DANS LES DIVERSES PARTIES DU GLOBE
Les observations faites sur les ouragans et les tempêtes dans les diverses parties du globe , et qui sont rapportées dans la première partie de ce travail , m'ont déjà servi à établir le système des vents tel que je l'ai décrit (1). Je ne pouvais, en effet, déterminer le mouvement général de l'atmosphère qu'en recherchant les causes qui interrompent le cours régulier de l'air, et produisent les perturbations atmosphériques plus ou moins considérables qui se manifestent dans quelques parties du globe. Ces études, en me permettant de mieux apprécier le mouvement de l'air dans les régions élevées, m'ont fait reconnaître que ces perturbations étaient le plus ordinairement produites par les obstacles que certains courants d'air opposaient à d'autres courants d'air, et qu'elles étaient d'autant plus considérables que ces courants, à intensités égales, avaient pri^naissance à une plus grande distance du point où ils se rencontraient. De ces observations j'ai conclu que les ouragans étaient déterminés par la lutte qui s'établit, dans certaines parties du globe, entre les vents des deux hémisphères.
Je suis d'accord avec la plus grande partie des auteurs
(i) ExpotUion du ty$tème des vente ou Traité du mouvement de l'air à la iuf" fou du globe et dam U$ riglom Uevéee^ etc., etc.
qui se sont occupés de la question des ouragans, en ce qui concerne Torigîne des vents qui les produisent ; mais je diffère d'opinion avec eux lorsqu'il s'agit de leur direction. Ces auteurs attribuent les ouragans à la rencontre des vents alises avec les vents qu'on appelle mousson de l'ouest et qui soufflent du S. O. dans l'hémisphère boréal et du N. O. dans l'hémisphère austral ; tandis qu'il résulte des diverses relations que ces auteurs eux-mêmes ont publiées et de mes propres observations, que le plus grand nombre des ouragans des régions intertropicales sont déterminés par la rencontre des vents du N. E. ou du N. N. E. avec ceux du S. E. ou du S. S. E; que les vents du S. 0. ou du N. 0., selon l'hémisphère, n'exercent ordinairement sur ces phénomènes qu'une influence secondaire, et que leur action ne devient considérable et continue que sur les ouragans qui se manifestent en dehors des limites des vents alises (1).
(1) Pour expliquer la cause des vents alises, les physiciens ne font mention que des vents du S. O. et du N. O. qu'ils supposent être des contre-courants se dirigeant, dans les régions élevées, de la zone torride vers les pôles pour remplacer l'air qui des pôles se porte vers l'équateur ; il est cependant certain que les vents du S. E. au S. dans Thémisphëre boréal et ceux du N. £. au N. dans rhémisphère austral, exercent une grande influence sur. le mouvement général ût Tatmosphère.
J'ai mainte fois reconnu que ces vents régnaient entre les alises et les vents du S. 0. ou du N. O. £n 1841, M. Lawson a constaté, à la Barbade, que les vents de S. E. soufflaient souvent entre les alises du N. E. et les vents de S. O. (a); mais, ainsi que je le fais remarquer dans V Exposition du système des vents^ page 37, les vents de S O. et de N. 0. sont fréquemment accompagnés de nuages, tandis que ceux du S. E. au S. et du N. E. au N. ne le sont que par intervalle, et c'est sans doute par ce motif que l'on a pu reconnaître la présence des vents du S. 0. ou du N. O. dans les régions supérieures, beaucoup plus souvent que celle des vents du S. E. au S. et du N. E. au N.
(a) Baf99(tion du tyêtèmê de ««nto, pag«f 19 et M.