‹ Essai sur les ouragans et les tempêtesChapitre 15 sur 42 · BRICK LE LAURIER · texte numérisé non relu

BRICK LE LAURIER

Dès le 8 septembre, l'apparence du temps et une forte houle du nord-nord-est faisaient présager du mauvais temps dSns la baie de Tampico, où le brick le Laurier était au mouillage. Le 9 septembre, à 7 h. du soir, de forts vents du nord-ouest au nord-nord-ouest forcèrent ce bâtiment à mettre sous voiles ; il prit bâbord amures.

Du 10 au 11 septembre, les vents varièrent entre le nordouest et l'ouest-nord-ouest, augmentant progressivement de force. Pendant la nuit, ils soufflèrent en tempête. Le 11, à 7 h. 1/2 du soir, une violente rafale coucha le bâtiment, qui ne se releva qu'à 8 h. L'ouragan continua avec fureur de la partie de l'ouest-nord-ouest ; il redoubla encore de violence le 12 septembre. Vers 4 h. du matin, le bâtiment se coucha de nouveau; un coup de mer enleva quelques hommes dé l'équipage de dessus le pont; l'inclinaison du bâtiment était telle qu'ils purent se rattraper aux hunes,

(1) Extrait du rapport du commandant Jam.

dont une partie était plongée dans l'eau. Le bâtiment venant à se redresser, ces hommes rentrèrent à bord. Un instant après les deux bas mâts furent rompus par Timpétuosité de Touragan, qui alors venait du nord-nord-ouest au nord«ouest.

Du 12 au 13 septembre, les vents continuèrent à souffler avec la même intensité; ils varièrent du nord-ouest à l'ouest et à Touest-sud'Ouest. Le Laurier courait largue bâbord amures depuis son démâtage, mais il faisait peu de chemin.

Du là au 1/i. septembre, les vents diminuèrent graduellement de force, et ils revinrent successivement de Touest-sudouest à l'ouest, au nord-ouest et au nord.

Du 9 au 13 septembre, le Laurier se maintint sur le parallèle d'environ 22* nord ; le 9, il était par 100<^ de longitude ouest, et le 14par96<>30' ouest (1).

Du 10 au 13 septembre, des vents modérés de la partie du sud régnèrent dans le fond du golfe et à Vera-Cruz. Le bâtiment qui remorqua V Eclipse était, le H septembre, sur les accores du banc deCampêche, où il n'éprouva qu'un coup de vent ordinaire, dont la direction varia très-peu. D'autres bâtiments qui se trouvaient à petite distance de V Eclipse et du Laurier n'eurent que des vents frais (2).

La position du Dunois, de l'Eclipsé et du Laurier ayant changé, et celle des deux derniers surtout étant très-incertaine, il est difficile de déduire des conséquences exactes des observations faites à bord de ces bâtiments. Il semble cependant en résulter :

1^ Que, le 8 septembre, le centre de l'ouragan devait se trouver entre le Dunois et l'Eclipsé ;

7P Que le centre s'est rapproché de ce dernier bâtiment, et que par conséquent il se dirigeait du côté de l'ouest ;

3* Qu'ensuite il a changé de direction et qu'il s'est transporté du côté de l'est, puisque le Laurier a été poussé

(1) Extrait du Joarnal de M. Mazère», enseigne de vaiMeaa, second dn Laurier, Cet officier, aujourdliui capitaine de vaisseau, est une des personnes de Téquipage qui, ayant été enlevées par un coup de mer, se sont rattrappées aux bunes.

(2) RouHer de$ Antillu^ tome ii, page 454«

par Touragan d'environ 60 lieues à Test du point où il avait rencontré des vents violents ;

h? Que le mouvement de translation du côté de Touest, comme du côté de l'est, a dû être très-lent;

5® Que V Eclipse s'est trouvée dans le courant d'air circulaire (cyclone ou tourbillon), mais qu'il est bien possible que le Laurier soit resté en dehors de ce même courant.

Au surplus, la plupart de ces conclusions ne doivent pas surprendre, car dans le canal de Bahama, les 6, 7 et 8 du même mois, c'est-à-dire presque au même instant, un autre ouragan, après s'être dirigé pendant quelque temps du côté de l'ouest, a pris ensuite sa direction du côté de l'est. Cette circonstance est parfaitement démontrée par les observations faites à bord des bâtiments de guerre anglais le Lark et le Thunder^ qui, dans ce moment, étaient dans le canal, aux environs de l'Ile Saint-André (1).

Un fait analogue s'est produit dans l'ouragan de Cuba dont il va être fait mention : après s'être dirigé très-lentement du côté du nord-nord-ouest, il a tourné brusquement, et il s'est transporté avec rapidité vers le nord-est.

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