DES VENTS QUI DÉTERMINENT LES OURAGANS
Dans Thémisphère boréal ^ les vents alises du S. E. de Thémisphère austral sont une des causes principales de la plupart des ouragans qui se font ressentir dans la partie de la zone torride située au nord de Téquateur ; lorsque ces vents ont de la force, ils s'avancent vers le N. 0., et s'ils rencontrent les vents alises du N. E. ayant quelque intensité, ils peuvent produire un ouragan.
Lorsque les vents polaires du S. au S. E. de Thémisphère austral ont une grande intensité^ ils parviennent dans Thémisphère horéal; quelquefois même ils dépassent le tropique du Cancer en continuant à souffler soit à la surface, soit alternativement à la surface et dans les régions élevées. Ces vents sont souvent la cause première des ouragans de l'hémisphère boréal ; ils exercent d'ailleurs sur tous les ouragans et même sur quelques tempêtes de ce dernier hémisphère une influence plus ou moins considérable.
Ils soufflent ordinairement très près du S. E. entre l'équateur et le parallèle de 18 à 20o N.; mais^ après avoir dépassé ce parallèle , ils varient successivement au S.
Dans l'hémisphère austral^ les vents alises du N. E. de l'hémisphère boréal sont une des causes principales de la plupart des ouragans qui se font ressentir dans la partie de la zone torride située au sud de l'équateur. Lorsque ces vents ont de la force, ils s'avancent vers le S. 0., et s'ils rencontrent les vents alises du S. Ë. ayant quelque intensité , ils peuvent produire un ouragan.
Lorsque les vents polaires du N. au N. E. de l'hémisphère boréal ont une grande intensité, ils parviennent dans l'hémisphère austral; quelquefois même ils dépassent le tropique du Gapri*come en continuant à souffler soit à la surface, soit alternativement à la surface et dans les régions élevées. Ces vents sont souvent la cause première des ouragans de l'hémisphère austral; ils exercent d'ailleurs sur tous les ouragans et même sur quelques tempêtes de ce dernier hémisphère une influence plus ou moins considérable.
Us soufflent ordinairement très près du N. E. entre l'équateur et le paraUèle de 18 à 20* S.; mais^ après avoir dépassé ce parallèle , ils varient successivement au
(1) Pal déjà fait connaître quels étaient ces vents, dans la 2* édition da VExpé^ fiftofi 4n système dei venff, pactes 22, 23, 24, 26 et 28.
S. E. et au S. k mesure qu'ils se rapprochent du pôle.
Parfois les vents de Thémisphère austral font détourner les alises du N. E. de leur direction naturelle y et les font soufQer entre TE. et le S. E. Dans ce cas , ils peuvent se trouver en opposition avec les vents polaires du N.
au N. E. ou du N. au N. 0., qui font reprendre aux vents alises leur toection normale entre TE.
et le N. E., sans causer aucune agitation remarquable dans Tétat de l'atmosphère , si toutefois les vents de l'hémisphère austral sont modérés ; mais s'ils sont forts^ les alises continuent à souffler entre TE. et le S. E., et ils -opposent aux vents polaires du N. au N. E.
ou du N. au N. 0. un obstacle qui peut déterminer un ouragan.
Les vents variables de la zone torride du S. au S. 0. exercent toujours une certaine influence sur les ouragans de l'hémisphère boréal. Dans la zone tempérée , ils en sont souvent une des causes principales ; ils le sont aussi quelquefois dans la zone torride.
