‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 17 sur 150 · NATURE DU TERRAIN · texte numérisé non relu

NATURE DU TERRAIN

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Fangeux.

Sec.

Sec, muni de fossés retenant les

eaux de pluie.

Sec, arrosé ù Teau courante.

100 ans.

Les forêts sont essentiellement favorables à la régularisation de riiumidité dans les sols (pi'eUes recouvrent. Elles rafraîchissent les sols arides par le couvert qu'elles leur procurent. Elles assainissent les sols chargés d'un excès d'humidité ; leurs racines Jouent le rôle d'un drainage ; cet efiet se remarque principalement dans les plantations de pins dont la croissance est rapide et le feuillage abondant.

Sous le rapport de Thumidité, les essences forestières manifestent des préférences marquées; il convient donc d'en tenir compte dans les travaux de repeuplement.

19. Les sols préférés des essences forestières.— En France, les grandes essences forestières ne manifestent pas d'exigences bien marquées sous le rapport du choix de la terre végétale. Le châtaignier, le chêne-liège, le pin maritime, sont cependant franchement silicicoles, c'est-à-dire qu'ils ne prospèrent que sur les terres siliceuses. Le pin sylvestre ne manifeste qu'une simple préférence pour les terres de l'espèce.

Los sols calcaires sont recherchés dans le Midi par le pin d'Alep. Le pin noir d'Autriche, introduit depuis peu d'années en France, préfère ces sols et y prospère, comme on peut le voir en Champagne.

Cette indifférence se comprend aisément. Les essences forestières empruntent les éléments essentiels de leur développement à l'acide carbonique de l'air. Le sol ne joue qu'un rôle pour ainsi dire tout physique.

Il n'en est pas de même des plantes herbacées, des céréales, pour lesquelles les éléments chimiques du sol jouent un rôle prédominant dans le phénomène de la nutrition.

20. Acclimatation et naturalisation. — Le climat, comme nous Tavons dit plus haut, est le terme essentiel des conditions d'existence des essences forestières. C'est pour cela gue Vacdimatation en matière forestière n'existe pas, ainsi que l'établit d'ailleurs l'observation. Quant à la naturalisationj elle présente aussi certaines difficultés, et il y a lieu, en pratique, d'être très réservé quand on veut la tenter.

Comme on confond souvent les deux termes d'acclimatation et de naturalisation, il importe ici de bien préciser.

Acclimater ime plante, c'est l'accoutumer à la température et aux influences d'un climat différent de celui auquel son espèce était soumise dans sa patrie naturelle. Il peut arriver que tel végétal entouré des soins de l'homme, sur un sol choisi, cultivé et sarclé, avec des engrais, des arrosements^ des abris, lutte avantageusement contre des influences adverses. La nature de l'espèce peut s'assouplir et devenir à la longue plus rustique. Il peut y avoir acclimatation.

Mais ce cas ne saurait concerner les V('gétaux ligneux forestiers livrés à eux-mêmes. Les espèces sauvages introduites dans un pays nouveau pour eUes s'y développent normalement ou disparaissent à la longue. Les siècles n'y font rien. Ces espèces arrivent d'emblée au degré de naturalisation que comportent leurs exigences particulières et le climat sous lequel elles croissent et se développent.

La naturalisation est l'introduction d'une plante à laquelle sa constitution permet de vivre immédiatement sous le climat de sa nouvelle patrie. Pour que cette introduction soit avantageuse et pratique, il faut que la plante puisse atteindre les dimensions, réaliser les qualités qui ont motivé sa naturalisation.

21. Rares EXEMPLES DE NATURALISATION FORESTIÈRE. — Pour mériter une place parmi les essences forestières naturalisées, le végétal introduit doit être social et propre à croître en massif. De Candolle estime, dans sa Géographie botanique, que bien peu de végétaux parviennent à remplir ces conditions, notamment les plantes ligneuses, surtout les grands arbres.

On constate en eflet que les essences forestières naturalisées se réduisent à deux : le châtaignier, dont la non-spontanéité est seulement probable, son introduction étant fort ancienne, et le robinier y importé de l'Amérique du Nord au xvu« siècle. La naturalisation de cette dernière essence est même contestée par de Candolle, parce qu'elle se propagerait seulement par racines, mais c'est inexact.

10 LA FLORE FORESTIÈRE FRANÇAISE

Le pin d'Autriche a été considéré comme un produit récent de naturalisation. Toutefois son pays d'origine est très rapproché, et la famille à lamelle il appartient est représentée en France par plusieurs espèces spontanées. S'il est très précieux pour reboiser les sols calcaires^ on est loin d'être ûxé sur la q[ualité et les dimensions du bois qu'il est appelé à produire.

Quand on veut repeupler artiûciellement, il convient donc de renoncera raccllmatation des espèces q[ul ne se plaisent pas, dès le début, sous le climat de leur nouvelle patrie. On doit rechercher expérimentalement parmi les végétaux exotiques dignes d'intérêt ceux qui sont susceptibles d*une naturalisation complète. R fout enfin reboiser avec les espèces éprouvées, c'est-à-dire pour le présent, à peu près uniquement avec les espèces indigènes, en tenant compte avant tout des exigences de chacune, quant à la région, au sol, et à l'exposition qui lui sont propres. L'étude de ces espèces et de leurs exigences générales feront l'objet des chapitres suivants.

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