‹ Essai sur les phénomènes électriques des animauxChapitre 4 sur 26 · MUSCLES, OU SUR LES MUSCLES SEULEMENT · texte numérisé non relu

MUSCLES, OU SUR LES MUSCLES SEULEMENT

Quelle que soit la direction du courant électrique relativement à celle des fibres musculaires, la contraction a lieu toujours à la première introduction du courant. Ces observations peuvent se faire sur des morceaux de substance musculaire à laquelle ont été enlevés tous les filets nerveux v isibles. On pourrait supposer par là (|ue la contraction musculaire a lieu indépendamment des filets nerveux. Marianini a justement observé qu’on parvient aussi, en partant des lois exposées, à expliquer l’égale activité du coiirantélectrique à exciter descontractions, quelle que soit sa direction relativement à la ramification nerveuse. Tl suffit d’admettre que, dans les muscles, les filets nerveux sont distribués dans tous les sens, de sorte qu'il y a dans le même temps, dans un muscle soumis au courant élec-

Iriquo, couranls dira is . ou iuivaut la rainilicnliou du u('rf,ot (1('S courants ou erses, c’cst-à-tlire, dans une direction ojtposée. Kn partant do cette idée, ou coneoil trèsaiséiuenl (pu', quelle' tpie soit la direction du courant (]ui auit sur un morceau de substance musculaire, il doit toujours y avoir contraction, soit en ouvrant, soit en fermant le circuit ; c'est là ce qu’on voit réellement. Toutefois rinlhience de la direction du courant ne manque pas de so faire observer. Qu'ou prenne pour cela une grenouille préparée à la manière deGa!vani,et qu’on plonge l’une de ses jambes dans un verre d’eau, l’autre dans un autre verre d’eau. On voit alors, et surtout quand l’animal commence à s’att'aibiir, que l’introduction du courant fait contracter la jambe (jui est plongée dans le verre du pôle négatif, et que le contraire a lieu lorsqu’on détruit le circuit. Celte observation se vérilie dans tous les animaux et par nous-mêmes. Si on vient avec les deux mains mouillées à décharger une pile, on ressent une contraction plus forte à la main qui transmet le courant dans le liquide que dans l’autre. Lorsqu’on cesse de toucher la pile , c'est l’autre main qui éprouve la contraction la plus forte — Un |)iîénomène curieux qui se présente lorsiju’on ojière de la manière exposée, consiste dans l’augmentation observée dans la contraction en ouvrant le circuit, par le passage plus prolongé du courant ou par le renouvellement successir,a très-peu d’intervalle, entre unpassageet l’autre de ce même courant. Si, au lieu de détruire le circuit aussitôt fermé, on attend quelques secondes , on aura, en ouvrant, une contraction jiîus forte que celle qu’on aurait en détrui sant le circuit aussitôt fermé. En établissant la circulation dans la grenouille avec les mains sans les avoir mouillées d’avance , la contraction n’a pas lieu : si on vient après un certain temps à détruire le circuit, la contraction a lieu

J al voulu rapporter cette dernière oljservation , quoiqu’elle soit très-simple et très-facile à expliquer, par la raison qu’on a voulu, comme nous verrons par la suite, en faire le fondement d’une tbéorie des contractions électriques.

CHAPITIÎE III.

COOHAÏIT ÉLECTKIQCE DlillGÉ MOHMALE.MErST A LA LOXCUELU

I)U NEÜF.

Nous avons vu quelle était l’influence du courant pour exciter des contractions, suivant que sa marche était dans le .sens d(? la ramification du nerf, ou dans le sens opposé. C’est en partant de ces lois que nous pouvons employer la grenouille à découvrir la direction du courant. J’ai maintenant à parler de faction du courant électrique, lorsqu’il agit parle nerf en le traversant normalement à sa longueur. La première fois que j’ai tenté cette expérience, je l’ai fait en appliquant les deux pôles do la pile vis-à-vis l’un de l’autre sur un filet nerveux. Il était impossible, à cause de la petite épaisseur du nerf, d’avoir les deux pôles sur une ligne perpendiculaire au nerf sans qu’ils ne se touchassent. Dans l’autre manière, il y aurait eu toujours une jiortion du courant parcourant le nerf dans une direction oblique, de plus, c’était une portion de nerf trop courte , celle qui était ainsi traversée. D’autres fois les contractions excitées par celte manière d’opérer étaient extrêmement faibles et (pielquefois elles manquaient. Malgré cela, j’ai changé la disposition de l’expérience, et voilà comment je suis parvenu à découvrir nettement quelle est la véritable action du courant. Dans ce cas, j’ai préparé une grenouille à la

iiiaiiicro di* (d jo n'cMi ai conserve qu'une moiiié,

e’esl-à-(lire une jamhe, sa cuisse, son nerf et un morceau (le moelle épinière. J’ai alors lié la patte de la grenouille à un lil de soie, ('I je l’ai sus|iendue en faisant plonger prosijue tout son nerf<lansde l’eau. Le morceau de moelle épinière était utile, alin (|ue le nerf ne \lnt pas à üotti'r horizontaleinenl sur l'eau. I)('u\ lils métalli(|ues ([ui plongeaient au même niveau et à la distance de 3 ou •ï millimètres du nerf, étaient attacliés avec de la gomme la queau?d)ords du verre. J’ai eu soin de couvrir avec du vernis les deux fils plongés, en laissant découverte la seule exlrémil(‘, celle ([ui est [)lus près du nerf; j’ai fait alors passer le courant de 30 couples d’une pile à auge, chargé avec de l’eau assez salée. J’ai poussé le nombre de couples jus(ju’à45, et la grenouille n’a donné aucun signe de contraction. J’ai répété cette expérience sur un grand nombre de grenouilles avec les mêmes résultats. Sur une de ces grenouilles qui avaient servi aux expériences rapportées, j’ai fait agir le même courant , en plaçant les deux fds à un niveau différent ; aussitôt les contractions ont paru. Les contractions ont lieu encore en tenant le blet nerveux dans une position horizontale, de manière que le courant y passe dans sa longueur. Quelle que soit donc la portion du nerf qui est traversée par le courant électrique normalement à sa longueur, les contractions ne sont jamais produites.

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