COTES DES ÉTATS-UNIS ET MERS ADJACENTES
Pendant que les vents sont encore maniables , il est souvent difficile de reconnaître quelle est la nature des ouragans qui se manifestent sur les côtes des Etats-Unis et sur les mers adjacentes, entre le parallèle de 25® et celui de 80® ou 32® N., et par conséquent de distinguer à laquelle des prescriptions précédentes il convient de se conformer ; maïs dans le nord de ces derniers parallèles, où tous les oura-
— IIA —
gasfi 88 dirigent à peu près vers le N« E.^ on peut sans danger suivre les instructions données pour ceux de ces phénomènes qui sont produits par les vents polaires du N, au N. E. et du N. au N. convergeant vers le même point que les vents de l'hémisphère austral du S. E. au S. et du S. au S.O. (page 112, fig, 9 ou 10).
Toutefois, un bâtiment qui serait peu éloigné de la côte, avec des vents maniables du S. E. au N. £•, devrait, en capeyant, se maintenir là où il se trouve, jusqu'à ce que Touragan commence à s^éloigner, ce qui aura lieu lorsque les vents varieront M'O. du N. O,
Les ouragans, ainsi que les tempêtes, sont en général beaucoup plus fréquents e»itre les côtes des Etats-Unis et les Bermudes qu'entre ces îles et la limite nord des alises du N. E.; les bitiments qd naviguent dans ces parages doivent donc se maintenir ou tâcher de se placer dans le sud des Bermudes, pour être moins exposés soit aux ouragans, soit aux tempêtes*
Observations sur les changements subits dès vents dans les régions tempérées et dans les réffions glaciales de . r hémisphère boréal.
Dans les circonstances ordinaires, mais principalement en hiver, les vents de N. O succèdent souvent d'une manière presque subite à de forts vents de S, 0. ; ils acquièrent une grande intensité dès qu'ils commencent à se manifester, et le baromètre monte. L'instant où les vents de S. O. soufflent avec plus de force précède de très-peu celui où ils vont être remplacés par ceux du N. 0, Par ces motifs, un bâtiment expoisé à de forts vents de S. 0. doit prendre les amures à tribord, pour ne pas courir le risque de masquer lorsque les vents sautent au N. 0. et pour éviter ainsi de gravés avaries. Le marin un peu expérimenté ne confond pas ces brusques changenâents de vents avec ceux qui se produisent dans les ouragans : bes derniers changements
— tî5 —
sont détormiiiéB par une perturbation eonsldérable dans rétat de l'atmosphère ; tandis que les autres sont causés par les efforts que fait Tair pour reprendre son cours naturel.
#HéGAUTX0!f6 k ftENOlUS DANS QUELQUES TEMPÉTeIs SES CÔTES DES iTlTS'DKIS ET DE LA MER MÉDITERRANÉE.
Dans toutes les saisons, les bâtiments doivent chercher à s'éloigner de terre, lorsque sur les côtes des États-Unis les vents du N. O. pa du S# 0. varient au S* et au S. E.; ils doivent aussi courir au large lonsque les vents tournant du N. 0« au N., auN. £< et à TE., en augmentant de force, le tenips devieiit mauvaia» et que le baromètre baisse sensi^* blement.
Lorsque, en hiv^t un bâtiment rencontre des vents do S. 0. aux environs des Baléares (mer Méditerrranée), et qu'à mesure qu'il se rapproche des côtes de France, il ob^ serve que les vents varient successivement au S, S, 0. et au S., en augmentant de force, il doit attendre près de ces îles un changement de temps, car il est probable que, prè9 des côtes, les vents souillent en tempête de la partie du S. E. , principalement dans le golfe de Lyon; et lorsque « venant du côté de Test, il trouve des vents du N, au N. E. augmentant d'intensité et variant graduellement à l'E. N. E. et à TE-, il ne devra pas dépasser Toulon ou Marseille, avant que le temps ne se soit modifié, ces circonstances indiquant que, dans le golfe de Lyon, les vents de S, Ë^ soufflent avec violence.
PRESCRIPTIONS POUR JJES OURAÇANS PJ3 U M£R DE CHINE.
