INTRODUCTION OI
des francs et des oentimes, ont imprudemment défriché ces vastes étendues boisées qui couvraient jadis notre pays, et qiri ont fait place leplnssouventà des landes arides etihciiltes. Depuis 1828 jusqu'en 1870, Tautorisation régulière a été donnée pour 452.916 hectares; et il convient d'ajouter à cette étendue une contenance au moins égale pour les bois non soumis à l'autorisation légale, ou dont le défrichement a été fait sans autorisation.
5. Les HEBoistatENTS. — Il est juste cependant d'ajouter que, dans ces dernières années, une réaction heureuse s'est produite en faveur du reboisement. C est ainsi que la statistique forestière de la France, dressée en 1878 par le service forestier^ à Toûcasion de l'exposition universelle, constate que dans la période âécennale écoulée, de 1866 à 1870, il. a été rdbûîfié 212.084 hectares, alors quell2.274hectares seulement ont été défrichés, dans les propriétés non soumises au régime forestier et à la tutelle de l'Etat. Mais il y a lieu d'ajouter que les terrains défrichés ont fait disparaître un capital forestier important, alors que les terrains reboisés ne représentent qu'un capital d'avenir dont une ou deux générations ne pourront {profiter.
d. Les rOBlrrs euikées. —Parmi les forêts encore existantes, combien sont parsemées de vides et de clairières, véritables lacunes improductives qui rompent la continuité des massifs boisés, favorisent l'entrée si ruineuse du bétail, se dessèchent et s'appauvrissent graduellement, par suite de l'état découvert du sot et de la libre %t néfaste influence des agents atmosphériques. Si la main prévoyantedu forestier ne Aient pas combler ces fâcheuses lacunes; celles-^i s'agrandissent sans cesse, et font succéder à deriches et puissantes forôtsdes landes arides et incultes.
C'est là rhistoîre malheureusement trop vraie de beaucoup de régions autrefois prospères, par suite delà richesse et de l'abondance de leurs bois, aujourd'hui pauvres et désolées, avec leurs terrains dénudés, appauvris et sans valeur. L'adage anélen est toujours vrai et toujours actuel : « Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent; »
I \ INTHODUCTION
7. Hesta-ukation i>£ ces fobéts. -* C'est lliomme en effet quî raiiîe les forêts. Sans Teutrave qu'il apporte à la libre expan* sion des forces naturelles, la nature ne vieillirait jamais, ou du moins semblerait ne jamais vieillir; car la nature, suivaai Tordre providentiel qui la régit, rajeunit • au contraire saDs cesse, faisant succéder les générations les unes aux autres dans les deux règnes animal et végétal.
«t La civilisation et ses besoins excusent quelquefois cette action perturbatrice, dit M. de ManteuffeL mais souvent aussi nous la commettons avec nue légèreté coupable,et tôtou tard, fatalement toujours, il arrive un moment où nous devons songer sérieusement à réparer nos erreurs. — Que d'efforts alors pour reconquérir le terrain perdu, et rendre au monde extérieur cette merveilleuse puissance de production spontanée, gravement compromise par notre imprudence!»
«La vérité de cette observation éclate, en sylviculture, dît le même auteur, chaque fois qu'il s'agît de revêtir à nouveau de leur riche manteau de verdure des terrains devenus incultes par le déboisement. »
8. La culture intensive. — Les considérations générales qui précèdent n'ont jamais trouvé une application plus nécessaire que dans le siècle où nous vivons, siècle avide de rapides jouissances et de réalisations fructueuses et immédiates, siècle dans lequel l'accroissement du bien-être paraît la loi suprême, sans souci du lendemain ni inquiétude de l'avenir.
Pour ceux qui voient déplus haut et plus loin, le devoir slmpose de demander au sol boisé, loin de le détruire et de le stériliser, la production la plus rapide, la plus abondante et la mieux appropriée aux conditions économiques du milieu dans lequel nous vivons. Aujourd'hui on doit demander au sol un revenu aussi assuré et aussi élevé que possible. A la culture extensïve des civilisations naissantes et des peuples nomades, on doit substituer de plus en plus la culture intensive, en sylviculture comme en agriculture.
9: Exemple de l'agriculture. —«Si donc par l'achat d'engrais artificiels, le drainage, l'amélioration et le perfectionnement de son bétail, l'agriculteur est en mesure d'accroître le