CHAPITRE VI
Le« matières premières des repeaplemenis. {Suite).
Plants et Pépinières.
1 . Le plant forestier. — 2. Les racines. — 3. Hautes et basses tiges. — 4. Les plants pris en forêt. — 5. Nécessité des pépinières. — 6. Origine récente des pépinières. Inconvénients des plants du commerce. — 7. Emplacement des pépinières. — 8. Sol des pépinières. Inconvénients d*un sol médiocre.- — 9. Cas d'un sol très riche. — JO. Le meilleur sol. — 11. Deux cas à considérer. — 12. Le sous-sol. — 13. Altitude, pente et exposition. — 14. Etendue. — 15. Forme et division. — 16. Clôtures. — 17. Nivellement général. — 18. Défoncement du sol. — 19. Dépense du défoncement. — 20. Bêchage ou labour. — 21. Dépensé des labours. — 22. Confection du terreau. — 23. Fosses à terreau et à fumier. — 24. Devis de terreaux spéciaux. — 25. Les engrais en général. — 26. Les engrais chimiques. Expériences faites en Allemagne. Tableau n« 4.-~ 27. Expériences
faites en France. — 28. Quantité de terreau à confectionner. — 29. Cultures agricoles. — 30. Plates-bandes et sentiers. — 31. Sillons et rigoles. — 32. Avantages des sillons. — 33. La planche à semis, !«' modèle. — 34. La planche à semis. 2" modèle. — 35. Les châssis à semis, — 36. Profondeur des rigoles. Tableau n» 5. — 37. Epoque du semis en pépinière.
— 38. Semis tardifs. Moyens de les faire prospérer. — 39. Quantités de semences à employer. — 40. Le répandage de la graine. — 41. Recouvrement des graines. — 42. Abris. — 43. Précautions pour le sapin et le hêtre. — 44. Entretien superficiel du sol. — 45. Couverture d'hiver. — 46. Le déchaussement. — 47. Les arrosements. — 48. L'irrigation. —49. Le drainage. —50. Les binages. — 51. Les sarclages. — 52. La chasse aux animaux: nuisibles. — 53. Le ver blanc. — 54. Les jeunes plants d'un an.
— 55. Recépage du pivot. — 56. Suppression du pivot naissant. — 57. Lit artificiel, 1«' procédé. —58. La mutilation de laplumule, 2« procédé. — 59. Emploi, des cupules de faînes. — 60. Utilité du repiquage.— '61. Durée du repiquage. — 62. Extraction des plants à repiquer. — 63. Taille des plants. — 64. Précautions à prendre. — 65. Détails de l'opération. — 66, Les repiqueuses. — 67. — Soins à donner aux plants repiqués. — 68. L'élagage. — 69. Le recépage. — 70. Extraction et préparation des plants repiqués. — 71. Du transport des plants. — 72. Disposition en lits.
— 73. Bottelagedes plants. —74. Chargement et transport. — 75. Emploi des caisses. — 76. Emploi des corbeilles. — 77* Précautions à prendre à l'arrivée. — 78. Les pépinières volantes. — 79. Avantages de ce système.
— 80. Utilité des détails pratiques. —
1. Le plant forestier. — Dans la langue forestière, l'arbre en miniature porte la nom de jeune plant. C'est la matière première de toute plantation.
Pour assurer à une plantation toute chance de reprise, un plant, quel que soit son âge, doit présenter des racines nombreuses, fraîches, intactes.
Pour les très jeunes plants, dits basses tiges, la forme delà tige est à peu près indifférente. Les plants de haute tige doivent avoir une forme droite, une grosseur en l'apport avec leur hauteur; autrement le plant ne peut se soutenir ni résister aux intempéries. Enfin la ramification doit être suffisamment développée dans les hautes tiges, et présenter les apparences d'une bonne végétation.
2. Les racines. — Les racines jouent un rôle prépondérant dans la vie des jeunes plants; il importe donc qu'elles soient constituées dans les meilleures conditions possibles.
Les racines des arbres sont rameuses, c'est-à-dire qu'elles se subdivisent en branches ou rameaux. Les paxties tenues et grêles de ces rameaux portent le nom de chevelu. L'axe de la racine porte celui de pivot.
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Sous le rapport de la direction, la racine est pivotante si elle s'enfonce verticalement en terre; elle est traçante si elle jette des rameaux latéraux horizontaux ou éloignés de la verticale. Les diverses essences forestières présentent à ce sujet des caractères spéciaux. Ainsi le chêne est pivotant, le hêtre, le pin sonttraçants. Mais ces caractères se modifient suivant la compacité et la profondeur du sol.