Les ouragans de la mer de Chine sont le plus ordinairement déterminés par les alises du N. E. et les vents de S. E. de l'hémisphère austral, ou bien par les vents du N. E. au N, N. E. et ceux du S. E au S. S, E. ; mais les vents variables de la zone torride du S, au S. 0, exercent toujours sur ces phénomènes une influence plus ou moins grande, qui
doit rendre leur forme encore plus irrégulière que celles des ouragans des Antilles produits dans des circonstances analogues ; cependant la plus grande partie des prescriptions indiquées pour ces derniers peuvent, sans inconvénient grave, être appliquées aux ouragans de la mer de Chine, même dans le cas où le phénomène étant causé par les vents du N. à TE. et ceux du S. à TO., il se rapprocherait de l'équateur (page 59). Ainsi, pour diminuer les chances d'avaries, il faut, avec des vents maniables ,
du N. E. à TE. gouverner au plus près tribord amures ; de TE. au S. E. au N. N. E. ou au N. E.; .
du S. au S. 0. à TE. ou au S. E.;
de ro. au S.;
du N. 0. au S. 0. ;
mais on ne peut gouverner avec sécurité au S. O. qu'avec les vents du N. N. 0. au N. 0., parce que, dans la mer de Chine et principalement près des côtes, les vents soufflent fréquemment entre le N. et le N. W. 0. sur la droite et près delà ligne de parcours du centre de Touragan (i), tandis qu'aux Antilles, c'est toujours entre le N. E. et le N.
Il sera, dans tous les cas, très-difficile à un bâtiment qui rencontre les vents du N. E. au N. N. O, d'éviter l'ouragan ; cependant, s'il était éloigné de terre, ce bâtiment pourrait quelquefois échapper aux effets les plus désastreux en s'élevant dans le N. N. E. ou le N. E.,, avec des vents maniables du N. E. au N.; mais il serait dangereux par les vents du N. au N. N, O. d'indiquer une route plutôt qu'une autre, parce qu'il est impossible, avant et même pendant l'ouragan, de reconnaître s'il s'éloigne ou s'il se rapproche de Téquateur, et que selon le cas le bâtiment pourrait courir au devant du danger, au lieu de s'en éloigner. Le mieux, dans cette occurrence, serait d'attendre, pour prendre un parti, que les vents eussent varié soit du côté du N. E., soit du côté de l'ouest.
(1) Kelleb, Des ouragans, tornados, etc., etc., iStil, page 16. Ouragan de l'Erigone. Annales d^ hydrographie, tome iv, 1850, pages 156 et suivantes. Ouragan du 11 au 1 A septembre 1849, page 60.
GOLFE DU BEMGALB ET MBB O' ARABIE*
Les prescriptions précédentes peuvent être adoptées pour les ouragans du golfe du Bengale, qui se dirigent toujours entre TO. et le N, Il semblerait toutefois que, dans le mi* lieu du golfe et dans sa partie orientale» les vents du N. au N. E. isoufflent ordinairement sur la droite et près de la ligne de parcours du centré, et que là on peut gouverner au S. O. avec les vents de N. au N. N. O. ; mais, dans la partie occidentale du golfe, les vents régnent souvent entre le N. et le N. O. sur la droite de la ligne du parcours, alors il faut attendre, comme dans la mer de Chine, que les vents aient varié soit du côté du N. E., soit du côté de TO., avant de choisir une route.
Ces mêmes instructions pourraient être appliquées) aux ouragans de la mer d'Arabie.
PRESCRIPTIONS POUR LES OURAGANS DE LA PARTIE DE LA MER DE L'iNDE COMPRISE ENTRE LE MÉRIDIEN DE 90* E. ET CELUI DE l'iLE MAURICE, ET DEPUIS LE PARALLÈLE DE S"* A 10' S- iUSQU*A CELUI DE18*8. (Fig. 4.)
Les ouragans qui se font ressentir entre le méridien de 90<> E. et celui de Tile Maurice, depuis le parallèle de 8 à 10^ S. jusqu'à celuidei8<»S., sont généralement déterminés par les alises de S. E. et ceux de Thémisphère boréal du N. E.; ils se dirigent entre FO. et le S. O. Les prescriptions nautiques pour échapper à ces ouragans, ou du moins pour ne pas se rapprocher des lieux où les vents souillent avec violence, sont analogues à celles que j'ai indiquées pour les ouragans des Antilles produits par les alises du N. E. et ceux du S. E. de l'hémisphère austral. Ainsi il fout, avec des vents maniables,
du S. E. à TE. gouverner au plus près bâbord amores ; de TE. au N. E. au 8. S* E. ou au S. E. ;
du N. au N. 0. à l'E. ou au N. E.;
dero. auN.;
du8*au8.0. auN.O.
