llu^iic de Kluvi^ny, /oc. c//., p. i-'J'i
•J. Il,i(l., ]). 40:i.
.{. La fliarte (|iii relali- ct>l iiccoid t-si [)iil>li('H' dans les llisl. tic Fruncf, l. XIV, p. 117.
4. JalTé-Watlenbach, licyesta, n« 11959. — C'est vers la iiiêine époque que Ilii^iie (\o I.yoïi rcnira dt> Palestine. Voir I.iilie, Iliif/o von Dir und Li/oii, p. Iiii.
LÉGATIOiN DE JEAN ET BENOIT 17
réhabilité, ils remirent au concile de Poitiers la solution définitive de Talfaire. Avant de se rendre à Poitiers, ils s'arrêtèrent à l'abbaye de la Trinité de Vendôme, où les avait probablement appelés l'abbé GeotTroi. L'abbé, tout dévoué au Saint-Siège, accordait volontiers aux lég-ats le privilège du séjour et de l'entretien, alors qu'il le refusait aux évêques ^. GeotFroi avait d'ailleurs besoin d'eux pour trancher un ditîérend qui s'était élevé entre lui et le comte de Vendôme GeofFroi de Preuilly ~. La sévérité de Geofîroi de Vendôme ayant exaspéré un de ses moines, Daniel, celui-ci, maltraité, était allé demander secours et protection k Ive de Chartres, qui avait écrit en sa faveur à l'abbé de Vendôme une lettre pleine de violents reproches ■\ Mais l'abbé étant resté intraitable, Daniel avait fini par se réfugier auprès de Geoffroi de Preuilly, qui avait pénétré avec ses gens d'armes dans l'abbaye, forcé les portes de la salle capitulaire où se tenaient les religieux et fait asseoir Daniel parmi eux. Ive ayant refusé d'étendre l'interdit lancé contre Geoffroi de Preuilly au comté tout entier, comme l'avait demandé l'abbé de Vendôme à la suite de ces violences, le comte Geoffroi avait fait célébrer un service religieux par les chanoines réguliers de Saint-Pierre, comme s'il n'avait pas été interdit, tandis que des clercs du château avaient enseveli un bourgeois de Vendôme. Cette querelle menaçant de s'éterniser, on confia le soin de la juger k Jean et k Benoît. Ceuxci donnèrent tous les torts au comte, qui jura de ne plus attenter en rien aux privilèges de l'abbé et dut aller lui faire amende honorable dans la chapelle de l'abbaye, pieds nus et humblement prosterné devant l'autel ^
Mais la grande affaire pour laquelle Jean et Benoît étaient venus en France et qui allait être débattue au concile de Poitiers était toujours la conduite du roi. C'est d'ailleurs moins contre son mariage même que le pape tenait k protester par l'in-
1. Cf. Compain, Elude sur Geoffroi de Vendôme [Bibliothèque de l'École dea Hautes Études, fasc. 86), Paris 1891, in-S", p. 222.
2. Ihid.. p. 107-109. M. Compain a omis, dans le récit qu'il fait do ce conflit, de parler du rôle joué par les légats Jean et Benoit.
3. Ive de Chartres, lettre 82, dans Migne, Patrol. lat., l.CLXII, col. lO.J.
4. Voir la charte-notice relatant la soumission du comte GeofTroi dans le Carlulaire de l'ahbuije de la Trinité de Vendôme, éd. Métais, t. 11, n" 400, et cf. Annales de Vendôme, ann. 1100, dans Halphen, Recueil d'annales angevines et vendômoises, p. 08.