Le collet de la racine est le point qui sépare celle-ci de la tige. C'est jusqu'à ce point que le jeune plant doit être mis en terre.
3. Hautes et basses tiges. — Il est hien reconnu aujourd'hui en sylviculture que les plants transplantés reprennent d'autant mieux qu'ils sont plus jeunes. Aussi n'emploie-t-on les plants d'un mètre de hauteur et au-dessus que dans des cas exceptionnels. Les ftais seraient d'ailleurs considérables s'il s'agissait d'employer des hautes tiges sur de vastes surfaces. Les chances de succès seraient aussi plus aléatoires, car l'extraction d'un plant un peu grand cause toujours du dommage aux racines, quelque soin qu'on prenne dans cette extraction.
Aussi est-il convenable d'employer des sujets d'un an, deux ans, trois ans au plus, pour presque toutes les essences. Cette règle est surtout essentieUe pour les résineux.
Les pins à un an (alep, maritime, pinier) ou deux ans (sylvestre, d'Autriche, à crochets),le mélèze à deux ans, l'épicéa à trois ans, les chênes et les hêtres à deux ans et trois ans, peuvent être plantés si, à ces âges, les jeunes plants sont vigoureux et bien conformés.
4. Les plants pris en forêt. — On comprend que les qualités exigées pour un jeune plant se rencontrent difficilement chez les jeunes semis naturels des forêts, surtout quand ils ont crû en masses serrées. Ces plants ne sont pas assez garnis de racines, et ces racines se trouvent souvent mutilées par suite de l'effort qu'il faut exercer pour les arracher aune terre compacte. Il n'y a guère que les jeunes planta de bois blancs, tels que ceux de bouleau, de peuplier tremble, de saule marceau, que l'on puisse prendre dans les bofe pour en faire des plantations en massif. Quant aux plants de chêne, de hêtre, et surtout de résineux, ils ne s'obtiennent bien qu'en pépinière. Toutefois on peut, à défaut de graines, extraire des plants en forêt et les transplanter en pépinière pour leur donner des soins particuliers, avant de les employer à titre définitif.
Si les basses tiges prises en forêt réussissent mal dans les
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sol frais, perméable, présentant à la surface nne épaôsse couche de terre régétale entremêlée d'une ^antité suffisante d'éléments minéraux, est le meilleur pour une pépinière. Un sol léger sera préférable à un sol compact, parce qu'il' conviendra mieux pour la levée des graines, et parce qm- les jeunes plants y formeront plus de chevelu.
Il est rare que toutes* ces conditions se trouvent réunies. On doit alors suppléer par des moyens arttiflcicls aux qualités qui manquent, mais il en résulte toujours un surcroit de dépensfis. On comprend donc qu'A y a intérêt, au point de vue économique, à rechercher un sol qui possède naturellement le plus grand, nooibre de ces qualités dont on profite alors gratuitement.
11. Deux cas a considérer. —Nous avons dit que pour les semis H y a avantage à choisir une terre légère et très divisée. Pour une plantation en pépinière, c'est-à-dire pour un repiquement (voir §§ 4 et 60, présent chapitre), U est préférable de l'effectuer dans une terre ftertile composée d'éléments argileux,, siliceux et même calcaires en proportions convenables. Cette terre retient mieux la fraîcheur et répartit plus également les éléments nutritifs qu'elle contient.
Aussi, lorsqu'on a à reboiser des surfaces étendues, les praticiens conseillent-ils d'avoir deux pépinières : Tune, en terre légère pour la levée des graines, l'autre, en terre plus forte, pour Téducation des plants venus de semis dans la première : toutes les deux d'ailleurs offrant une fertilité convenable.
12. Le sous-sol. — Il y a intérêt à reconnaître par des sondages quelle est la nature du sous-sol et la profondeur à laquelle û se trouve. La meilleure solution est celle d'un sous-sol perméaJble, placé au moins à 60-80 centimètres de profondeur. ^ on est obligé d'utiliser un sous-sol imperméable, on devra pratiquer un drainage souterrain, dont il sera parlé plus loin ( §49).
Si le sous-sol est très perméable, et si le sol est léger, les infll» trations seront rapides ; si en outre le climat est sec, on pourra redouter les effets de la sécheresse. Dans ce cas, une source, un ruisseau dans le voisinage de la pépinière seront souvem d'un grand secours pour Tarrosage.
