‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 26 sur 128 · Orderic Vital, loc cil · texte numérisé non relu

Orderic Vital, loc cil

4. IIuf<;ue de Klavij;ny, Hlirottic., loc. cil., p. t93-i-9l. :;. Orderic \'ilnl. /or. r/7., p. :t!»(».

riant les misères auxquelles le condamnaient les papes irrités. La légende souvent recouvre un fond de vérité, exprimant d'une façon concrète un simple état psychologique, un trait de caractère. C'est ainsi qu'on peut comprendre cette historiette de William de Malmesbury ^ : comme tous les services divins cessaient là où il arrivait et qu'à son départ les cloches se mettaient en branle, il disait en riant comme un fou, à Bertrade : « Entends-tu, ma belle, comment ils nous chassent? » Et Orderic Vital nous le montre endurci dans le crime, ne tenant aucun compte des réprimandes (pi'on lui adressait, croupissant dans l'adultère et vivant avec Philippe et Flore, les deux enfants qu'il avait eus de Bertrade.

Il devait rester excommunié jusqu'en llUi, supportant tranquillement son sort, sans même faire, comme sous Urbain II, des tentatives auprès du pape pour rentrer en g-ràce et obtenir l'absolution.

Nous avons dit comment les légats, leur mission accomplie, rentrés à Rome après ces scènes orageuses, se virent désavoués parle pape au sujet de l'aifaire Norgaud, par suite de l'intervention de Hugue de Lyon. Pourquoi Pascal céda-t-il à Hugue ? Pourquoi déclara-t-il Norgaud innocent de la simonie et du trafic des biens ecclésiastiques dont on l'avait accusé ? Pourquoi, donnant cette solution à ce conflit, institua-t-il en somme le droit d'appel à Rome contre les jugements canoniquement rendus par ses représentants et j)ar des conciles généraux? Il avait choisi des légats a la f ère afin d'avoir plus d'influence et pour que les raisons d'ordre personnel eussent une moindre part dans les détermination des lég-ats eux-mêmes ; et le voici qui s'incline devant un homme manifestement partial, un prélat qui ne lui est rien, qui, dès le concile de Valence, fut en opposition contre les mandataires de son autorité, en faveur d'im évêque honni par tous les siens. Il brisait ainsi l'effort de ses légats, l'œuvre de deux conciles auxquels avaient coopéré presque tous les évoques de France. Quelle valeur le roi et son peuple pouvaientils attacher à l'excommunication rendue contre Philippe par ces mêmes légats, daps ces mêmes conciles, alors que le pape les

1. De rjeslis reguni Anglonini, V. 404, éd. Stiibbs (dans la Collection du Maître des rôles), t. II, p. 480.

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désavouait luissi lc''i>-ôi'omont [)()ur une ([ucslion connoxo? Espérait-il arriver plus vite à une cunciliatit)n en faisant (isuvre de mansuélutle ? Philippe n'entra eertes pour rien dans cette décision, puisqu'il fut excommunié en même temps. La seule raison qu'on puisse donner pour expli([uer cette attitude bien peu politi(|ue est le désir (|ue pouvait avoir Pascal de montrer à llugue de Ljonencjuelle estime il le tenait et de lui faire comprendre que c'était sans aucune amertume à son égard qu'il lavait remplacé par des légats a Inforc. Qu'importe? Au point de vue des principes, comme au point de vue politit|ue, c'était une maladresse et c'est une des marques de l'esprit d'indécision et de faiblesse qui caractérisera souvent la politique de Pascal II.

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