‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 30 sur 128 · Jhkl., n° 5802 (15 avril · texte numérisé non relu

Jhkl., n° 5802 (15 avril

3. Sur cette affaire, cf. Bernard Monod, L'Eglise et l'Etat au XII^ siècle. L'élection épiscopale de Beauvais de II 00 à 1 104 : Etienne de Garlnnde et Galon (Mémoires de la Société académique de l'Oise, t. XIX ; à part : Paris, Champion [1904],àn-8<', 26 p.). Les pages qui suivent sont, en grande partie, la reproduction à peu près textuelle de cet article.

4. Etienne de Garlande, quatrième fils de Guillaume, sénéchal de France, avait été comblé d'honneurs ecclésiastiques par Philippe I'"'. Il était à la fois archidiacre de Paris el doyen de Saint-Samson, de Saint-Aig-nan et de Sainte-droix d'Orléans.

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par là directement lamour-propre do ceux-ci), les chanoines de Beauvais, mettant de coté toute olx'issance canonicpie, ont élu pour évéque, afin d'obéir à la volonté du roi et de sa fameuse compagne, un clerc illettré, joueur, de mauvaise vie, n'ayant même pas reçu les ordres sacrés et rejeté jadis de TEg-lise par l'archevêque de Lyon pour adultère : l^^tienne de Garlande. » Il invitait donc les légats ii mettre bon ordre à ce scandale ', pendant qu'Etienne, de son coté, envoyait à Rome des députés pour tenter de circonvenir Pascal et de corrompre son entourage '.

Les légats furent-ils peu impressionnés par la lettre d'Ive, ou négligérent-ils de prendre une décision? Toujours est-il cpie ni au concile de Valence, ni à celui de Poitiers, on ne parla de l'évèché de Beauvais, et il ne semble pas que les légats se soient jamais occupés d'Etienne de Garlande. Cependant, ce dernier faisait agir ses amis : Manassès, archevêque de Reims, réunissait un concile a Boissons (1100), et les clercs de Beauvais le suppliaient d'écrire au pape en faveur du nouvel élu. Peu après, ils s'adressent à l'évèque d'Arras Lambert, lui demandant de vouloir bien, lui aussi, prendre leur défense auprès du Saint- Siège et recommander Etienne à son ami le légat Jean •'. Ils insistent sur la régularité de l'élection, sur la valeur de l'élu, sur la petite objection qu'on peut faire : Etienne n'était même pas diacre. Au courant des difficultés soulevées, notamment de la campagne menée par Ive, ils demandent à Lambert, sulTragant de Manassès, de les aider à les aplanir '. Si Lambert fit la conmiission à Jean, on comprend ([ue celui-ci, pris entre l'évèque de Chartres et l'évèque d'Arras, se soit abstenu de résoudre l'aifaire. Le cas de Norgaud lui avait donné trop de mal pour un trop piètre résultat.

Ive, voyant que Jean et Benoît n'intervenaient pas, s'adressa alors directement au jiape ', et, craignant que les intrigues d'Etienne n'influençassent le Saint-Siège, renouvela auprès de Pascal la plainte (pi'il avait adressée à son légat '\

1. Ive (le Chavires, lettre S7, dans les Ilixl. de Fr., t. \V. \). 10'.».

2. Cela ressort de l:i leltri> d'Ive citée à la note précédente.

3. Voir la leltie adrcïssée en 1101 à l'évèque Lambert par les clercs de Beauvais, dans les Ilial. de Fr., t. XV, p. 192.

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