NOUVELLE-CALÉDONIE
Depuis le mois de mai jusqu'au mois de décembre, les alises du sud-est régnent presque constamment à la Nou-
(1) En novembre 1835, huit ou dix navires ftmëricainft forent surpris par une tempête près de Tongatabou et d'Eou (lat. 21o8' S., long. 177030' O.); lèvent était au S. s. E.; il souffla avec violence pendant huit heures. Les naturels assurent que généralement la tempête perd de sa violence à mesure qu'elle remonte vers le nord. Au nord de ces lies, par iQo, le Nassau ressentit cette tempête, qui n*était plus qu'un fort grain soufflant du S. S. E,
(Relier^ des Typhons de 1848, pages 37 et 38.)
velle^Galédonie ; par intervalles ild sont remplacés par des vents polaires du sud au sud*ouest assez forts. Entre le mois de décembre et le mois d'avril, les alises du sud-est sont souvent interrompus sur la côie orientale de cette île par les vents variables de la zone torride du nord*est au nord et au nord-ouest, et quelquefois par des calmes ou des vents de sud-ouest ; sur la côte occidentale, les vents du nord à Touest prévalent pendant cette saison ; ceux du sud-ouest s'y font parfois ressentir. •
Dans la nuit du 17 au 18 février 1854, un violent ouragan, pendant lequel les vents varièrent du nord-est au sud-sud-est, et ensuite au sud-ouest, éclata à Pouêpo (1), où la corvette la Constantine était au mouillage. Ij: Pronyj qui se trouvait alors i 180 milles dans le nord-ouest, resrsentit Touragan 6 h. avant la Constantine; mais pour lui les vents tournèrent du sud-est au nord-est, au nord, au nord-ouest et au sud-ouest (2). L'ordre de ces variations indique que le centre du phénomène a dû passer entre ces deux bâtiments, et qu'il se dirigeait du côté du sud-est. Les vents variables de la zone torride du nord à l'ouest, qui dominent de décembre en avril sur la plus grande partie de la Nouvelle-Calédonie, et entre cette île et la Nouvelle- Hollande (3), ont dû être la cause principale de cet ouragan, et il n'est pas étonnant qu'ils aient exercé une grande influence sur sa direction. De cette unique observation, on ne peut conclure que les ouragans de la Nouvelle-Calédonie se dirigent tous vers le sud-est ; il est au contraire probable qu'une partie de ces phénomènes se transporte du côté du sud-ouest, comme entre le méridien de Maurice et Madagascar.
Les vents acquièrent rarement une très-grande force entre le tropique du Capricorne et le parallèle de 85'' sud ;
(1) Poa6po,lat 20020*30 S., long. 160o38'E.
(2) Extrait du travalt sur la campagne de la Constantine^ par M. Tardy de Montravel, capitaine de vaisseau ; Annales hydrographiques, 1857.
(9) Voir les cartes des vents dominants en Janvier, février et mars, faisant partie da YExpoiitUm du SytUme de$ vents.
maïs, plus près du pôle, ils soufflent très-souvent en coup de vent, quelquefois même en tempête.
II se forme de temps en temps, au sud du parallèle de 60* sud, principalement près des terres australes, des courants d'air circulaires, qui sont produits par les vents polaires du sud au sud-est, détournés de leur direction naturelle par l'influence des vents tropicaux du nord au nord-est et du nord au nord-ouest. Les vents du sud au sud-est tournent à l'est, à T est-nord-est «t au nord-est, à mesure qu'ils avancent vers l'ouest; ils varient ensuite au nord et au nord-ouest, de manière à former un courant d'air circulaire occupant une étendue considérable, et dans lequel les vents de diverses directions n'acquièrent ordinairement une grande force que s'ils sont contrariés par d'autres vents de directions opposées. Dans ce cas, les plus violents sont généralement ceux qui soufflent entre l'est et le nord-est.