Dans quelques parties de mer^ les vents de l'hémisphère austral régnent à la surface y depuis le lieu où ils ont pris naissance jusqu'à celui où ils rencontrent les vents alises ou les vents polaires de l'hémisphère boréal; dans d'autres parties , ils soufflent audessus des vents de ce dernier hémisphère; mais prenant de l'in^ tensité^ ils descendent soit successivement sur des points de la surface plus ou moins éloignés les uns des autres y soit à la fois sur divers points ; ils peuvent ainsi déterminer plusieurs ouragans successifs ou même simultmiés^ qui ne se font pas ressentir sur les points intermédiaires. Cesef-
N. N. E* et auN:; à mesure qu'ils se rapprochent du pôle.
Parfois les vents de l'hémisphère boréal font détourner les alises du S. E. de leur direction naturelle^ et les font souffler entre l'E. et le N. E. Dans ce cas, ils peuvent se trouver en opposition avec les vents polaires du S.
au S. E. ou du S. au S. 0. y qui font reprendre aux alises leur direction normale entre l'E. et le S. E.^ sans causer aucune agitation remarquable dans l'état de l'atmosphère, si toutefois les vents de l'hémisphère boréal sont modérés; mais s'ils sont forts, les alises continuent à souffler entre l'E. et le N. E., et ils opposent aux vents polaires du S. au S. E.
ou du S. au S. 0. un obstacle qui peut déterminer un ouragan.
Les vents variables de la zone torride du N. au N. 0. exercent une certaine influence sur les ouragans de l'hémisphère austral; quelquefois même ils en sont une des causes principales dans la zone torride. On n'a pas remar«que jusqu'à ce jour que leur influence s'étende dans la zone tempérée.
Dans quelques partiesMe mer, les vents de l'hémisphère boréal régnent à la surface depuis le lieu où ils ont pris naissance jusqu'à celui où ils rencontrent les vents alises ou les vents polaires de l'hémisphère austral ; dans d'autres parties , ils soufflent au-dessus des vents de ce dernier hémisphère ; mais prenant de l'intensité , ils descendent soit successivement sur des points de la surface plus ou moins éloignés les uns des autres, soit à la fois sur divers points; ils peuvent ainsi déterminer plusieurs ouragans successifs ou même simultanés qui ne se font pas ressentir sur les points intermédiaires. Ces effets
fets se produisent assez souvent avec les vents du S. au S. 0.; mais ils sont plus rares avec ceux du S. E. au S.
Les vents polaires du N. au N. E., qui, dans quelques cir-' ^onstances^ régnent au-dessus des alises du N. E. (l), exercent une grande influence sur les ouragans entre Téquateur et le parallèle d'environ 20» N.; mais depuis ce parallèle jusqu'à celui de 26 à 28», ils paraissent en être souvent la cause principale ; dans le nord de ces derniers parallèles, ce sont ordinairement des vents polaires soufflant entre le N. N. E. et le N. 0. qui déterminent les ouragans, par leur rencontre avec les vents de l'hémisphère austral.
L'influence des vents polaires du N. au N. 0. sur les ouragans des basses latitudes est parfois assez sensible; mais elle augmente à mesure que la latitude s'élève , et dans le plus grand nombre de cas, ces vents sont une des causes principales des phénomènes qui se manifestent aux environs du tropique du Cancer, dans le canal de Bahama et sur les côtes des Etats-Unis.
Dans le nord du parallèle de 20 à 25* N., les ouragans sont assez fréquemment déterminés par la lutte qui s'établit entre les vents polaires du N. au N. E., et ceux du N. au N. 0., et les vents de l'hémisphère austral du S. E.
au S. et du S. au S. 0. soufflant simultanément et convergeant vers le même point.
Les vents alises du N. E. qui paraissent régner assez souvent au-dessus des vents variables de la zone torride du S. au S. 0., occasionnent sinon des ouragans,
se produisent souvent avec les vents du N. E. au N.
Les vents polaires du S. auS.E.
qui, dans quelques circonstances, régnent au-dessus des alises du S. E. (l), exercent une grande influence sur les ouragans entre l'équàteur et le parallèle d'environ 18* S.; mais, depuis ce parallèle jusqu'à celui de 26*, ils paraissent en être souvent la cause principale ; dans le sud de ce dernier parallèle , ce sont ordinairement des vents polaires soufflant entre le S. S. E. et le S. 0., qui déterminent les ouragans, par leur rencontre avec les vents de l'hémisphère boréal.
