‹ Essai sur les phénomènes morbides de la pression intra-oculaireChapitre 2 sur 8 · CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ier

DE LA PRESSION INTRA— OCULAIRE DANS LES MALADIES DE l’œIL.

Considéré sous le rapport d’une cavité entièrement remplie de liquide, l’œil subit des phénomènes de pression qui, à l’état normal, sont les mêmes chez tous les individus ou n’offrent qu’une différence peu appréciable. Cesphénomènes, nécessaires pour entretenir le jeu régulier des fonctions et maintenir un équilibre parfait entre les milieux et les parties constituantes de l’enveloppe, sont sujets eux-mêmes, de la part des organes dont ils dépendent, à des variations plus ou moins marquées, qui, lorsqu’elles se produisent, entraînent toute une série de faits pathologiques.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que les phénomènes morbides de la tension ont été observés. Grâce aux travaux de Graefe sur le glaucome, aux recherches de Bowman et de Donders, et aux expériences de Grunhagen, de Hippel, de D’or et d’Adamuk, etc., l’attention, il est vrai, s’est portée plus particulièrement sur ce sujet dans les dernières années, mais à une autre époque, tous les auteurs avaient esquissé les principaux traits relatifs, soit à une augmentation, soit à une diminution de la pression intra-oculaire. Seulement la question , au moins en ce qui regarde l’augmentation de pression, avait été étudiée plutôt au point de vue de la sensation éprouvée par le malade que sous le rapport du phénomène physique constaté par l’observateur.

La plupart des altérations de l’œil glaucomateux étant regardées à juste titre comme une conséquencee d’un excès de pression, on s’est demandé avec raison s’il ne fallait pas, pour expliquer d’autres altérations offrant de l’analogie avec celles du glaucome, invoquer comme cause le fait de la pression intra-oculaire, et, partant de ce principe, on est arrivé à cette conclusion ; à savoir que l’hypersécrétion des liquides

dans l’intérieur du bulbe, se traduisant par un excès de pression, peut entraîner après elle et entraîne fréquemment un cortège de lésions ayant une tendance, un habitus glaucomateux , et que de Graefe a désignées sous le nom générique de maladies glaucomateuses ; de l’autre côté, que plusieurs affections qui n’offrent aucun rapport, même éloigné, avec le glaucome, sont susceptibles de provoquer une augmentation de pression, et que l’effet devenant cause, réagit à son tour vis-à-vis des organes intérieurs ou sur la coque de l’œil et détermine une série de lésions secondaires.

Je suppose, d’une part, un cas de myopie. Par l’action des muscles et la tension accommodatrice il se fait un allongement plus considérable de l’axe antéro-postérieur , les vaisseaux choroïdiens se distendent et s’amincissent, la sécrétion du cercle ciliaire augmente peu à peu; sous l’influence de cette hypersécrétion les principaux phénomènes du glaucome, varicosités des veines sousœonjonctivales, projection 'de l’iris en avant et excavation de la papille, etc., peuvent se développer.

Je prends, d’autre part, le cas d’une cataracte traumatique ou d’une discision de la capsule très-étendue. A la suite d’une imbibition trop forte de la substance corticale, qu’il se fasse une congestion interne, et rien n’est plus fréquent, qu’une iritis séreuse se déclare, et voilà une hypersécrétion de liquide, un excès de tension qui en résultent; comme conséquence, troubles fonctionnels et altérations anatomiques.

Si l’augmentation de pression, en effet, doit être considérée comme un résultat, une dépendance d’affections oculaires, ne constituant jamais à elle seule une entité morbide, il est bon de faire remarquer qu*il n’est pas toujours nécessaire, pour qu’elle se développe, de lésions bien caractéristiques ou d’un processus inflammatoire parfaitement déterminé.

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