XXIV INTRODUCTION
d'une race par Dieu même, de la sainlelé des victoires militaires comme manifestalion de la faveur divine. A l'entendre, l'origine de la royauté, c'est l'usurpation et le crime K VA il accuse les princes d'être égarés par un amour charnel, lorsqu'ils veulent placer leurs ills sur le trône, bien que d'autres soient meilleurs et plus utiles. Quand il déclare qu'un simple exorciste, et à plus forte raison les prêtres, sont supérieurs en dignité aux rois ;. que ceux-ci sont justiciables du dernier des clercs; que, puisque Dieu a donné à Pierre le pouvoir de lier et de délier, le pape non seulement n'est pas tenu par ses propres engagements, mais encore peut délier les laïques des serments qu'ils ont prêtés ; quand il va jusqu'à revendiquer pour la papauté un droit éminent de suzeraineté sur l'Europe tout entière, on pourrait, s'il n'avait combattu avant tout pour réaliser le royaume de Dieu sur la terre, le considérer comme atteint de la folie des grandeurs. Mais la grandeur qu'il édifiait alors était celle de l'Eglise ; quand il menaçait Philippe P'" de l'excommunication, quand il humiliait l'empereur à Ganossa, quand il réglait comme arbitre les conflits entre les monarques, il pouvait être à bon droit considéré comme le fondateur de la théocratie.
On comprend dès lors comment ce mouvement réformateur, qui, à l'origine, n'avait eu d'autre objet que de purifier l'Eglise, s'est changé en lutte, presque en guerre pour la puissance ; comment ce pape, aidé par des légats tels que Ilugue de Die, se permit de traiter avec le roi non pas sou-
1. '< Quis noscint rej;os oX duces luthiiisso piincipiuni ;il) ims qui, Oi'um igiioi'îuiU's, su|>(M'l)iii, l'iipiiiis, |)(.'ili(lia, lioiniciiliis, posli'cuu) univorsis poone sccleriljus, rnuiuli |)iinc'i|i(', diaholo \ idclici'l, ii>;iliuil(', supt'i' pares, seilioel homiiies, iloiuin.ui cocia cniiidiue iM iid()lei'al)ili praesiimptioiu' all'eetiweriinl? » Leilre à llermaiin, évè(iiie de Mi'lz (Mij^iu", l^ulrol. lui., t. (iXIA'lll, col. îi'JCi), Nous citons ici celles leltrc, bien (pTelle ne se rappoile pas à la
France, ponr l'aii-e comprendre la naliire de Taclion de (iié^oire \'ll
dans ce liioniphe de la lliéocialie.