CONCLUSIONS
Lorsqu’on réfléchit, 1° qu’aucune trace d’électricité ne se trouve dans l’organe sans qu’il se décharge ; 2" qu’on peut détruire la peau, les muscles, l’arc cartilagineux qui entoure l’organe, et une grande partie de la substance même de l’organe , sans que la décharge cesse ou même s’affaiblisse; 3'* que des poisons narcotiques déterminent de fortes décharges électriques; 4“ que l’irritation du lobe électrique du cerveau, après la mort, donne de très-fortes décharges électriques; 5° qu’en tirant et comprimant les nerfs seulement, on a la décharge; 6^ que de fortes contractions musculaires s’observent dans les parties qui environnent l’organe, sans que la décharge ait lieu; 7° que la blessure du lobe électrique du cerveau détermine les décharges dont la direction n’est plus constante du dos au bas-ventre, mais va quelquefois du bas-ventre au dos; 8° enfin, aux derniers faits que j’ai rapportés sur l’action du courant électrique, — il est impossible de ne pas en tirer les conclusions suivantes :
1« L’élément nécessaire à la décharge électrique de la torpille et à la direction de cette décharge, est produit par le dernier lobe du cerveau, et transmis par les nerfs dans la substance de l’organe.
2° Il en résulte que ce n’est pas dans l’organe et par l’organe que cet élément est préparé.
3" Toute action extérieure qui est portée sur le corps de la torpille vivante, et qui détermine la décharge, est transmise par les nerfs du point irrité au quatrième lobe , et de là par les nerfs à l’organe.
4" Toute action externe portée sur le quatrième lobe ou sur les nerfs, ne produit d’autres phénomènes que la décharge électrique.
5° Le rapport qui existe entre le quatrième lobe et les nerfs, d’une part, et le système de l’organe, de l’autre , est le même que celui qui existe entre un nerf et les muscles dans lesquels il est ramifié : dans un cas décharge , dans l’autre contraction. Les mêmes modifications, produites par différentes causes, ont lieu pour ces deux effets si différents.
6° Le courant électrique agit sur les nerfs également , soit pour produire des contractions , soit pour produire la décharge dans la torpille.
7° Enfin , tandis que toute autre action extérieure stimulante a déjà cessé de déterminer la décharge de la torpille, par son action sur le quatrième lobe ou sur ses nerfs, ce pouvoir se conserve encore pour le courant électrique.
Nous pouvons donc conclure d’une manière positive que la force quelconque qui fonctionne dans le système nerveux, est transformée en électricité, à l’aide d’une organisation spéciale (jui se trouve naturellement dans des animaux. Le courant électrique (jui agit sur les nerfs de la
torpille, et qui détermine la décharge , nous représente un agent stimulant qui exerce son action dans un degré supérieur à tous les autres : c’est donc le courant électrique , l’agent le plus propre à remplacer l’élément nerveux.