D. — CONCLUSION
(vers anglais).
S 171. La poésie anglaise tient de son origine une yersification accentuelle. Elle y a adapté plus ou moins correctement les mètres étrangers qu’elle a empruntés à différentes reprises. De ceux-ci elle a souvent cherché à garder le syllabisme, ce qui a entrainé des variations rythmiques combinées (v. I" Partie, S 322 suiv.); plus rarement et avec beaucoup moins de succès, elle a essayé d’en reproduire la quantité.
Le rythme n’y est constitué que par la coïncidence de l'accent avec le temps marqué (2). Aussi les pieds n’y diffèrent-ils en principe que par le nombre des syllabes. C’est donc par là seulement qu'on peut les définir, ainsi que le rythme: il y en a de dissyllabiques, de trissyllabiques et de mixtes. Les variations rythmiques ne s’obtiennent non plus, à première vue du moins, que par l’augmentation ou la diminution du nombre de syllabes. Mais il en est beaucoup d’autres : le degré d'accentuation des fortes varie à chaque instant, aussi bien que celui des faibles ; la durée des syl-
(1) V. ceux de M. Omond : English Metrists, Tunbridge Wells, 1908, et 1907. On corisultera aussi avec fruit English Verse, de M. R.-M. Alden, New-York, 1905. (2) Avec les limitations indiquées au $ 144.
labes varie également, qu’elle tienne à l’accentuation, à la longueur des voyelles, au nombre des consonnes, au remplissage de l'unité rythmique, à un changement de tempo. En somme, le rythme varie plus encore que dans les vers grecs, bien que ces variations soient moins frappantes, d’abord parce qu’elles sont moins marquées, les durées n'ayant pas de rapports aussi précis, ensuite parce que justement cette trop grande liberté les rend moins sensibles. Mais si les effets sont moins nets et moins forts, ils sont plus nombreux, plus riches. Ce que le rythme y perd en harmonie mesurée, il le gagne en souplesse. Il a moins de beauté, mais peut-être plus de vie. Il diffère à peu près du rythme grec comme la musique moderne de la musique des anciens, comme l'architecture gothique de l'architecture des Hellènes.