‹ Essai sur les ouragans et les tempêtesChapitre 30 sur 42 · VÂRUTIONS DU BAROMÈTRE DANS LES OURAGANS ET LES TEMPÊTES · texte numérisé non relu

VÂRUTIONS DU BAROMÈTRE DANS LES OURAGANS ET LES TEMPÊTES

Le baromètre atteint ordinairement son maximum de hauteur avec les vents polaires du N. E au N. 0. , ou du S. E. au S. 0. , suivant l'hémisphère ; il est toujours moins élevé avec les vents de la partie du sud dans l'hémisphère boréal, et avec ceux de la partie du nord dans l'hémisphère austral.

Lorsque les vents des deux hémisphères convergent vers un même point, et que leur intensité est suffisante pour que leur rencontre produise un ouragan ou une tempête, le baromètre conserve la hauteur afférente, dans les circonstances ordinaires, à chacun de ces vents, jusqu'à une certaine distance du foyer de l'ouragan ou de la tempête; mais, ensuite, il baisse graduellement, et il atteint son minimum près du centre du phénomène.

A égale distance de ce centre, la dépression du baromètre est ordinairement moins grande avec les vents du N. E. au N. 0., qu'avec ceux du S. E. au S. 0. dans l'hémisphère boréal, et dans l'hémisphère austral, au contraire, la dépression est moindre lorsque les vents soufflent entre

(1) Le mauTaifl temps qui d régné à nie Maurice, les 5, 6, 7 et 8 mars 1936 (page 73), me semble n*avoir atteint que les proportions d'une tempête et non celles d'un ouragan. . . .

le S, B. et le S. O^, qne qaaiïd Ite fègtifent entré le N. E. etleN. 0.

Leg oscillations fréquentes du baromètre» avant le eom*mencement de Toaragatt ou de la tewipéte, et même pendant leur durée, paraissent être produites par Tâction des veni de l'un et de Tautre hémisphère qui se rapprochent ou s'éloignent alternativement du point où l'observateur se trouve placé.

DES TNMCES PKlÉCtJRSEURS DÉS OURAGAïqS.

Les indices précurseurs des ouragans diffèrent ordinaire- . ment, suivant la direction des vents qui les déterminent et suivant la configuration des terres voisines des parages dans lesquels ils se^maaifestent; dans un même lieu» l'approche de ces phénomènes n'est pas toujours indiquée par des signes identiques. Pour ppuvoîr apprécier avec un peu d'exactitude ces divers indices, il faudrait avoir fait de iK>mbreuse8 observations dans chacun de ces parages ; toutefois^ le ba« romètre est, dans toutes les parties du globe, un excellent indicateur de l'approche d'un ouragan ; ses oscilLatious et une dépression oonsidérable du mereure annoncent toujours une grande perturbation dans l'état de l'atmosphère ; les diverses variations du temps et du vent annoncent aussi, quelquefois même avant le baromètre ^ la formation ou l'existence d'un ouragan.

I^es indices varient selon la position de l'observateur, par rapport au centre de l'ouragan et à la ligne de parcours. A droite, les signés diffèrent essentiellement dé ceux qui apparaissent à gauche, et souvent même ils ne sont pas 5Jûmblables dans toutes les parties situées du mêihe côté de cette ligne ; ainsi

Hémisphère hôrêàh Hèmisphèfe àustrc^.

Aux Antilles, dans la saison Dans la mer de Tlnde , au sud

des ouragans, les vents alîaés, de Véquateur, à répoque des

soufflant alor^ de,r£. K Ë. sont ouragans^ les alises soufflaat^lors

moderéà ai accompagnés de beau de VE. S. Ë. sont modérés et ac-

temps, le baromètre se maintient compagnes de beau temps^ le ba-

à peu près à (»|»>761 . lioraqiie c«6 vents prennent de Tintensité , ils varient au N. E. et au N. N. E.