13. ALTrruDE, peîîtb et EXPOsmoN. — Sur un terrain en pente les labours et sarclages nécessités par le premier établissement d'une pépinière auraient pour effet d'ameublir le sol au point de rendre dangereux les ravinements causés par la pluie ou la fonte
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de» neiges, et de favoriser d*une manière nuisible Tévaporation des principes nourriciers gazeux. L'emplacement à adopter devra donc être horizontal ou à peu près, et tout au moins en pente douce.
Si pente il y a, elle devra être exposée au nord, s'il s'agit d'essences délicates (sapin, épicéa, hêtre). Les expositions de Test et du midi devront être rejetées pour ces essences, la première à cause du froid, la seconde à cause de la sécheresse.
On doit éviter les grandes altitudes, comme les vallées profondes, étroites, humides ; dans ces dernières les gelées seraient trop à redouter.
On évitera ces gelées en choisissant l'exposition de Test dans la région moyenne de la France, le sud-est dans les cUmats un peu froids, le nord-est dans les climatsunpeu chauds. Une trop grande précocité dans la pousse du printemps et un trop grand prolongement de la végétation à l'automne ne seront plus alors à redouter.
Si, dans la région, des vents trop froids du nord ou des vents trop impétueux de l'ouest sont à craindre, il sera avantageux de créer un abri au moyen de quelques rangées de thuyas ou autres arbres verts de haute tige. Mais cet abri ne devra pas être trop exagéré sous peine de favoriser les gelées.
On le voit, le climat local, les vents dominants do la contrée, fourniront sur ces divers points des indication sûres dont on devra tenir compte dans chaque cas particuUer.
14. ÉTENDUE. — L'étendue de la pépini^e doit être calculée de manière à servir d'une manière continue lesbesoins en vue desquels elle a été établie. Les cas à considérer pour l'application de ce principe étant très nombreux, nous nous bornerons à. faire une hypothèse simple, en indiquant la marche à suivre pour arriver à la solution du problème.
On se propose de reboiser, en dix ans, cent hectares de vides^ au moyen de plantations de sujets de trois ans, à raison de 10.000 par hectare. La pépinière devra fournir chaque année cent mille plants de trois ans àprendre sur le tiers del'étendue cultivée, puis* que les deux autres tiers seront occupés par des plants de deux ans et d'un an.
Si on suppose que les plants sont espacés à m. 10 entons sens, il y en a cent au mètre carré, dix mille à l'are, et cent mille par 10 ares. La contenance culUvée sera donc de 10 ares ; il sera prudent de porter cette étendue à 12 ares, afin d'assurer une réserve pour les remplacements de plants manques. Les chemins, les allées, les sentiers, comptant pour environ un quart dans la contenance to-
taie de la pépinière, celle-ci devra avoir une étendue de 48 ares. Généralement le nombre des plants est plus considérable. On peut compter sur 150 à 600 par mètre carré, suivant les essences et TAge.
15. Forme et divisions. — La forme la plus régulière (rectangle, trapèze,) est la plus avantageuse, car elle facilite une bonne division de l'intérieur de la pépinière, et exige une clôture moins développée que si le périmètre était irrégulier et sinueux.
Le terrain est partagé ensuite en un certain nombre de grandes divisions au moyen de chemins de 2 m. 50 à 3 m. de largeur, permettant aux charrettes de circuler en tous sens.
Ces divisions peuvent donner lieu elles-mêmes à des subdivisions séparatives limitées par des allées de 1 m. de largeur et permettant la circulation des brouettes. Ces allées doivent tomber à angle droit sur les chemins charretiers.
Il sera bon de ménager autour de la pépinière, en dehors de la clôture, un chemin de ronde de 3 m. de largeur. Sur ce chemin pourront circuler les voitures apportant les engrais, emportant les plants ou les herbes extraites de Tintérieur. Ce chemin aura aussi pour avantage dlsoler la pépinière contre renvahissemeiit des accrus, et lui assurera d'excellentes conditions d'aération.
16. Clôtures. — La clôture peut être soit un fossé, soit une haie vive, soit un mur, soit un palis, soit un treillage.
Un fossé sera avantageux pour Técoulement des eaux, si le terrain est trop humide.
Le treillage à claire vole parait être le meilleur système de clôture ; Tair n'est pas Intercepté comme avec les murs, les haies, les palis en planches larges et rapprochées. Le prix de ce genre de clôture est très variable, suivant l'espèce employée, et suivant l'espacement des échalas. Leur écartement ne doit pas dépasser 25 millimètres, lorsque les lapins fréquentent le terrsdn. Ce genre de clôture doit d'ailleurs être assez solide pour résister aux attaques du bétail ou du gros gibier, et assez élevé pour arrêter les personnes malintentionnées qui voudraient pénétrer dans la pépinière pour voler des plants.
