Voir cette lettre dans les Hisl. de Fr., t. XV, p
3. Voir la lettre 189 d'Ive de Chartres, dans les Ilisl. de Fr., t. XV, p. 144-, et cf. Luchaire, Louis VI le Gros, Annales, n" 57.
4. Voir sa lettre au pape dans les Hisl. de Fr., t. XV, p. 42.
;"). Cf. Annales Caniei;icenscs, dans les Mon. Gerni., Script., t. XVI, p. VAi.
S(l ciiAi'iTiii: II
limilos (le notre étude, 11 linit cependant ])ar consentir à reconniiitre ce dernier en exigeant seulement de lui un serment de tîdélité par la main'. Le pape repoussait ce serment qui semblait engager l'indépendance du prélat ^ le roi, de son côté, eût préféré (lervais à lîaoul : chacun, pour le bien et la paix de l'Eglise, lit des concessions. C'était la j)oliti(pie la j)lus sage. L'esprit de conciliation d'Ive de Chartres n'y était pas étranger '.
Ainsi, dans cette afl'aire, nous assistons à un nouveau conflit entre le pape et le roi : une fraction des clercs de Reims a nommé Raoul, mais sans consulter le roi, c'est-à-dire sans lui demander la liront i.'i olif/cndi. Le roi avait donc le droit de protester: il refuse l'investiture. Bien plus, il provoque la nomination (y eutil véritable élection? c'est difficile de le savoir) et soutient les prétentions d'iui autre évé([ue, Gervais, que reconnaît une partie importante du clergé de Reims. Le pape donne la consécration à celui que le roi refuse d'investir et casse la soi-disant élection de Gervais, tandis que le roi, maître du temporel, investit celui que le pape rejette. Ive de Chartres proteste en faveur de l'évèque consacré ; les clercs de Reims protestent en faveur de Févèque investi. Le pape jette l'interdit sur la ville de Reims en signe de mécontentement. La lutte dure deux ans. Après la mort du roi, Gervais sent son crédit décroître et le successeur de Philippe L'" doit consentir à reconnaître le candidat de Pascal, sauf à exiger de lui un serment de fidélité spécial. Le pape triomphe donc, mais avec une humiliation, et le roi ne cède qu'en faisant sentir -sa suprématie. Chacun semblait k la fois céder et l'enq^orter ; la concilation prèchée par Ive de Chartres ramenait la paix dans l'Eglise.
1. CJ'. I^uchaiio, Louis VI le (iras, Annales n"* T»*.) et GO.
2. Ive (le Chartres, lettre 1*.)0, clans les Ilist. de Fr., t. W, p. \U\. :>i. Voir ses lettres 180 et i'JO, lue. cit., p. 144 et 140.