Cf. Paul Violiet, op. cit., t. II, p
3. Cf. Phillips, Kirchcnrecht, t. VIII, |). 350, ol Iliaschius, Dus Kirchcnrccht (Ici- Kutholikcn und Protesluntcn in Deutschlunil, t. II p. !i29 et 540, II. 3 et 4.
LA QUESTION DE l'iN VESTITURE 93
Tandis que Geoffroi de Vendôme et le parti réformiste avancé considéraient l'investiture comme un sacrement et la collation de l'investiture par un laïc comme un sacrilèg-e ', Hugue de Fleury déclarait que, le roi représentant dans le royaume l'image du Père et l'évêque celle du Christ, « les évèques du pays devaient être soumis au roi comme le fils au père » et concluait en disant que le roi (( pouvait donner l'épiscopat à un clerc religieux », c'est-à-dire nommer les évèques ~.
Ive de Chartres concilie tout le monde par sa théorie nouvelle. Il commence par établir -^ que c'est une question toute politique, et non religieuse, qui touche non au dogme, mais au temporel de l'Eglise ; que le mode d'investiture est indifférent ^, puisqu'en la conférant le souverain ne prétend pas conférer un don spirituel, mais simplement mettre l'évêque en possession des biens de son évèché ^
Le pape condamne encore les investitures laïques au concile de Troyes (1107), et l'accord qui se fit peut-être alors entre le pape et le roi'' reposa (sur ce point spécial de l'investiture) sur une double concession : le pape renonça à interdire toute investiture au roi; le roi, de son côté, renonça à investir anniilo et baculo''. La royauté n'en est pas affaiblie pour cela; elle reste maîtresse des régales et du domaine épiscopal et garde une influence considérable sur l'élection.
1. Opusculn, dans Migiie, Pa/z-o/. /,(/., t. CLVIl, col. 216.
2. Ilugue de Fleury, Traclutus de refjiu poteslfite, ^ 3 et 5. éd. Sackui", dans les Mon. (rei-ni., Libelli de Lite, t. II, p. 468 et 472.