CHAPITRE II
Orderic Vital nous a ex|)lu[iu'', dans son Ilisfitiro ', en ([uoi consistait l'excommunication qui j)esa dès lors sur Philippe. « Pendant ce temps, dit-il, le roi ne portait ni la ])ourpre ni le diadème, il ne célébrait aucune solennité à la manière des rois. S'il airivail dans une ville ou dans une place forte, aussitôt que le cleri;é en était instruit, le son des cloches et les chants cessaient partout. (Tétait un ileuil g-énéral, et le service divin ne se célél)rait [)lus en public tant (|ue le prince rebelle séjournait dans le diocèse ».llu<^uede Flavigny -' nousaj^prend, de plus, que, dans leur zèle, les lég-ats firent applicpier beaucoup plus strictement c[ue sous Urbain 11 1 anathc-me lancé contre le roi. Jadis en elFet, Philippe excommunié avait la l'acuité de se faire suivre d'un chapelain particulier, ([ui lui disait la messe, à lui et aux içens de sa maison ^. Celle tolérance ne lui fut pas accordée cette fois ; autrement, on ne s'explicjuerail pas l'anecdote suivant laquelle Philippe ayant séjourné cpiinze jours à Sens avec Bertrade, toutes les ég'lises restèrent fermées, sans c[ue le clergé permît aux souverains de prendre i)art à aucun acte relig'ieux, si bien cpie Bertrade, furieuse, en arriva -i ordonner d enfoncer la porte dune ég'lise afin d'y faire chanter la messe '. Et la colère divine sajoutant aux colères j)ontificales, la lé<J^ende rapporta ' (jue Philippe soutïrit de maux de dents, de la i^ale, de maladies honteuses, et qu'il perdit le pouvoir miraculeux. (|u"il tenait de son père, de «nuérir les écrouelles. Philippe d'ailleurs supportait en sou-
Fr., l. XIV. p. 100). Un récit anonymo du concito, composé à Saint-Hilairo (le l^oiliers cl que nous avons déjà eu lOccasion de c'\ler {Ilisf. de Fr., l. XIV, p. 1081, fait de cette scène un récit entremêlé de discours, l'un du comte Guillaume menaçant les évècjues des pires violences s'ils passaient outre et leur disant :« Le roi m"a mandé (jue vous vous disposiez à l'excommunier dans celle ville (pie je tiens de lui et il m'a sommé, [)av la fidélité (pie je lui dois, dempèclier cela de toutes mes forces •> ; l'autre du léj^at Jean, invo(piant la prééminence des « commandements du Koi du ciel » sur ceux du roi et uu'ttant le concile sous la proleclion de saint llilaire, t|ui lui était apparu pour lencourafi^or. Dans ce récit d'ailleurs comme dans celui de Ilugue de Flavigny, Guillaume finit, touché par la ii-ràce, par venir demander l'a^soliition aux pères du concile.
1. Orderic Vital, Ilialori.i l'crlrsi.istir;,, Vlll, 2(1, ('d. Le Prévost, I. UI.
2. Huj;ue de l''lavi<i;nv, dhrnnic.. Il, dans les Mon. demi. Se/'//)/., l. \'lll, p. 493-491.