LA PREMIÈRE ÉDITION
L’honneur que me fit , en i 8 i i, la Société royale de Gôttingue , de m’associer à ses travaux , m’inspira le dessein d’écrire sur quelques matières d’Antiquité , dont je m’étois occupé depuis long- temps.
II y a sans doute de la témérité dans le choix d’un sujet difficile , que l’on croit peut-être épuisé , et que l’on ne peut guère traiter, suivant l’expression du célèbre Heyne , sans chercher à établir quelque hypothèse favorite. Le but que je me propose dans cet écrit, est de montrer que non seulement les
xx PRÉFACE
Mystères des Anciens étoient lame du polythéisme, mais encore qu’ils étoient issus de la source unique et véritable de toutes les lumières répandues sur le globe. Si ces conjectures peuvent servir de matériaux à une histoire du polythéisme , si elles attestent la nécessité de donner un nouvel élan à l’étude de l’Antiquité , je n’aurai plus rien à desirer.
Les gens de lettres livrés à cette étude ont presque toujours adopté, de préférence , une langue commune.
Long-temps le latin fut l’interprète de l’Antiquité : depuis qu’il a perdu son ancien privilège d’universalité, la langue françoise s’est approprié une grande partie de ses droits. Le besoin impérieux de justesse et de clarté qui la caractérise , semble la rendre propre , en effet, à devenir l’idiome habituel