‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 5 sur 128 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

La cause profonde du contliL entre les deux pouvoirs avait été Tceuvre même de réforme poursuivie par les papes depuis Léon IX. Pour que celte œuvre pût aboutir, il ne leur avait pas sufïi de combattre par des mesures de détail les mauvaises uKinirs, la simonie et Fiiérésie ; à partir de Grégoire VII surlout, ils avaient compris qu'ils ne parviendraient point à leurs lins tant qu'ils ne se seraient pas assurés de l'épiscopat en le rendant indépendant du pouvoir laïque.

Ainsi, insensiblement, du terrain moral et religieux, la papauté se trouva passer sur le terrain politique. Soustraire l'épiscopal à Taction du pouvoir royal, c'était en fait s'attaquer non pas à un abus, mais à une institution inhérente au régime social du xi^ siècle. L'usage était, en effet, que les évêques du royaume de France reçussent du roi leur territoire épiscopal avec les droits qui y étaient attachés : c'était l'application du principe, alors général, de l'investiture du vassal par son seigneur. La situation, analogue pour les abbés, et qui impliquait une certaine participation du roi dans le choix du nouvel élu, avait été tolérée par les prédécesseurs de Grégoire Vil et le fut même par ce dernier au début de son pontificat '. Mais le conflit était inévitable. Le trafic fait par Philippe I*^'" des bénéfices ecclésiastiques, l'intervention souvent néfaste du roi dans les élections épiscopales, la simonie érigée à la luuileur d'une institution, avaient fait comprendre au pape qu'il ne pouvait combattre utilement les abus qu'en s'attaquant à la puissance qui les favorisait parce qu'elle en proliLail : le roi. Ce faisant, il outrepassait ses pouvoirs et portait atteinte aux droits éminents du souverain et du suzerain sur son clergé, en même temps (pi'à l'indépendance de l'Kglise des Gaules. Philij)pe, (pi'il consitlérait comme déclui de son

1. (if. \)i-\;\\x\ S.iiiil (ir(''(j(tirf VII ri Ut n'' forme de rH(jlisf ;iii Xl'sif'clt, l'ai-is, 1K8'.», 3 vol. iii-S, I. III, cli;i[). xvii.

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