelle il avoit fait de si grands sacrifices , il s'estimeroit heureux de pouvoir attacher la publication d’un travail qui , entre ses mains , eût acquis un haut degré de perfection , a une époque si féconde en souvenirs , si riche en espérances. Son ame , toujours appliquée à suivre , à travers les révolutions produites par les passions des hommes , l’action invisible de cette Providence qui en dirige tous les mouvemens et jusqu’aux plus épouvantables écarts , et qui sait les coordonner à ses éternels desseins, s'écrieroit sans doute dans une sorte de ravissement : Si adhuc dubium fuisset, forte casuque rectores , terris an aliquo numine darentur , Principem tamen NOSTRUM LIQUERET DI.VIN1TUS CONST1TÜ-
tum. ( Piin. Pan. Traj. )
i o Juin i S 1 6 .
Le B. on S. de S.