‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 80 sur 128 · Gallia christiana, t. IX, col · texte numérisé non relu

Gallia christiana, t. IX, col

Si ciiAi'iTiii-: Il

tluence pontiHcale, se ilivisa pour Irloclioii de son siiccesseur ' : les uns avaient pour candidat lîaoul le Vert, prévôt de la cathédrale, les autres Gervais, (ils de Hu^ue, comte de Uethel^. Quel(jues-uns même av;ùen( pris ])arti pour Lambert, abbé de Saint-Martin'^; mais Lambert s'étant retiré, la lutte se trouva limitée entre Gervais et Raoul. Le pape favorisait Raoul le Vert : une i)artie importante du cler'ii'é s'associa à ses désirs et élut Raoul. Mais Philippe, (]u'on n'avait même pas consulté sur cette élection, la tint pour nulle, la considéra comme im attentat à ses droits et favorisa dans la mesure de ses forces Gervais de Rethel. Celui-ci, se sentant appujé par l'autorité royale, se lit reconnaître archevêque de Reims par une partie de la population et une fraction assez considérable du clergé et reçut l'investiture du roi. Du moins le voit-on alors entrer en possession des biens, droits et revenus de l'archevêché ''.

Il n'était ni ne fut, naturellement, consacré. Pascal, furieux de A'oir ses ordres à ce point méconnus, menaça le Ville de Reims d'un interdit général si elle ne reconnaissait pas Raoul comme seul archevêque. Pour confirmer sa volonté, il cassa l'élection de Gervais, et sacra Raoul archevêque de Reims au concile de Troyes (UOG)'-.

Il pourrait sembler que cet acte du pape, au cours d'un voyage en France pendant lequel il avait scellé son alliance avec Philippe, aurait été le résultat d'un accord entre les deux pouvoirs. Il n'en était rien. Il semble même que Philippe et Pascal eussent évité d'en parler. Philippe ne faisaitun accord avecle pape que pour le protéger contre l'empereur, mais il prétendait rester libre de gouverner son clergé comme il l'entendait. Le pape, de son côté,

i. Pascal II avail profité de son voyage eu France pour tâcher de détacher du parti de l'empereur Richer, archidiacre de jVerdun, en lui ofTrant de le pourvoir de l'arclievèché de Reims et de le faire consacrer aussitôt par son légat Richard d'Alhano. L'archidiacre Richei-, fidèle à l'empereur, avait refusé et avait obtenu aussitôt de Henri V l'évèché de Verdun en récompense {Gesla epUcoponim Virdunensium, dans les Mon. Germ., Script., t. X, p. 500). Pascal II li- punit en l'excommuniant (Jaffé-Wattenhach, Rpf/psta, n" 6101).

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