‹ Essai sur les phénomènes électriques des animauxChapitre 3 sur 26 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LOIS GÉNÉEALF.S DES COXTRACTIOSS PUODEITES PAR I.K PASSAGE DU COURANT DANS LES NEUFS SEULEMENT.

Quelle que soit la partie musculaire d’un animal vivant ou récemment tué que l’on fait traverser par un courant électrique , il y a toujours des contractions musculaires instantanées d’excitées, au moment de la fermeture du circuit. Les contractions cessent immédiatement après, quoique le courant continue : enfin on les voit généralement se reproduire si on arrête la propagation électrique Parmi les animaux qu’on a soumis au passage du courant, c’est la grenouille qui a été reconnue comme la plus propre et la plus sensible aux courants électriques les plus faibles. Nobili a voulu comparer la sensibilité de la grenouille , comme moyen électroscopique , à celle des galvanomètres les plus sensibles : il a pu s’assurer que toutes les fois qu’il y a dans la source électro-motrice, ou dans le circuit , une portion liquide , la grenouille ne cède en rien au galvanomètre. En général , quelle que soit la

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soiirc<3 du courant électrique, la grenouille le manifeste toujours par ses contractions. C’est ainsi que la réaction d’une solution acide sur une alcaline, celle d’un acide sur un métal, donnent lieu à des contractions très-fortes. Ce n’est qu’aux courants thermo-électriques et à ceux de tension que la grenouille est moins sensible. On ex])lique très-aisément celte din'érence en rélléchissant à la Ijonne coiuluctihilité de la source, diflérence qui existe aussi pour les galvanomètres très-sensibles aux courants hydro-électriques. Toutes les parties musculaires d’un animal vivant ou récemment tué , sont susceptibles de se contracter à la première introduction du courant électrique ; mais ces contractions cessent conqrlétement , malgré la continuité du courant ; des nouvelles contractions se reproduisent lorsque le courant cesse. C’est là le fait capital, la première découverte. La question qui se présente tout de suite, est celle de bien distinguer la part que les filets nerveux ramifiés dans les muscles ont dans ces contractions, de celle qui peut appartenir à la fibre musculaire elle-même. Dans l’impossibilité d’attaquer de front la question, impossibilité qui tient à celle d’avoir de la substance musculaire entièrement privée de filets nerveux, on doit d’abord tenter de découvrir quelle est l'action du courant électrique, en agissant seulement sur les filets nerveux. C’est en découvrant la manière d’agir du courant sur les muscles , lorsque son passage est limité aux filets nerveux qui vont s’y ramifier, que nous pourrons déterminer son action sur la fibre musculaire. Nous devons à MM. Lehot et Belüngeri, et enfin à M. Marianini, la découverte de ces lois trèsimportanles de physiologie électrique. Les lois découvertes sont les suivantes : l^En agissant sur les nerfs seulement, on voit les muscles se contracter, lorsque le courant s’introduit de manière à parcourir les filets nerveux dans la

(lirorfion do scs ramifications. Dans ce cas, le pôle positif est placé vers le cerveau ou l’origine des lun-fs, le néf^atif vers les extrémités. 2" Aucune contraction n a lieu lorsque ce courant c(!sse. 3" Kéciproijuement , si le courant électri(iue a une direction opposée, c’est-à-dire, s’il est dirigé des ramifications d(,'s nerfs à leur origine, ou n’a aucune contraction lorsque le courant s’introduit. 4° La contraction a lieu lorsijuc ce courant cesse. Ces lois peuvent se confirmer très-aisément; toute grenouille préparée à la manière de Galvani, c’est-à-dire, avec un morceau de moelle épinière réunie aux jambes par ses nerfs sciatiques, est j)ropre à cette exp('“riencc. Une des manières les plus sures pour y réussir sans tâtonnement , c’est de plonger la moelle épinière d’une grenouille préparée dans un verre d’eau, et les jambes dans un autre verre, et d’introduire le courant en plongeant les pôles dans le liquide des deux verres II faut que les deux verres soient bien isolés. Ces expériences réussissent aussi sur l’animal vivant , mais comme dans ce cas on aperçoit d’autres pbénomènes, nous aurons occasion d’y revenir avec plus d’étendue. Il arrive quelquefois que des contractions s'obtiennent en fermant le circuit, quelle que soit la direction du courant, et ce cas se vérifie souvent dans les premiers instants que l’animal a été préparé. Si on laisse la grenouille quelques secondes dans le circuit, les contractions ont lieu indifféremment en l’ouvrant ou en le fermant quelle qu’en soit la direction; c’est-à-dire, qu’on n’a plus les pbénomènes contenus dans les lois rapportées. M. Marianini a très-bien démontré, et il est très-aisé de s’en assurer, que les anomalies aux lois déjà exposées j)euvent bien s’expliquer en admettant qu’une portion du courant électrique ne suit pas le seul filet nerveux intermédiaire entre les pôles, mais (pi’elie se répand aussi par la couche humide sur laquelle la gre-

noiiille est posée, et pnssc ainsi 5 travers les muscles dans une direction opposée à l’autre portion, (jui inan ité dirertement par le filet nervi'ux. On conçoit alors que comme nous avons dans le même temps des courants (|ui vont suivant la ramification des nerfs, et des autres qui vont en sens inverse, on doit avoir des contractions, soit en ouvrant, soit en fermant le circuit. Si l’expérience est faite, en isolant la grenouille avec soin, et si l’on attend que sa surface ne soit pas trop humide, toutes les anomalies disparaissent

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