Voir la lettre citée h la note précédente
r.. Ivo de Ciiartres, lettre «9, dans les IFisl. di' Fr., t. XV, p. 109.
Ct. On ne voit pas cependant ipi'lve ail à ce nioiuenl. ainsi (pu- le pretentl
PASCAL II KT LF, CLElUili IMIANTAIS (1100-1102) 29
Le concile réuni à Soissons ])ar rarchevèqiie Manassès ayant en somme donné raison à Etienne et à ses électeurs, Ive chang-ea de ton. Préférait-il à tout la paix de l'Eglise? S'inclinait-il, malgré ses convictions, devant l'attitude de l'archevêque de Reims et des prélats réunis autour de lui en synode? Cédait-il aux importunités d'Etienne ' ou même de Philippe ? Il s'adressa, en tout cas, de nouveau au pape, mais cette fois pour plaider, au nom de l'Eglise d'ailleurs et probablement sur les demandes instantes de ses membres, la cause du même Etienne qu'il avait peu avant combattu. Il revient sur ses accusations, atténue ses jugements et, sans se mettre en avant, entourant cette justification d'Etienne de nombreuses réserves, il déclare que « les clercs de Beauvais répondent de lui », « qu'il ne parle qu'au nom de l'Eg-lise, pour la j^aix de cette pauvre mère déchirée et accablée )). Ainsi, il met Pascal en g-arde contre la lettre même c[u'il lui écrit, et finit en lui demandant de se laisser toucher, au moment de prendre sa décision, du désir de « réparer tant de ruines lamentables » -'.
Pascal, très au courant de l'affaire, décidé cette fois à agir en véritable pape réformateur et à ne })as céder aux clercs de Beauvais, réprimande Ive de Chartres sur sa palinodie, lui reproche de céder à d'autres mobiles qu'à sa conscience et sa conviction, enfin, ne craignant pas d'atta({uerde front « la volonté du roi », il donne ordre sans retard de procéder à une nouvelle élection '.
Dégagé par la lettre du pape de la contrainte où l'avaient mis les clercs de Beauvais et Etienne de Garlande, Ive fait part à Pascal ' de sa joie d'être en communion d'idées avec lui, le
M. Luchairc [Louis VI le Gi-os, j). clxi), usé de rinfluence qu'il avait gardée à Beauvais, en qualité d'ancien abbé de Saint-Quentin, pour encourager n la partie du chapitre de Saint-Pierre, restée fidèle à la bonne cause, à choisir, suivant les règles canoniques, un candidat plus acceptable ». C'est ))lus tard qu'il s'adressera aux clercs de Beauvais, au moment de Télection de Galon.
1. Dans une lettre écrite en 1101 à Pascal 11, Ive (lettre 95, dans les Ilisf. de Fr., l. XV, p. 112) dit, en effet, en parlant d'Ktienne : 'i Importunitate cnim sua extorsit a me litteras. . . "