AGENTS STIMULANTS
Après avoir parcouru les phénomènes principaux qui sont dus à l’action du courant électrique sur les nerfs des animaux vivants ou récemment tués, il faut, avant d’en exposer une théorie générale, faire ressortir ses rapports avec ceux dus à l’action des autres agents ou corps stimulants Tout le monde sait ce qu’il arrive lorsque sur un nerf mis à découvert on vient à appli(|uer un acide ou un corps chaud , ou si on le blesse d’une manière
{|uelconquc. L’animal cric de douleur et les muscles se contractent ; c’est là le double effet que nous trouvons toujours en agissant sur les nerfs : la coniraction aux muscles dans les(|iiels le nerf est ramifié, la sensation au centre nerveux. Nous avons vu que cette double action n’était pas le propre du courant électri(|ue : c’était tantôt la sensation, tantôt la contraction , suivant que la marclie du courant élcctricpie qui entrait dans le nerf était inverse on directe. Le courant électrique a donc une manière d’agir plus simple, plus élémentaire, et c’est là un point très-important d’analogie qui peut la rapprocher de l’agent inconnu qui fonctionne dans les nerfs. Lorsqu’on fait agir sur les nerfs des animaux vivants ou récemment tués, les agents stimulants que nous avons nommés, il arrive, tju’après un temps toujours très-court, ils finissent par ne plus ressentir l’influence du corps stimulant. Le courant électrique persiste plus longuement que les autres, et le môme nerf qui est devenu insensible àun certain agent stimulant, l’estencore généralement pour le courant électrique. Une autre différence, non moins remarquable des deux précédentes, on la trouve dans l’influence du repos pour redonner au nerf la faculté de ressentir l’action du courant électrique. Lorsqu’un animal a perdu la faculté de se contracter , ou d’avoir des sensations par l’action trop prolongée d’un certain agent stimulant, il n’est plus capable, par le repos, de reprendre l’activité perdue. Quant au courant électrique, nous avons déjà vu que lorsque le j)assage continu du courant, dans un certain temps, n’excite plus des contractions dans l’animal , il suffit ou de le laisser un peu de tenq)S en repos, ou de faire passer le courant en direction contraire, |)Our qu’il devienne capable de se contracter encore au passage du courant primitif. Une autre différence . qui mérite encore d’ôtre signalée, c’est la faculté qu’ont certaines
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substances à détruire l'action des agents stimulants. C’est ainsi (lu'une grenouille, après avoir été soumise à l’acide prussicpie ou à la morphine, de\i(>nt insi'usible à l’action des autres agents stimulants, t Cia n’arriv(! pas pour le courant électiCjne : on trouve son action aussi forte avant qu’après h* traitement |>ar les poisons cités. Nous ajouterons encore une dilVérence bien tram bée entre les agents stimulants ordinaires et le courant électiCpie. Toutes les fois que le courant électricpic cesse d’agir sur les nerfs, l’animal éprouve ou une sensation ou une contraction, et cela suivant la marebe du courant ; il n’y a rien do pareil par les autres stimulants. Je crois utile de résumer en peu de mots ces ditrérences: 1° Il y a pour le courant électrique une séparation nette des effets, c’est-à-dire, qu’il produit, ou la contraction ou la sensation, dans des circonstances déterminées: pour les autres agents stimulants, il y a la production simultanée des deux phénomènes; 2° la persistance de l’action sur les nerfs est plus grande pour le courant électrique que pour les autres agents; 3" le repos ou l’action d'un courant électrique dirigé en sens opposé de celui qu’on fait agir sur les nerfs, rétablit dans le nerf l’activité primitive, ce qui n’est pas pour les autres agents; 4“ l’influence de certains poisons, comme l’acide prussique ou la morphine, détruit l’action des stimulants ordinaires sur les nerfs; cela n’est pas pour le courant électrique; 5’ le courant électrique seul produit des contractions ou des sensations lorsqu’il cesse d’agir sur les nerfs; rien n’esl produit de semblable par les autres agents stimulants.