INTRODUCTION
Les relations du pape Pascal II avec la France n'ont pas encore été l'objet d'une étude spéciale. Nous avons pensé qu'il était utile de l'entreprendre, car le pape Pascal II, chez qui la fuiesse politique s'alliait à l'esprit de mansuétude et de charité, pacifia pour un temps les conflits qui, depuis Léon IX, n'avaient cessé de se produire entre le pouvoir royal et le pouvoir pontifical.
Il n'y avait pas, entre le roi de France et le pape, une lutte ouverte et acharnée comme celle qui avait éclaté entre les papes et les empereurs ; mais, en France comme en Allemagne, la papauté avait voulu, sous Grégoire VII et Urbain II, devenir l'absolue maîtresse des élections épiscopales et de l'administration de l'Église de France, établir nettement la prépondérance de la théocratie romaine sur le pouvoir temporel des rois. Le roi de France, de son côté, uni depuis Hugue Capet aux prélats par les liens étroits de services rendus et d'intérêts communs, investi aux yeux du clergé lui-même d'un caractère sacré et d'une autorité quasi religieuse, prétendait conserver un droit d'intervention et de surveillance dans le recrutement du clergé séculier et régulier comme dans l'administration des diocèses et des monastères.
Il n'était pas aisé de trouver un moyen pour sauvegarder les droits du chef de l'Fglise, tout en respectant les droits de l'Etat. C'est cependant ce que tenta Pascal II et à quoi il réussit en partie.