VERSIFICATION QUANTITATIVE
S 143. Par suite de notre tendance à prolonger les sons forts, certaines langues attribuent à la partie forte de la mesure une durée longue et une syllabe longue ou prolongeable, à la partie faible une durée brève et une syllabe brève ou non prolongeable (2). La versification est alors quäntitative. Il y en a d’incomplètement quantitatives, comme celle du sanskrit:
x {xxx x] 0 x() ‘sa id de’vesu gacchati(4) Rigvéda, I, 1, 4,
et de complètement quantitatives, ou à peu près, comme celle du grec ancien : - Ne Abus re kwros £xrne:!
Euræwe, 77r., 54f.
Le perse, le sanskrit et le grec ancien n'avaient pas à tenir compte de leur accentuation intensive, qui était aussi variable que sans doute faible et se rattachait d’ailleurs à la quantité (6). Quant à l’intonation fixe, le ton
j'emploie la translitération usuelle. Toutefois, j'indique le fon ou intonation fixe par un accent
placé avant la syllabe tonique, la quantité en mettant dans tous les cas le signe - au-dessus des voyelles longues. — Sur le mètre, x. Allen, Kuhn’s Zeitschrift, XXIV, 558 et suiv.
1)‘ en est souvent ainsi dans notre musique (v, $ 11, 113 fin et 117 fin). Cette irrégularité
n'a donc rien d’inadmissible.
(2) V. l'e Partie, $ 109. :
(3) Dans les schémas de cette espèce, indique aussi que la durée de deux temps premiers (= vo) est attribuée à une syllabe longue ou prolongeable ; &, que la durée d’un temps premier
f Q / 3 # % x - a S est attribuée à une syllabe brève ou non prolongeable. — Les trois quarts des dimètres védiques les plus anciens présentent la forme x x x & x (v. Arnold, Védie Mere, p- 165 et 150),
et un tiers la forme x LU 2 ÿ 0 x (v. ib., p. 150). Le rythme fondamental est donc bien «ïam-
bique ».
(4) « Gelui-là certes arrive aux dieux ».
(5) V. Christ, Metrik, 2e éd., p. 351. La forme ordinaire est x REC Ne ea Nine Dre reste cas, la dernière syllabe de la période est indifférente, } ù
… Ou rpospäx, ils n'avaient pas à s'en préoccuper au point de vue du
rythme (1).
9 VERSIFIGATION ACCENTUELLE.
S 144. D'autres langues, au contraire, ont une intensité fixe, l'accent : elles cherchent à le faire coïncider avec le temps marqué, et réciproquement. Il n’est pas nécessaire, en général, que la syllabe forte soit énergiquement accentuée ; il suflit que la syllabe faible soit moins accentuée ou plus inaccentuée (2). La versification est alors accentuelle. Il y en a d'incomplètement accentuelles, comme celle de l’ancien français, où l’accent et le temps marqué ne coïncident forcément qu'à la fin du vers et, dans certains mètres, à un autre endroit (3):
AE ve DD GI SARA (UE) Granz fu li dois, fort marrimenz (5)
Passion du Christ, v. 5, et de complètement accentuelles, comme celles de l'allemand et de l’anglais : | % | US AE ON Ales | FC en Es Tho drühtin Krist gibôran uuard (6) Orrrip, 1, xvu, 5,
pe lutel foul hap hire wyl (7) Alysoun (Chanson).