Avec les vents du S. E. au S», il faut gouverner au N. 0«, si Ton est & droite de la ligne de parcours du centre, et
tâcher de s'éleva dans le S. S. E. ou le S, E«^ si l'on e^ à gauche de cette bgne : mais il est rare qu'avec ces vents un bâtiment puisse éviter les effets de l'ouragan qui, alors, (l'avance vers lui avec rapidité, parce qu'il lui est difficile, pemdant que les vents 6(mt maniableâ, de déterminer assez tôt sa position par rappc»! à la ligne de parcours; et même après ravoir reconnue, il pourra rarement faim asseî de chemin soit au S. S. E, ou S. E,, soit au N. O.
Un bâtiment peut encore se comformer avec quelque confiance aux prescriptions ci^essus, entre les parallèles de 18^ et 25<' S., où ces phénomènes sont asdet sauvent prô^ duits par les vents du S. E. au S. S. E. et ceux du N. E. au N, N. E. ; maid ces instructions ne sont pas toujours àppli* cables danst le sud de ce dernier parallèle, parce que sou^ vent les ouragans y sont déterminés par tes venté du B. au S. O. et ceux du N. au N. E», et par les v&tAè polaires du S. au S. E. et du S. au S. O., conv^gêant vers I* mômè point que les vents de l'hémisphère boréal du N. E. au N.
PRESCRIPTIONS POUR LES OURAGANS CAUSÉS PAR LES VENTS POLAIRES DU S. AU S, 0., ET CEUX DE l'hÉMISPHÈRE BORÉAL DU N. AU N. E.
(Fig. 6 et 8.)
Entre les parallèles de 25 et de &0^ S«, les ouragans sont, ainsi qu'il vient d'être dit, causés quelquefois par les vent polaires du S* au S* 0« et par ceux de l'hémisphère boréal du N. au N, E. ; dans ce cas ils se dirigent enU^e le S. et le S# O» Les règles à suivre pour leur échapper, lorsque lès vents sont mamabUs^ sont les suivantes : avec dei» vmits
dtt S« à TE. B« B.
il feut gouverner à TEi ou au N. E. ; d'Ë. auS. S.E.;
du N.B. auS.E.;
du N. ^ à r E. N. B. ou k l'O. H,Ù.,\ ^"^ "^'^st^^
du R* O. au N; B* Ou au S^ O. ; ipfSaî ffe. <mponp 10.
dero. • auN^;
duS.O. auN.Ô.
Avec les vents du S. au$.0,/il faut gouverner à l'O., si l'on est placé à droite de la ligne de parcours du centre, et à l'Ë., si Ton est à gauôhè de cette ligne.
Il est difficile, avec les vents du S. an S« O.» de recon* naitre sa posôtion par rapport à la Hgûe de parcoure du centre, car dans ces ouragans, qui sont déterminés par des vents de directions diamétralement opposées, les vents con« servent leur direction normale jusqu'aux environs du centre ou du courant d^air circulaire, et au moment où ils varient d*une manière sensible, ils sont déjà trop violents pour permettre de se choisir une route.
Entre le méridien de 90« et celui de Tlle Maurice, les ouragans ne se dirigent pas ordinairement à TE. du sud; toutefois, si quelque navigateur s'apercevait qu'un de ces phénomènes prit cette direction, il devrait faire usage des prescriptions établies pour les oura^ns qui, dans Thé* mi^hère boréal, se transportent vers le N. E. (page 112, fig. 9 ou 10), avec cette différence cependant qu'il faut toujours substituer sud à nord, et réciproquement, tant pour la direction des vents que pour les routes à suivre.
FARTIÈ M LA MBB Oit IMM8 COHPftlM WM LB MÉRIOItN Dl L'ILI MAUKtCE
IT MAOAOASCAB,
Sur les mêmes parallèles, entre le méridien de Ttle Maurice et Madagascar, les ouragans sont ordinairement causée par les mômes vents qu'entre le méridien de 90® E. et celui de Maurice ; dans ce cas les mêmes règles leur sont applicables : mais, parfois, les vents polaires du S. au S. O. et les vents variables de la zone torride exercent une assez grande influence sur ces phénomènes pour en changer la forme et la direction, principalement dans le sud du parallèle de Maurice* Les prescriptions devraient alors être modifiées. Mais on ne peut en établir de bien certaines^ faute d'observations simultanées assez nombreuses; et comme d'ailleurs il est extrêmement difficile, sinon impossible, de reconnaître, avant ou même pendant l'ouragan, sa forme et A direction, ainsi que celle des vents qui le produisent, je m'abstiendrai de donner des instructions spéciales; mais
j'engagerai les navigateurs à consulter celles que M. Lefebvre a publiées (1) ; elles pourront leur être utiles.