‹ Essai sur les phénomènes électriques des animauxChapitre 11 sur 26 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

CLIVANT yllELLE I.Ol L’ACTIVITÉ DE LA GRENOUILLE UIHINUE

Pour achever l’étude de l’action du courant électrique sur les nerfs, nous avons encore à étudier de quelle manière les nerfs perdent la faculté d’exciter des contractions et des sensations par le passage du courant électrique. Nous avons déjà parlé du phénomène des alternatives voltianes : c’est que dans ce cas, le courant électrique lui-même détermine dans les nerfs une nouvelle condition qui les rend moins sensibles à ce courant; et, en effet, nous avons vu que le courant électrique lui-même, ou bien le repos, pouvait donner au moins en partie cette propriété aux nerfs. Sans le passage du courant, tout animal préparé, comme la grenouille, finit, aprèsun certaintemps, à ne plus ressentir l’action du courant. Quelle est la loi de cet affaiblissement? Valli , le premier, a découvert qu’en SOU! Mettant un blet nerveux dans ces différentes parties au même courant , on trouve ipui la première partie qui devient insensible au courant, c’est-à-

dire, incapable d’exciter des contractions par le passage du fluide électrique, est celle qui est plus près de l’origine du nerf. Rittera ensuite confirmé cette observation. J’ai répété plusieurs fois cette expérience et je l’ai constamment trouvée exacte. Sur une grenouille préparée à la manière ordinaire, je découvre le nerf crural et le sciatique, je touche ce nerf avec les extrémités d’un arc zinc et platine : cet arc est passé sous les nerfs et toujours disposé de manière que le courant marche directement dans le nerf. Dans les premiers instants, les contractions s’obtiennent, quel que soit le point touché. Après quelques minutes , en touchant le nerf près de son insertion dans la moelle épinière, les contractions sont à peine visibles, et dans peu de temps elles manquent entièrement. Si, au contraire, on touche le nerf près de son insertion dans la jambe, on la voit encore se contracter fortement. Si on attend encore quelque temps, on cesse d’avoir les contractions tout en touchant près des muscles; il faut alors découvrir une j)ortion du nerf, qui est encore plus loindela moelle épinière que toutes lesau— très, et on la trouve encore capable de se contracter. Il n’y a donc pas le moindre doute sur la réalité du fait. Voulant m’expliquer ce phénomène, j’ai cru d’abord qu’il était dû au dessèchement du nerf, tout en comprenant bien diflicilement pourquoi la partie près de l’origine du nerf devait se dessécher avant celle qui en était plus loin. Inutilement j’ai tenté do rétablir cette activité en mouillant le nerf avec de l’eau salée. J’avais aussi imaginé, que près du point où le nerf avait été coupe, une altération plus grande avait lieu; dans les autres parties, et comme dans la préparation de la grenouille, le nerf est coupé près de son origine, j’ai aussi supposé que c’était là la cause du phénonomèno. 11 était aisé de s’assurer de la vérité de cette hypothèse. 11 m a sufli de préparer la grenouille, de decou-

^ 27 cv

vrir los nerfs sans la couper, en enlevaiit la peau, les viscères,et j’ai trouvé que surcelle grenouille, dont le syslèuio était intact, l’aclivilé à se coniracler par le couraul souffrait la inèiue loi dans son alTaii)iisseiuenl. (”esl en cherchant encore à généraliser ce fait, que j’ai eu l’occasion de faire une observation très-curieuse etcjui se lie parfaitement à tout ce «que nous avons exposé des autres j)roj)riélés du nerf. La voici : je prends une grenouille très-vivace et je l’attache avec des clous qui traversent ses quatre pattes, sur une planche, le has-ventre tourné eu bas. Je découvre son nerf crural en enlevant h's muscles de l’os de la jambe; la grenouille est donc |)réparée , comme dans les expériences de la section précédente. Je fais alors passer le courant à travers le nerf, en tenant les pôles, à la distance de trois ou quatre millimètres entre eux. La pile était de quinze couples et le courant dirigé dans le sens contraire à la ramification du nerf. Toutes les fois que le courant s’introduit, la grenouille pousse uncri; je change la position sur le nerf, et partout j’obtiens le môme résultat. J’attends cinq minutes et jerépète l’expérience; je trouve alors qu’elle crie moins fort lorsque je touche le nerf près de son insertion dans la jambe, que quand je touche le nerf près de la moelle épinière; j’attends encore cinq minutes et je reproduis l’expérience; alors plus de cri en faisant passer le courant inverse près de la jambe, tandis que, près de la moelle épinière, les choses se passent comme dans la jiremière expérience. J’ai confirmé un grand nombre de fois cette curieuse observation, en me servant de deux nerfs d’une même grenouille, pour m’assurer sur l’un de la perte d’activité du courant direct à exciter des contractions, et sur l’autre par le courant inverse à exciter des sensations, et j’ai toujours observé le résultat suivant : la portion du nerf qui, <à l’introduction du courant électrique direct»

trique direct, excite des contractions, s’éloigne d’autant plus de son origine, que l’animal s’aflaildit : inversement, la portion du nerl' qui à l’introduction du courant inverse excite des sensations douloureuses, s’approche d’autant plus de l’origine du nerf, que l’animal s’affaiblit.

Page 1