Voir ci-dessus, p
2. Ainsi, pour une électi(jn ([ui se passe h Cambrai, le pa[>e charf^e Manassès, archevê([ue de Heims et métropolitain de Cambrai, de convoquer le collège électoral. Manassès d'ailleurs semble l'avoir fait d'assez mauvaise grâce, h en croire la lettre 97 d'Ive i\ Lambert (Ilist. de AV., t. XV, i». 113.)
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ses. C'est le pape qui exercera les pouvoirs « actifs » et le roi son pouvoir « négatif », Le pape oblige à procéder à une nouvelle élection et y fait triompher un candidat adverse, <( son » candidat probablement. Puis, malgré le roi, malgré les manœuvres du métropolitain, malgré le serment du roi et du candidat désigné, il le sacre. Mais, tandis qu'il a triomphé sur l'élection même, il est battu sur ce point (comme toutk l'heure le roi), parce que Galon, non investi, n'est pas véritablement évêque de Beauvais et ne le sera jamais. En effet, le pouvoir du roi (pouvoir purement négatif en ces circonstances), se montre en ce qu'il refuse de donner son assentiment {praehere asseiisum) à l'élection de Galon, de l'investir et de le mettre par là en possession des régales de l'évêché et en ce qu'il influe certainement sur la conduite du métropolitain. Et enfin il s'arroge le droit de faire pai'ticiper son fils à un serment, qu'il prête lui-même, « que jamais Galon ne sera évêque de Beauvais ». En somme, il triomphe maintenant, négativement, comme le pape tout à l'heure, vis-à-vis d'Etienne de Garlande •, car effectivement Galonné sera pas plus évêque qu'Etienne. Le métropolitain intervient pour empêcher, par des ruses dilatoires, les électeurs de Galon d'aller chercher justice à Rome et surtout exerce aussi son pouvoir « négatif » en refusant de consacrer l'élu -, ce qui n'a pas d'ailleurs une importance considérable puisque le pape peut le consacrer à défaut du métropolitain, comme on le vit dans cette même affaire. Enfin, le corps électoral, de nouveau scindé, se trouve composé d'une majorité qui élit un candidat et qui, en somme, est battu, puisque son candidat élu ne devient pas son évêque, et d'une minorité bien plus active que la soi-disant majorité du collège électoral, puisqu'elle proteste énergiquement auprès du roi et qu'elle finit par triompher. En effet, l'élu contre lequel elle proteste n'arrive pas à se faire reconnaître effectivement évêque. Donc, échec du pape qui joue ici un rôle actif ; triomphe du roi qui joue un rôle négatif.
Dernière phase de l'affaire. Le pape, le roi et le clergé de Paris
1. C'est par erreur que M. Imbart de La Tour {Les élections épiscopales clans VEglise de France, p. 444) nous montre Philippe triompliant avec Etienne de Garlande.
2. Peut-être refuse-t-il de le consacrer })arce qu'il n'est pas investi : cela corroborerait la thèse que nous soutenons.
7S ciiAi'iim; Il
s'étant cntondus taeitoinont , (lalon est nommé à Paris. Le roi t'ède, « pour faire plalsii- au pape », et consent à cette élection. Le pa})e cède, pour les mêmes raisons, et donne la dispense de translation au métropolitain, puis consacre lui-même Galon. Le métropolitain joue vm rôle passif : il a le pouvoir de faire une translation, mais sur dispense du pape.
En somme, cette histoire nous apprend que ni le roi ni le pape, malgré tous leui's droits et tous les pouvoirs qu'ils s'arrof^ent, ne sont capables d'imposer ni l'un ni l'autre le candidatévêque qui leur convient sans le consentement de l'autre ' ; que chacun, d'autre part, a des pouvoirs suffisants pour empêcher absolument de devenir évêque celui dont il ne veut à aucun prix : ni (ialon, faute d'avoir le pouvoir temporel, ni Etienne de Garlande, faute d'avoir le pouvoir spirituel ne furent évêques de Beau vais.
L'ensendjle des droits et pouvoirs du pape et du roi, tels qu'ils se dég-ajient de cette affaire, est donc : une grande influence pouv faire arriver tel candidat et un ve/o à peu près absolu, par refus de consécration (pape) ou d'investiture (roi). Le pouvoir du métropolitain apparaît surtout comme un pouvoir intermédiaire, qu'il s'agisse de convoquer le collège électoral, de procéder à une translation (sur dispense) de consacrer même. Ce dernier pouvoir, il le partage avec le pape, ce qui rend son refus de consécration sans portée, puisque le pape peut le remplacer alors.
Sur les opérations du collège électoral nous restons mal renseignés faute de prooès-verbaux précis. Etrange est le pouvoir dune minorité dans l'élection d'Etienne, si nous en croyons Ive de Chartres. Etrange le peu de prestige de l'unanimité « du clergé et du peuple », si nous en croyons la lettre par laquelle les clercs de Heauvais sollicitent l'appui de Lambert, évêque d'Arras -. En somme, le corps électoral nomme qui il veut, sans s'in({viiéter de savoir si le candidat remplit les conditions canoni(pies exigées; le même cas se produira à Laon en H06. Ce collège n'est jamais tout-puissant, puisque, élisant le candidat du roi ou le candidat du pape, il ne peut arriver à avoir un é\'ê(pie. Pour ((uil ail le pouvoir de l'air. > devenir vérilablcMuent
1 . M. l.;il);m(l(' Il coiiicsli'- i lii'i\ Urilii/iic, I. LIX, ]>. .527, ii | (|u'il y ;iit eu (liiiis celle niraifc do IUmun iiis coiillil de dtoils ; il n'y a \u ([u'une liille de pouvoirs.