‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 76 sur 128 · oir ci-dessus, |). :2H · texte numérisé non relu

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évêque son éki, il faut qu'il ait avec lui et le pape et le roi, ce qui est nécessairement assez rare. Tout s arraiig-e néanmoins d ordinaire parce que, la plupart du temps, l'un des deux cède, lassé par la lutte '.

Ainsi, les droits du roi et du pape en matière d'élection épiscopale, sont des questions de fait plus que des questions de principe. Tout le monde viole l'ancien droit avant, pendant et après l'élection : le roi abuse de ses prérogatives contre les règ-les canoniques ; le pape lutte, de son coté, pour restreindre les droits royaux. Ils font chacun triompher leur pouvoirc de fait » en entravant l'action de leur adversaire. Ils échouent, et leur pouvoir « théorique » est impuissant contre le pouvoir de fait de l'adversaire.

Lévêclié de Paris.

Au moment même où Galon et son compétiteur Etienne de Garlande se disputaient le siège de Beauvais, l'évêque de Paris Guillaume vint à mourir (1103). Les clercs de cette ville, sous l'influence des archidiacres Boug-rin et Etienne et peut-être sous sous la pression du pouvoir royal, choisirent pour les remplacer le doyen de Paris Foulque, qui avait déjà administré le diocèse pendant un voyage fait par Guillaume en Palestine. Mais cette élection fut vivement combattue dans l'église même de Paris, et la lutte fut encouragée par Ive de Chartres, qui en voulait au nouvel élu d'avoir pris parti contre lui à diverses reprises et notamment dans l'affaire de Païen -.

Dans une lettre qu'il écrivit alors aux archidiacres Bougrin et Etienne, il s'éleva contre cette élection, à laquelle manquaient, disait-il, « le consentement du clergé et du peuple » et tout au moins « l'approbation du métropolitain et des évêques sufîragants » •^. Les partisans de Foulque décidèrent alors de sou-

i. Co qui pouvuit arriver, c'esl <[ue le métropolitain consacrât et que le l'oi investît contre la volonté du pape, qui était dès lors impuissant.

2. (]f. ci-dessus, , p. 70. Foulque avait également pris parti contre Ive en faveur de Ilugue de Puiset. i'A'. Luchaire, Louis VI le Gros, Annales, n» 24.

3. Ive de Chartres, leLlre 138, dans les Hist. de Fr., t. XV, p. 127.

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inetlre lo cas au roi '. 11 prolesta contre celle procédure, reveniliquant le jugement de 1 alVaire pour le métropolitain, qui seul avait le droit d'en connaître -. Le roi voulut sauvegarder les apparences : il convoqua une assemblée d'évêques, à laquelle il ne mancjua même pas d'inviter Ive '. Mais cette convocation même était anticanoni(|ue : ce n'était pas du roi, surtout d'un roi excommunié, mais du seul métropolitain (ju'elle eût dû émaner. Fouhjue naturellement fut confirmé sur son siège épiscopal. Il ressortirait, d autre part, dune lettre écrite alors par Ive à Daimbert, archevêque de Sens ', ([ue celui-ci, afin d'entourer cette affaire d'une plus grande apparence de légalité, aurait luimême ensuite convoqué Ive et que ce serait devant lui que se serait déroulée à nouveau la discussion, absolument superflue d'ailleurs à ce moment. Ive accepta de s'y rendre s'il o])tenait un sauf-conduit et pressa Daimbert de porter de toute façon cette affaire au tribunal du Saint-Siège, le pape étant le seul juge autorisé. 11 ne semble pas que Daimbert se soit rendu à ses exhortations ; le pape n'intervint pas, et le roi put sans difficultés imposer son protégé.

Eleclions régulières.

D'autres élections ne présentent aucune particularité. Malheureusement, nous n'a\;ons pas de récits circonstanciés de ces élections où tout s'est passé « dans les règles ». Aussi est-il d'ordinaire difficile d'en suivre les différentes phases et de savoir à quel moment intervient le pape ou le métropolitain pour donner la consécration à l'élu et le roi pour lui donner l'investiture.

A Chàlons, l'évêque Philippe, mort en 1100, est remplacé par llugue, chanoine de Tulle ', (( grand ami de l'Eglise romaine » ''. Cette élection ne semble avoir provoqué ni conflits ni ditlicultés.

1. Ivi'do C:hai'livs, lellro l.W, dans les llisl. de Fr., I. XV, p. 127.

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