‹ Essai Sur Les Principes De La Métrique Anglaise (volume 2)Chapitre 87 sur 95 · B. — LE RYTHME DE LA RIME · texte numérisé non relu

B. — LE RYTHME DE LA RIME

$ 203. De même que le retour de certaines notes dans une mélodie — tonique, dominante, médiante — l'homophonie constitue un rythme. Incomplexe dans l’allitération et l’assonance, ce rythme est souvent complexe et même très riche dans la rime complète. Uni et invariable, il est fortement marqué, trop peut-être pour nos oreilles plus délicates que celles de nos ancètres, dans les laisses de nos chansons de geste et les romances espagnoles, où la même assonance revient à intervalles égaux, à la fin de tous les vers. Il est composé dans les rimes croisées — entrelacées ou embrassées — et davantage encore dans les strophes à plusieurs rimes, dans les chansons à refrain, dans les poèmes à forme fixe.

Sauf dans quelques-uns de ces poèmes, où d’ailleurs ses combinaisons très composées lui donnent une variété prévue, il est, à présent, toujours varié. Sans cesse renouvelé sous une forme différente, il se continue avec plus ou moins de complexité et de régularité, suivant que les rimes sont suivies, croisées ou libres. Tel un collier de perles de couleur différente, où pourtant deux par deux, trois par trois, soit de suite, soit avec entrecroisement, soit sans ordre fixe, les perles présentent une même couleur. En pareil cas, pour que le rythme ne soit pas gâté, il faut que chaque duo,

(1) L'exemple le plus fameux est celui de Laugland dans sa Vision of Piers Ploughman (1362): Ï was weori of wandringe, and went me to reste undur a brod banke bi a bourne syde.

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