Dans les circonstances ordinaires^ le baromètre monte^ la température décroît, et le temps s'embellit encore. Les alises mollissant, ils varient, au contraire, à l'E., et quelquefois à YE. S. Ë. ; alors la température s'élève , le baro- «lètre descend à peu près à 0™,758; cependant Tapparence du temps ne change pas d'une manière sensible ; mais s'il arrive, lorsque les alises varient au N,E.

et au N. N. E., en augmentant de force , que le temps se gâte , que lateropérttture B^êlève au lieu de décroitre, et que le baromètre baisse au-dessous de 0%756, ce sont des indices ou qu'il se forme un ouragan , ou qu'il en existe déjà un, dont le foyer se rappro^ che; mais quelquefois le météore éclate dans toute sa violence , à l'instant même où les vents commencent à varier et sans qu'au* cune circonstance atmosphérique l'ait annoncé.

8i, lorsque les alises varient à l'E. et à l'E. S. E. en fraîchissant, le temps devient mauvais, et si le baromètre baissé au-dessous de 0«n,754, il y a quelque probabflité qu'il existe un ouragan du côté de l'ouest, et qu'il s'éloigne.

Les effets dont je viens de par^ ier se produisent à droite de la ligne de parcours des ouragans , déterminés par les vents alises du N. E. et les ventg de S. E* de l'hémisphère austral,* et même par les vents duN. E. auN. N. E. et ceux du S. E. au S. 8. E.

Assez souvent les Yent« de l'hémisphère austral de l'E. S. E, au S. S. E. parviennent dans la mer des Antilles en continuant leur côuT« à la surface; ils sont généralement modérés et accompagnés de beau temps. Si ces

rmnètrewmattitiettt è peu près à 0™,76l* Lorsque ces vents pren* nent de l'intensité, ils varient au S. £. el au Bt S. E, Danslencir^ constajieefi ordinaires, le baro»

mètre monte, la température décroit et le temps s'embellit encore 2 les alliés mdllissaiit, ils varient^ au contraire, à l'E. et quelquefois à TE. N. E; alors la température s'élève ; le baromètre descend à peu près à 0"»,758; cependant l'apparence du temps ne change pas d'une manière sensible; mais s'il arrive, lorsque les alises varient du S. E. au S.S.E., en augmentant de force , que le temps se gâte, que la température s'élève au lieu de décroître, et que le baromètre baisse au dessous de o»n,756, ce sont des indices qu'il se forme un ouragan ou qu'il en existe déjà un> dont le foyer se rapproche; mais quelquefois le météore éclate dans toute sa violence , à l'instant même où les vents commencent à varier, et sans qu'aucune circonstance atmosphérique l'ait annoncé.

Si, lorsque les alises varient à l'E. et à l'E. N. E. en fraîchi»sant, le temps devient mauvais , et si le baromètre baisse au-dessous de 0^,754, il y a quelque probabilité qu^il existe un oura* gan du côté de l'O., et qu'il s'éloigne.

Les effets dont je viens de parler se produisent à gaudie de la ligne de parcours des ouragans déterminés parles alises du S. E.

et les vents de rhémisphère bo-»

réal du N. Ë., et même p^ les vents du S.E. au S. S.E. et ceux duN. E. auN. N. E.

Assez souvent les vents de Fhémisphère boréal du N. E, au N, N. E soufflent à la surface de la mer des Indes au sud de Téquateuf ; îisy sont généralement modérés : s^ils augmentent de force, qu^au même instant le temps

vents augmentent de force ^ si le temps prend mi aspect inaccoutumé f et si le baromètre baisse d'une manière sensible^ il peut y avoir un ouragan dans le N. 0.

