‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 74 sur 128 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. « De caelero, nolum facio oxceliontiae vesliae Hi'lvaceiisos rlciicos conti-a intoidictum vcslriim et lofi^atorum voslroriun queindain l'ioiiciim iiomiiu^ Slopiiaiuim in cpiscopmn assuinpsisso <> (Ivc (li> (Ihailres, lollro SU, dans les ///s/. </.• /•'/•., I. XV, p. 110 Cf. ci-dcssiis, p. iS.

LES ÉLECTIONS ÉPISCOPALES 7o

des députés) pour faire confirmer son élection par Pascal, tandis que le métropolitain, Manassès, réunit un concile afin de recommander l'élu au Saint-Sièg'e. Cette confirmation est sans doute la consécration. Ici le pape triomphe : il désavoue Etienne et refuse de le reconnaître comme évèque de Beau vais. Par cela même, il rempêclie absolument de devenir évèque. Il a un pouvoir « négatif >» considérable.

Quant au roi, avant l'élection, en ne conférant pas la licenda eligeiidi, il maintient révôché vacant pendant plusieurs mois, afin d'en toucher les régales. Puis, bien qu'on n'en parle pas dans les textes que nous avons étudiés (mais cela est sousentendu), il donne cette licentia eligendi. Enfin, d'après la lettre d'Ive que nous avons citée, il donne l'ordre, disons tout au moins le conseil, de choisir son candidat favori, Etienne. Sur ce point, il triomphe contre le pape. 11 influence probablement le métropolitain (pour recommander l'élu au pape) ; il donne sûrement aussi son assentiment, mais on ne voit pas qu'il confère l'investiture à l'élu. Il ne faudrait pas déduire de là qu'il ne pouvait donner l'investiture avant que l'élu ne fût consacré ; ce qui se passera à Reims, entre 1106 et 1108, prouvera nettement le contraire. Mais le roi n'arrive pas, bien qu'il ait avec lui et le métropolitain et le corps électoral, à faire que son candidat soit évèque de Beauvais. Il est donc vaincu sur ce point, tandis que Pascal triomphe.

Le rôle du métropolitain est étrange. Il pouvait consacrer l'élu, et il ne le fait pas, ce qui fait supposer qu'il avait peur de contrevenir aux volontés du pape, à cette « défense » dont parle Ive ^ Use contente de recommander l'élu au pape en synode provincial, pour donner plus de poids à cette recommandation. Il est battu, en somme.

Le corps électoral a eu le pouvoir de nommer qui il lui plaisait, même contre la défense du pape, même un candidat non idoine ~, même, semble-t-il, sans avoir la majorité •'■, et ce, sans

1. Ou qu'il trouvait l'élection peu canonique, soit ([u'il jugeât qu'Etienne ne remplissait pas les conditions exigées, soit qu'il considérât son élection même comme irrégulière, une minorité seulement ayant volé pour lui.

2. Ive de Chartres, lettre 87, dans les Ilisl. de Fr., t. XV, p. 109

3. Ive, lettre 89, loc. cit., p. 109. Ce n'est pas ce que disent les clercs de Beauvais qui parlent dans leur lettre à Lambert du « cleri popiilique

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(|iu> cette aiajoriU' lui ojjpose un autre candidat. Il semble trioiu- [ilier. Il leeoiumaudi' sou élu au pape, mais saus succès, et liualemeut est hattu, i)uis(|u l*Uieune l'cvieut de Rome sans être évè(|ue.

De [)lus, nous avons assisté, dans ce conflit, à la lutte de deux prélats honorables, disting'ués et de grand poids, Ive de Chartres et Lambert. Ive ne craint pas de lutter contre le corps électoral, contre le roi, contre le métropolitain. Lambert, au contraire, pressé j)ar les électeurs, recommande peut-être Etieime au pape '.

Après ce premier acte, dans lequel nous avons donc vu le pouvoir « actif » du roi, du métropolitain et du corps électoral mis en échec par le pouvoir « négatif » du pape (au début le pouvoir négatif du pape avait été vaincu puisque l'élection avait eu lieu, par le pouvoir actif du roi et du corps électoral), il faut mentionner Lintermède fourni par la nouvelle réunion du corps électoral.

Le pouvoir du pape se manifeste en ordonnant à nouveau la réunion du corps électoral, ordonnant de recommencer Lélection. Or, Cette élection sera fatalement influe n<îée par la volonté du pape, par la décision prise contre Etienne, par le fait même qu'il fait tout recommencer. Le pouvoir du roi, de refuser la licentia eli(/cn(Ii, ne se manifeste pas. Il Tavait donnée déjà, elle devait compter encore. Il ne peut pas s'opposer à une nouvelle élection.

Le pouvoir du métropolitain se manifeste lorsqu'il est régulièrement chargé de faire réunir le corps électoral ^. Il semble ici c[ue l'on se soit passé 'de lui, et que l'ordre du pape ait été immédiat. Enfin, le corps électoral se réunit à nouveau et obéit au pape. Donc, le pape continue à triompher.

Dans le deuxième acte de cette affaire, les rôles sont renver-

continuiiis nssdisus ». (A'ile airirmalion est suspecte, en présence de rattltude d(! Manassès, i)Ouitanl partisan de cet élu, Etienne de (îarlande. Ive de Chartres parlant de k quelques clercs et de ([uelcpies laïcs excommuniés » fait compri'udre (pie des laïcs entraient dans la composition ilu collèi,^e électoral.

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