Les clôtures en treillis de fll de fer galvanisé à mailles plus ou moins écartées, suivant les besoins, sont maintenant fort répandues en France. Il est facile, en s'adressant aux nombreux commerçants qui tiennent cet article à Paris et en province, de dresser le devis détaillé de la dépense.
17. Nivellement général. — Quand remplacement d'une pépinière nécessite certains mouvements de terre, on doit rassembler en tas la couche arable des parties qui doivent subir un remblai ou un déblai. Les mouvements de terre sont faits ensuite, et on étend uniformément sur les parties nivelées la couche superficielle amoncelée en tas. A défaut de ces précautions, la surface de la pépinière serait occupée par les terres peu fertiles du sous-sol, et on serait obligé de recourir à d'abondants engrais et amendements pour lui rendre la fertilité convenable. Quant aux chemins et allées, on procède à leur nivellement de façon à rendre inoflFensif, d'une part, Técoulement des grandes eaux pluviale^, d'autre part, à permettre l'irrigation facile des carrés circonscrits par ces chemins.
18. DÉFONCEMENT DU SOL. — Lc défoucemeut des carrés d'une pépinière a pour but de rendre la terre plus perméable aux racines des jeunes plants, à l'âir, aux pluies, au soleil, et d'assurer ainsi le succès des semis ou des plantations. 11 serait toutefois dangereux de planter ou semer sur im sol récemment défoncé, parce que la terre trop meuble ne retient pas l'eau, et qu'elle présente des interstices où les racines se dessèchent^ notamment dans les sols siliceux ou calcaires trop légers. On doit donc défoncer le sol avant l'hiver, afin que les pluies de cette saison raffermissent les terres.
La profondeur du défoncement varie de 35 à 60 centimètres suivant la nature du sol. On étend au préalable une bonne couche de fumier sur la surface du sol à défoncer; et on opère a la bêche, à la houe ou à la pioche, suivant la compacité du terrain.
Dans le défoncement, il faut que l'ouvrier ouvre une jauge de 1 mètre de largeur et (pi'il lui conserve constamment cette largeur entre le point où il travaille et celui où il jette la terre. Dans cette opération, on divise et mélange les terres, de telle manière que la partie superficielle devient la partie profonde, et vice versa. On retire, au fur et à mesure qu'elles se présentent, les pierres trop grosses ou les racines.
19. DÉPENSE DU DÉFONCEMENT. — En prouaut un terrain de difficulté moyenne défoncé à une profondeur de 35 centimètres, on peut évaluer comme il suit la dépense de défoncement par are, fumier compris :
Fourniture et transport de m. c. 5 de fumier à 9 fr. le m. cube . 4 fr. 50o. Répandage dn fumier, f^ de journée d'homme à 2 fr. l'un .... 40 Défoncement, 3 journées d'homme à 2 f r 6 »
Total 10fr.90c.
86 LES MATIÈRES PREMIÈRES BBS REPEUPLEMENTS
20. BÊCHAGE OU LABOUR. — Il gérait imprudent de dMser le sol outre mesure. U est préférable, au contraiH*e, de laisser la terre à rétat brut, afin que les gelées, les pluies, Tair puissezut facilement déliter, fertiliser et aérer la masse. Au printemps, avant de procéder au semis, en procède à un simple bêchage ou labour qui ne doit pénétrer qu'à la moitié de la profondeur du défoocement. Si on retournait, en effet, «ntièrement la partie défoncée avant Tbiver, on ramènerait à la surface les gazon ^dacés au fond alors ^e leur décômposiAioQ ne serait pas enoore assez avancée. Le lit du fond, composé de la partie du sol qui se trouvait à la surface avant le défoncement, renferme des éléments de fertilité que les racines des jeunes plants rechercheront bientôt et dont elles profiteront promptement. Il y aurait imprudence à ramener au contact de l'air une couche disposée à reverdir et à produire une recrudescence de végétation. Au bout de deux ou trois aus, im labour plus profond peut être pratiqué sans îneonvénient, parce que la couche de terre placée au fond de la jauge et mélangée de gazons et autres éléments végétaux est alors complètement transformée en terreau. — Un coup de râteau suit le bêchage ou labour.
21. DEPENSE DES LABOURS. — Ou pcut cstimcr, comme il suit, le prix moyen du bêchage ou labour qui suit le défoncement, par are :
Une journée d*homme a2 fr 2fr. » J «/. ..^^
• J 2fr*40c.