Ces circonstances se produisent à gauche de la ligne de parcours du centre^ et dans Test de la perpendiculaire à cette ligne ^ que l'on supposerait menée par le centre de l'ouragan. Mais dans l'ouest de cette perpendiculaire^ les indices sont différents : ainsi^ aussitôt que commence la lutte entre les vents des deux hémisphè* res^ les vents régnant déjà cessent; ils sont remplacés par d'au* très vents oscillant du N. £. au N. N. 0. et du N. N. 0. au N. et au N. E. près de la ligne de parcours, et du S. E. au S. et du S.

au S. E. dans la partie la plus éloignée de cette ligne. Souvent le calme succède aux vents primitifs; alors le temps reste beau; mais la température s'élève graduellement^ la chaleur devient suffocante. Bientôt après ^ des bouffées de vent se font ressentir à des intervalles de plus en plus rapprochés , en augmentant graduellement de force ; ces bouffées viennent du côté du N. ou du côté duS.^ selon que l'on est plus ou moins près de la ligne de parcours.

prenne un a^ct inaccoutumé y et que le baromètre baisse d'une manière sensible , il peut y avoir un ouragan dans le S. 0.

Ces circonstances se produisent à droite de la ligne de parcours du centre et dans l'est de la perpendiculaire à cette ligne , que l'on supposerait menée par le centre de l'ouragan. Mais dans l'ouest de cette perpendiculaire , les indices sont afférents : ainsi^ aussitôt que commence la lutte entre les vents des deux hémisphères y les vents régnant déjà cessent; ils sont remplacés par d'autres vents oscillant du S. E. au S.9 auS.'S^ 0.^ et du S. S. 0. au S. et au S. E., près de la ligne de parcours ^ et du N. E. au N. et du N.

au N. E.^ dans la partie la plus éloignée de cette ligne. Souvent le calme succède aux vents primitifs ; alors le temps reste beau; mais la température s'élève graduellement ^ la chaleur devient suffocante. Bientôt après des bouffées de vent se font ressentir à des intervalles de plus en plus rapprochés^ en augmentant graduellement de force ; ces bouffées viennent du côté du S. ou du côté du N., selon que l'on est plus ou moins près de la ligne de parcours.

Le mercure oscille dans le baromètre ; il 'se forme quelques petits tourbillons, dont le nombre augmente graduellement ; les branches d'arbres, les plantes, les pennons à bord des bâtiments ne s'inclinent pas dans la direction du vent, ils tournoient, en tendant à s'élever dans le sens de la verticale : ces divers signes se produisent d'une manière plus ou moins apparente dans toutes les positions où l'observateur peut être placé par rapport à la ligne de parcours ; mais ils sont beaucoup plus remarquables à l'ouest de la perpendiculaire menée, à gauche de cette ligne, par le centre de l'ouragan.

Assez souvent apparaissent des nuages poussés par des vents dont les directions sont plus ou moins inclinées les unes par rapport aux autres; ils indiquent quelquefois quelle sera à peu près la direction des vents qui souffleront avec le plus de violence. On peut d'ailleurs être assuré que le centre de Touragan passera très-près du lieu où les venjjs ont oscillé du N. E. au N. N. 0., dans l'hémisphère boréal, et du S. E au S. S. 0. dans l'hémisphère austral.

Les ouragans de la mer de Chine, du golfe du Bengale et de la mer d'Arabie ne sont pas toujours annoncés par les mêmes indices que ceux des Antilles. Cette anomalie provient d'abord de la configuration des terres, ensuite de ce qu'aux Antilles les alises régnent ordinairement à la surface longtemps avant que l'ouragan ne se déclare, et que dans les autres mers ces vents soufflent souvent au-dessus des vents variables de la zone torride du S. au S. O., et que la plupart du temps ils ne se rapprochent du sol que quelques instants avant que le phénomène n'atteigne sa plus grande violence.

Pour les ouragans qui ne sont pas déterminés par les vents du N. E. et du S. E., ou par les vents du N. E. au N. N. E. et du S. E. au S. S. E;, les indices diffèrent de ceux qui précèdent : il serait trop long et trop difficile de les énumérer tous ; mais, en général, on doit se tenir en garde contre le mauvais temps, dans tous les parages où dominent des vents réguliers tels que les alises, les vents variables de la zone torride (moussons du S. 0. ou du N. 0.) et les vents polaires, lorsque ces vents changeant de direction, en augmentant de force, le ciel prend un aspect inaccoutumé, et que le baromètre baisse au-dessous du niveau ordinaire afférent à chacun de ces vents.

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