L'influence des vents polaires du S. au S. 0. sur les ouragans des basses latitudes est parfois assez sensible ; mais elle augmente à mesure que la latitude s'élève, et dans le plus grand nombre de cas, ces vents sont une des causes principales des phénomènes qui se manifestent aux environs du tropique du Capricorne.
Dans le sud du parallèle de 18 à 20* S., les ouragans sont assez fréquemment déterminés par la lutte qui s'établit entre les vents polaires du S. au S. E. et ceux du S. au S. 0., et lés vents de l'hémisphère boréal du N. E. au N., auxquels se réunissent, dans quelques parties de mer, les vents du N. au N. 0., lorsque, soufflant simultanément, ils convergent vers le même point.
Les vents alises du S. E. qui paraissent régner assez souvent au-dessus des vents variables de la zone torride du N. au N. 0., occasionnent sinon des ouragans.
^i) ExpoHtion du syHème de$ vents j page 18.
dtt moins des orages Tiolents^ lorsque^ prcnAniderintensité, ils descendent à la surface. Les vents du S. E. de Thémisphère austral qui^ quelquefois^ soufflent audessus de ceux du S. au S. 0. , peuvent produire le même effet lorsqu'ils se rapprochent du sol. Parfois les vents du N. E..et de S. E.
régnent en même temps au dessus des vents variables de la zone torride; s'ils se trouvent à^la même hauteur^ ils entrent en lutte, et leur intensité augmentant , ils descendent simultanément à la surface , oii ils déterminent des ouragans d'une grande violence.
du moins dès ôtÈt^éé violenté ^ lorèque , prenant de rintètisité > ils descendent à la surfkce. Les vents du N. E. de Thémisphère boréal qui, quelquefois, soufflent au-dessus de ceux du N. au N. 0. peuvent, produire le même effet, lorsqu'Us se rapprochent du sol. Parfois les vents du S. E.
et du N. E, régnent en même temps au dessus des vents varia^ blés de la zone torride ; s'ils se trouvent à la même hauteur, ils ils entrent en lutte, et leur intensité augmentant, ils descendent simultanément à la surface , où ils déterminent des ouragans d'une grande violence.
Vents qui déterminent les tempêtes dans les régions tempérées et dans les régions glaciales (1).
La rencontre des vents polaires du N. au N. E. et du N.
au N, 0. avec les vents tropicaux du S. au 8. E. ou du S. au S. 0.
cause peu d'agitation dans l'état de Tatraosphère, lorsque ces derniers ne sont que les contre-courants des alises du N. E. ; mais si, comme cela arrive assez souvent , surtout en hiver, les vents de l'hémisphère austral qui régnent fréquemment dans les hautes régions descendent à la surface et se réunissent à ces contrecourants, alors la lutte peut déterminer une tempête plus ou moins violente.
Quelquefois les vents polaires du N. au N. E. etdu N. au N. 0.
convergent vers le même point que les vents tropicaux du S. au S. E. et du S. au 8! 0. réunis aux ventjs de l'hémisphère austral qui descendent des régions élevées; dans ce cas, la tempête peut atteindre la violence de certains ouragans.
La rencontre des vents polaires du S. au S. E. ou du S. au S. 0.
avec les vents tropicaux du N. au N. E. ou du N. au N. 0. cause peu d'agitation dans l'état de l'atmosphère, lorsque ces derniers ne sont que les contre-courants des alises du S. E.; mais si, .
comme cela arrive assez souvent, surtout en hiver , les vents de l'hémisphère boréal qui régnent fréquemment dans les hautes régions descendent à la surface et se réunissent à ces contre-courants , alors la lutte peut déterminer une tempête plus ou moins violente.
Quelquefois les vents polaires du S. au S. E. et du S. au S. 0.
convergent vers le même point que les vents tropicaux du N. au N. E. et du N. au N. 0., réunis aux vents de l'hémisphère boréal qui descendent des régions élevées; dans ce cas, la tempête peut atteindre la violence de certains ouragans.
(1) Exposition du système des vênts, 2* édition, page 31.
