REMARQUES
SUR l'intensité des vents dans les ouragans.
Les vents qui déterminent les ouragans constitués par un courant d'air circulaire, conservent leur intensité normale jusqu'à une distance plus ou moins considérable du centre ;
mais ensuite ils augmentent progressivement de force jusqu'à ce qu'ils aient atteint ce courant dans lequel ils soufflent avec la plus grande impétuosité. Cependant il arrive quelquefois qu'un calme momentané leur succède ; mais bientôt s'élèvent des vents d'une autre direction aussi impétueux que les premiers. Ces effets se produisent dans quelqued-unes des parties soumises à l'action du courant d'air circulaire : ainsi, ils ont lieu près du centre de ce courant, et à gauche de la ligne de parcours dans les ouragans des Antilles, représentés par la figure 3, et à droite de cette ligne dans ceux de la mer de l'Inde, au sud de l'équateur, lorsque leur forme est représentée par la figure ft.
Dans les ouragans qui ne sont pas constitués par des courants d'air circulaires, les vents augmentent aussi progressivement d'intensité jusqu'aux environs du centre ; là ils deviennent très-violents, et souvent, après un intervalle de calme, ils changent de direction, en reprenant leur première violence,
La force des vents n'est pas égaie sur tous les points situés à la même distance du centre d'un ouragan : les plus violents sont, dans le courant d'air circulaire, ceux dont la direction est la même que celle de la ligne de parcours : en dehors du courant, ce sont les vents qui déterminent le phénomène, et, parmi ceux-ci, les vents dont la direction se rapproche le plus de celle de la ligne de parcours. Ainsi, dans les parties de la zone torride où les ouragans se dirigent entre l'O, et le N. 0., ou entre l'O. et le S. O., suivant l'hémisphère, les vents du N, N. E. à TE,, au S. E. et au S. S. E., qui en sont la cause principale, ont toujours plus de violence que les vents du N. à l'O. et de l'O. au S., dont l'influence n'est ordinairement que secondaire.
OBSERVATIONS SUR LE MOUVEMENT DE TRANSLATION DES TEMPÊTES» DANS LES RÉGIONS TEMPÉRÉES ET DANS LES RÉGIONS GLACIALES.
Les tempêtes des régions tempérées et des régions glaciales paraissent soumises à peu près aux mêmes lois que
les ouragans, en ce qui concerne leur mouvement de translation : ainsi, quelquefois, elles se transportent dans la même direction que la résultante des courants d'air qui les déterminent, et souvent elles prennent celle d'un de ces courants d'air ; alors elles peuvent ne se faire ressentir que de distance en distance, et parfois même plusieurs tempêtes peuvent sévir simultanément sur des points plus ou moins éloignés les uns des autres. Mais le foyer d'une tempête oscille souvent pendant plusieurs jours de suite, en se rapprochant tantôt du pôle, tantôt de l'équateur; ce qui est très-rare pour les ouragans (1).