‹ Essai sur les phénomènes électriques des animauxChapitre 8 sur 26 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

roisoss.

Il était aussi curieux d’étudier l’action du courant électrique sur des grenouilles, après les avoir tuées ou

(ourmontiM's [)ar l'arlion do cortains poisons. Ta* promior (loni j’ai (‘ludiô l’action a etc l’acide |)nissi([ue. Celui dont j'ai fait usage ('sl connu |)ar les pliannacicns, sous le nom d’acich* prussiipie d(' (iea-Pessina. .J’ai pris une grenouille très-vivace et j’ai l'ail tomber trois gouttes de cette acide sur sa langue, l ue demi-minute était à peine écoulée (jue la grenouille a étendu ses jambes. Alors, je l’ai coupée et pri'parée à la manière ordinaire. Le courant d’une pile de quinze couples à auges a été transmis par son corps, des nerfs sciatiques aux jambes. Il y a eu de très-fortes contractions, telles qu’on les aurait observées, si lagrenouille n’eût pas été sous l’inlluencc de l’acide prussique.. J’ai vu encore deux excmj)les de ce genre avec le même résultat, et parmi eux, un très-remarquable, que je rapporterai en parlant du tétanos. Sur d’autres grenouilles soumises à l’acide prussique, j’ai attendu qu’elles fussent mortes: après les avoir préparées, on les a soumises au passage du courant de quinze couples, et les contractions furent aussi fortes, mais moins persistantes qu’à l’ordinaire. J’ai mis deux grenouilles très-vivaces dans une solution d’extrait d’opium, faite de trois gros d’extrait et huit onces d’eau. La tète seule des grenouilles sortait de l’eau. J’en ai retiré une après deux heures; c’était celle qui avait l’air de se ressentir de l’action de l’opium. Je l’ai préparée rapidement, et j’ai vu alors un phénomène qui arrive souvent sur les grenouilles très-vivaces, et sur lequel j’aurai occasion de revenir en parlant du tétanos. Ses mendjres furent tendus et très-contractés. Après que cet état fut passé, je la soumis au passage du courant de quinze couples du nerf aux muscles, et j’en eus de très-fortes contractions. Je dirai en passant, pour prouver l’excitabilité de cette grenouille, qu’elle me donna, pour quelque temps, des signes du courant propre, ce qui n’arrive que sur les

grenouilles très-vivaces Cette grenouille , tout étant préparée, fut laissée dans la solution d’opium encore trente minutes, et après ce temps, elle était encore capable de se contracter fortement au passage du courant électrique. L’autre grenouille est morte après cinq heures. Aussitütaprès sa mort, elle fut préparée et soumise au courant de quinze couples; elle se contracta fortement. Un seul couple en faisait autant. L’acide prussique et la morphine n’ affaiblissent donc pas l’action que le courant électrique a d’exciter des contractions dans les muscles des animaux vivants, ou tués récemment.

Page 1