Katissage et nivellement, —de journée à 2 fr. ... 40 c. ^
Ce qui donne pour le prix total de première préparation du terrain d*une pépinière, par are, 10 fr. 90 -|-2fr.40 = 13 fr. 30 c.
22. Confection du terreau. — Dès la création d'une pépinière, il est indispensable de préparer le terreau destiné à entretenir la fertilité du sol. On recueille dans ce but toutes les mottes de gazon difficiles à désagréger, les herbes, feuilles, mousses, qui se trouvent dans la pépinière ou dans le voisinage; on y ajoute les l»roduits du curage des fossés, du nettoyage des chemins, etc. Les feuilles de hêtre mélangées^ par parties égales, avec des feuilles de bois résineux, fournissent une des meilleures qualités de terreau» Les feuilles qui se décomposent le plus rapidement sont celles des frêne, érahle, orme, saule, peuplier, aune, robinier.
Pour activer la formation du terreau, on doit ajouter au mélange des matières indiquées ci-dessus un volume égal de fumier de vache et cheval (de vache pour les sols légers, de cheval pour
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les terres argilensea, et un mélange pour uu sol de 'Consistance moyenne).
On forme avec tontes oes matlôres des lits alternatifs de fumier et de détritus de forêt ; les couclies ont 10-15 centimètres d'épaisseur. Les tas ainsi formés doivent être longs, assez étroits, et présenter une hauteur de 1 m.-l m. 30 environ.
Deux fois par an, au printemps et en automne, on les retourne et, dans lee temps de sécheresse prolongée, on les arrose. Les gazons sont d'ordinaire entièrement décomposés au hout d'un an, mais îl faut trois et quatre ans aux feuilles pour être complètement réduites en terre.
Les composts sont établis sur des places ombragées, abritées du midi, mais non recouvertes, aûn gue les influences atmosphériques y aient un libre accès. Ces places doivent d'ailleurs être réparties de manière à mettre le terreau à la distance la plus courte du point où il doit être employé.
23. FossBS A TERREAU ^BT A FUMiBE. — Uue bonuo pratique à recommander est celle des fosses à parois maçonnées destinées à recevoir le terreau ou le fumier. Ces fosses sont mises à l'abri de la pluie et construites de telle manière que les eaux extérieures ne puissent s'y infiltrer. Il y aurait, en eflet, inconvénient à avoir un terreau trop arrosé; -les eaux surabondantes entraîneraient dans le sol les éléments nutritifs et le terreau serait appauvri.
24. Devis de terreaux spéciaux. — Il peut arriver qu'on soit dans l'impossibilité de composer le terreau indiqué ci-dessus. Nous donnons ci-après une recette spéciale d'un terreau formé de 3/4 de fumier et 1/4 de sable, qu'on peut employer au bout d'un an de stratification :
Transport de 3 m. c. de fumier et 1 m. c. de sable à 2 kilom.,
1 journée de tombereau à un collier 6 fr. »
Valeur du fumier, 3 m. c.à 9 fr. l'un 27 »
Valeur du sable, 1 m. c. à 1 fr. l'un 1 »
Mise en fosse des 4 m. c, par lits de 15 cent, de fumier,
et 5 cent, de sable : 1, 2 journée d'homme à 2 fr l'une.,. 2 40
Total pour 4 mètres cubes de terreau. . . 36 43 Soit pour 1 mètre cube en fosse ,. 9 10
En admettant l'emploi de 0. 6 dejoumée à 2 fr. pour le passage à la claie d'un mètre cube de terreau, on obtient le diififre de lOfr. 30 c. pour la valeur du mètre cube de terrear prêt à être uti • lise.
25. Les engrais en général. — Afin d'épuiser la question des engrais, nous donnerons encore quelc[ues renseignements sur les divers moyens qu'on peut employer pour entretenir la fertilité du sol des pépinières. Dans un sol compact et froid, on aura intérêt à brûler les mauvaises herbes et à les mêler au terreau, à l'état de cendres; ou bien on introduira de la chaux, du guano, des engrais chimiques en mélange avec le terreau. L'industrie des engrais a pris depuis quelques années une grande importance: il importe donc au pépiniériste intelligent de ne pas rester étranger aux ressources qu*il peut tirer de l'emploi des engrais chimiques dont nous dirons quelques mots.
26. Les engrais cunnQL^s. Expériences faites en Allemagne. — Les engrais chimiques ne doivent pas être recommandés pour un emploi en grand danâ les pépinières forestières où l'on ne doit pas trop forcer la nature, en prévision de la destination définitive donnée aux jeunes plants (§ 9). Cependant ces engrais peuvent rendre dans certains cas d'utiles services.
TABLEAU No 4.