DE LA SECONDE ÉDITION
Wilford lui-même , qui a rendu compte avec tant de bonne foi des fourberies littéraires des Pandits , dont il avoit été la dupe, n’auroit pas manqué de désavouer cette fameuse explication^ s’il l’avoit regardée comme suspecte. J’ai consulté sur ce sujet mon illustre ami, le Chevalier Gore Ouseley , Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Roi, d’Angleterre à la Cour de Perse, membre de la Société de Calcutta , et qu’un long séjour dans l’Inde et en Perse a achevé de familiariser avec tous les trésors de l’esprit humain.
Son jugement m’a confirmédans l’idée qu’il existoit une affinité plus qu’acci-i dentelle entre les mots Samscrits cités
par Wilford et les mots sacrés d’Eleusis. Avec le secours de M, le Chevalier Ouseley, j’ai donné quelques éclaircis-
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semens sur les mots Konx ztPax , dans l’une des notes placées à la fin de l’ouvrage. Quant au monosyllabe Om ou plutôt Oum , il est de toute évidence que c’est le symbole le plus abstrait et le plus mystique de l’Inde.
Quoi qu’il en soit, je suis encore prêt à me dessaisir de cette explication , sans craindre pour cela d’affbiblir les bases de mon hypothèse sur les Mystères d’Éleusis ; hypothèse qui , dans tous les cas, s’appuie moins sur la connoissance exacte de ce qu’on y enseignoit, que sur la certitude de ce qu’onn’y enseignoit pas. Si nous parvenons à déterminer seulement , d’une manière incontestable, la haute destination des Mystères , leur importance religieuse et historique, et la source d’où ils sont issus, on peut laisser dans le doute leur
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extraction Indienne , et se contenter d’avoir signalé des rapports directs entre les premières, lueurs de la mystagogie ancienne, ramenée à sa véritable origine, et les derniers systèmes de la philosophie Grecque.
M. Chardon de la Rochette , que la mort vient d’enlever aux lettres, nous a appris, dans son estimable recueil (a), que M. Silvestre de Sacy préparoit une nouvelle édition de l’ouvrage de M. de Sainte-Croix sur les Mystères. Tous les amis des lettres doivent attendre avec impatience une édition enfin purgée des interpolations d’un éditeur^ qui
(a) [ Mc l an g. de critiq. et de phi/ol. t. III, p. 44 - ]
(b) [ C’est M. de Villoison. Voyez les Mélanges de M. Chardon de la Rochette , t. III, p. 3 5 ; M. Dacier, dans l’Eloge de M. de Sainte-Croix, Moniteur, 1811, n.° 1 88 ; et le Mercure du 1 8 mai 1805 , p. 4 * 4-3
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avoit abusé à -la -fois et de la confiance de l’amitié et des droits d’une immense érudition. M. Silvestre de Sacy remplira mieux les intentions de M. de Sainte- Croix. Le monument littéraire qu’il éievera à la mémoire de son savant ami , sera digne de l’un et de l’autre.
Arcades ambo,
Et cantare pares et respondere parati.
OuVAROFFj
Saint-Pétersbourg, Janvier 1815.