Des observations qui seraient faites avec discernement dans le» lieux où les ouragans prennent naissance, au moment où ils commencent, pourraient faire découvrir quels sont ceux des courants d'air dont je viens de parler qui les déterminent ; mais lorsque ces phénomènes durent déjà depuis quelque temps, l'équilibre de l'air est entièrement troublé jusqu'à une distance plus ou moins considérable de leur foyer ; alors il devient impossible de saisir la moindre relation entre les vents de diverses directions qui soufflent sur tous les points du parcours de ces ouragans»
Saisons pendant lesquelles les ouragans et les tempêtes se manifestent dans chaque hémisphère.
Depuis le mois d'avril jusqu'au mois de novembre , les vents de l'hémisphère austral du S. au S. E.
et à l'Ë. S. Ë. et du S. au S. 0.
dominent à la surface, dans une partie de la zone torride située au nord del'équateur. Parfois môme ils parviennent jusqu'au parallèle de 30**. C'est l'époque à laquelle les ouragans se manifestent dans l'hémisphère boréal.
Entre les mois de novembre et de mai, les vents de l'hémisphère austral du S. E. au S. 0. ne soufflent pas à la surface, dans la zone torride; mais ils régnent fréquemment au-dessus des alises du N. E. , et ils ne se rapprochent du sol qu'en dehors de la limite extérieure de ces derniers. C'est principalement durant cette période que ces *ents du S. E. au S. 0. se réunissent aux contrecourants des alises du N. E., ou vents tropicaux , et qu'ils déterminent des tempêtes plus ou moins violentes dans les régions tempérées et dans les régions glaciales.
Depuis le mois de novembre jusqu'au mois d'avril , les vents de l'hémisphère boréal du N. au N. E. et à l'E. N. E. et du N. au N. 0. dominent à la surface, dans une partie de la zone torride située au sud de l'équateur : parfois même ils y dépassent ie^ tropique du Capricorne; c'est l'époque à laquelle les ouragans se manifestent dans l'hémisphère austral.
Entre les mois de mai et de novembre , les vents de l'hémisphère boréal du N. E. au N. 0.
ne soufflent pas à la surface dans la zone torride; mais ils régnent fréquemment au-dessus des alises du S. E. , et ils ne se rapprochent du sol qu'en dehors de la limite extérieure de ces derniers. C'est principalement durant cette période que ces vents du N. E. au N. 0. se réunissent aux contrecourants des alises du S. E., ou vents tropicaux , et qu'ils déterminent des tempêtes plus ou moins violentes dans les régions tempérées et dans les régions glaciales.
Intensité que doivent avoir les vents pour que leur rencontre détermine un ouragan ou une tempête.
Les ouragans et les tempêtes ne se produisent pas dans tous les lieux où les vents dçs deux hémisphères se rencontrent : pour déterminer ces sortes de phénomènes, il faut que l'intensité normale de chacun de ces vents atteigne, au même instant, certaines proportions, et cette circonstance ne se présente pas dans toutes les parties du globe.
D'ordinaire, l'intensité normale des vents ne dépasse pas certaines limites ; mais lorsque des obstacles quelconques les empêchent de suivre leur cours, ils acquièrent une force accidentelle souvent considérable.
Les tableaux suivants indiquent l'intensité relative des vents dans Tun comme dans l'autre cas.
Intensité normale. ^ Intensité accidentelle.
e indique le calme. 7 indique coup de vent.
1 » souffle léger. 8 » fort coup de vent.
2 » faible brise. 9 » coup de vent très-fort.
3 )) vent modéré. 10 » tempête.
ft » joli frais de vent. 11 » ouragan ou tempête
5 » bon frais. violente.
6 » grand frais. 12 » ouragans des plus im-
pétueux.
La rencontre de deux courants d'air ne peut déterminer un ouragan ou une tempête que dans le cas où leur force normale est représentée par les n°" 4, 5 et 6 ; si elle est inférieure, la lutte de deux ou de plusieurs courants ne produit que des grains ou des orages plus ou moins caractérisés.