SÉPARATION DES VERS ET DE LA MUSIQUE
S 148. Poète et musicien, à l'origine et pendant bien longtemps, c’est
(1) Poirée, . e., p. 12. — V. sur ce point, re Partie, $ 140, 20-70. Cette remarque s’applique aussi à l’habitude de mettre deux notes sur une syllabe longue, comme on l’a fait de tout temps chez les Grecs (pour Eschyle, Pindare, hymnes à Apollon, v. Th. Reinach, Revue de Métrique, T, 1, 13 et suiv.), ou même plus de deux notes, ainsi qu'Euripide en a le premier donné
l'exemple, non sans soulever des protestations (d’Eschyle et d’Aristophane) : il ne faut pas y voir
un nouvel écart entre le chant et la langue parlée, bien au contraire (v. Ire Partie, $ 125).
(2) Tods S’apyalous révra rpdsy0pda xpoÿeuy (Plutarque, De Musica, c. 28).
(3) Iewraywviorobsne Snhovot: this rowoewe (ib., c. 29, fin). Platon avait dit: Trv ye aopovtau za ÉvÜuoy aohouleïy De 1@ ÀUYw. (Rép, UT, Chap. X). Cp. $ 144 bis., fin,
tout un : Eschyle et Sapho composaient le texte, la mélodie et l’accompa-
. gnement de leurs poèmes, aussi bien que les premiers troubadours et les
minnesinger. Mais les progrès de la musique vocale et surtout instrumentale ne pouvaient laisser d'amener une division du travail. Chez les Grecs, par exemple, nous voyons augmenter le nombre des notes, des modes, des genres et des tons ; le dessin mélodique, par suite de l’affinement du sens musical, sans doute aussi par recherche de l'originalité, tend à des formes de plus en plus complexes et plus riches (1); on invente de nouveaux ins-
truments, on modifie surtout les anciens en y ajoutant des cordes ou des