‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 81 sur 128 · i.illiii clirisli;in;t, l. 1\, col. SO · texte numérisé non relu

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i. Ou voil ici iicllemcnt la dilTérence entre révè(|ue-élu consacré et l'évècpie-élu investi, Pliilii)i)e, à cpii on n'avait (kMuandé ni l'assiMiliinent ni l'investiture, se considérait à bon (hoit comme lésé et olfensé.

!'). N'oir ci-dessus, p. '17.

tout en demandant aide et conseil au roi, ne voulait jias renoncer à ses prétentions de directeur suprême des églises de France. Mais, par courtoisie d'hùte à hôte, chacun laissait l'autre faire ce qui lui plaisait. C'est ainsi que Philippe laissa, sans même protester, le pape sacrer Raoul en plein concile de Troyes, tandis que, de son côté, il faisait piller le territoire rémois et les domaines ecclésiastiques, pour marquer son autorité, et continuait à soutenir Gervais contre son concurrent i.

Le clergé était loin de s'associer aux désirs du pape. Ce qu'Ive appelle « les plus sages et les plus dignes » ne semble même pas avoir été la majorité. Les autres, ceux qui n'étaient ni sages ni dignes, mais qui s'intitulaient fièrement « les clercs de Reims », écrivaient à ce moment une lettre assez violente à Raoul, étrange factum dans lequel ils lui conseillaient, à lui, l'élu, le consacré du pape, de cesser d'être si cruel, c'est-à-dire de cesser de faire valoir ses droits à l'épiscopat, et, mêlant l'invective à la prière, lui demandaient de céder la place à Gervais de Rethel-. Naturellement, Raoul n'en fît rien.

Cette situation durait depuis deux ans (1106-1108), lorsque Philippe L'' mourut. L'affaire ne devait cependant pas tarder à recevoir une solution. En effet, le pape ayant fini par jeter l'anathème sur la ville de Reims, le roi Louis VI dut être sacré à Orléans 3. Cela donna à songer au clergé de Reims. D'autre part, en Philippe L"", Gervais avait perdu son principal protecteur ; il en était réduit, en cette même année 1108, à venir implorer le pape qui, l'année précédente, avait cassé son élection, en arguant que, Philippe disparu, personne ne le protégeait plus ^. Bien entendu, Pascal n'écouta pas ses plaintes, trop heureux de voir le crédit de l'adversaire tomber de jour en jour. Cependant Louis VI, qui déjà, en 1106, avait soutenu Gervais ■"', ne pouvait se décider, uniquement pour plaire au pape, à le désavouer et à accepter Raoul. Après une série de négociations dans lesquelles nous n'avons pas à entrer, puisqu'elles dépassent les

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