DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XXÜJ
Le vers Grec que j’ai choisi pour épigraphe, a été adopté par Wolf, et rejeté par Hermann ; ces deux grandes autorités sont également imposantes :
Non nostrum inter vos tantas componere lites.
D’ailleurs il ne s’agit point ici du mérite ou de l’authenticité de ce passage de l’Hymne à Cérès , mais seulement de son rapport direct avec le sujet que j’ai traité.
Je n’ajouterüi qu’une seule réflexion :
l’étude de l’Antiquité n’est point une étude isolée ; toutes les fois quelle s’élève au-dessus de la lettre morte, cette noble science devient l’histoire de l’esprit humain. Non seulement elle s’adapte à tous les âges et à toutes les situations de la vie , mais elle ouvre encore un champ si vaste, que la pensée
Xxiv PRÉFACE.
s’y fixe volontiers , et s’éloigne un moment des désastres attachés aux grandes commotions politiques et morales. Sénèque décrit admirablement la destination de l’homme de lettres à ces époques orageuses ; il finit par dire (a) :
Duas respublicas animo complectamur :
alteram magnam, et vere publicam , qua dii atque hommes continentur , in qua non ad hune angulum respicimus aut ad ilium , sed terminos civitatis nostrœ cum sole metimur; alteram, cui nos adscripsit conditio nascendi .... Quidam eodem tempore utrique reipublicœ dant operam, majori minorique ; quidam tantum minori, quidam tantum majori. Huic majori reipublicœ et in otio deservire possumus ; immo vero nescio an in otio melius.
(a) [Senec. de Otio Sap. 31.]