‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 6 sur 150 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

Pour un placement à très long terme devant reproduire vingt fois le capital, il faut 101, 76, 61 années, suivant que le taux est de 3, 4, ou 5 p. 100.

24. Le capital engagé, le fonds de terre. — Le capital engagé comprend deux termes : 1° la valeur du fonds déterre; 2 **les frais de repeuplement.

La valeur du fonds de terre est toujours très minime, sinon nulle. Que peut valoir, comme matière vénale, une terre aride, desséchée, garnie de quelques bruyères ou d'un gazon maigre et court,qui n'a rien rapporté depuis longtemps. On citeen Bretagne des terres vagues qui sont vendues au prix de 5 francs rhectare. En Champagne, il y a trente ans» les terres de l'espèce se vendaient au prix dérisoire de 4 francs ; aujourd'hui, onpeutencore acheterdes hectares à raison de 10,20,30 francs; dans les environs d'Arcis sur-Aube, le prix d'achat des mauvais sols ne dépasse pas 100 francs. — Nous déclarons, quant à nous, qu'un vide de quelques ares, enclavé dans une forêt,est absolument sans valeur vénale quelconque. Cette valeur est égale à zéro.

25. Le capital engagé. Les frais de repeuplement. — Les frais de repeuplement comprennent : 1** la préparation du sol; 2° le prix des graines ou des jeunes plants employés; S^'la mise en place de ces graines ou de ces plants; 4° les frais d'entretien et de regarni du repeuplement; 5° les frais divers, assurance, garde, impôts supplémentaires, etc.

L'examen de toutes ces questions sera fait dans les divers chapitres de cet Essai. Il nous suffira de dire ici qu'il importe de procéder avec économie, mais avec une économie bien entendue, et non pas avec parcimonie. Les repeuplements faits à trop bon marché sont les plus chers: s'ils ne réussissentpas. ils sont ruineux. On a perdu en même temps sa peine et son argent.

Si nous avons parlé des frais de garde et d'impôt , ce n'est pour ainsi dire que pour mémoire. La garde d'un bois garni de vides et de clairières coûte sensiblement le même prix, avant et après le reboisement de ces taches incultes. Quant k l'impôt, il n'est pas à craindre de le voir augmenter, tout au

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contraire; car d'après Tarticle 226 du Gode forestier, les semis ^ et plantations de bois sur les terres dénudées sont exempts de tout impôt pendant trente ans.

26. Durée D'ENGAGEatENT du capital. -^La durée d'engagement du capital varie avec l'essence employée, la nature du sol, le but que se propose le propriétaire forestier. S'il s'agit de créer un taillis à la révolution de vingt ans par exemple, en vue de raccorder un terrain vide avec le bois environnant qui sera exploité dans vingt années, la durée d'engn^^nent du capital se trouve établie par cette condition même. Veut-on au contraire constituer une futaie résineuse dont l'exploitation sera la plus avantageuse à l'âge de cinquante ans, d'après l'expérience acquise dans la localité, le terme de cinquante ans doit être adopté pour la durée d'engagement du capital. Le plus souvent, cette durée reste indéterminée à l'origine, en raison des conditions culturalesetéconomiques auxquelles est subor^ donnée l'exploitation d'un peuplement en bois, condition que des prévisions à longue échéance ne permettent pas généralement de préciser.

27. Revenu, et état pu capital. — Lors de l'exploitation, le revenu est donné parle prix vénal des bois sur pied. Il faut ajouter à ce revenu réalisé lors de la coupe principale, les revenus partiels réalisés antérieurement lors des coupes intermédiaires (élagages, éclalrcies, nettoiements), ces revenus partiels étant augmentés de leurs intérêts composés depuislejour où ils ont été réalisés jusqu'à celui de l'exploitation principale. Il faut encore tenir compte des produits accessoires réalisés dans le même intervalle, exemple: récolte de graines, éboungeonnement des résineux, plus-value delà chasse, etc.

Pour avoir l'état complet du capital lors de l'exploitation, il faut ajouter aux produits qui précèdent la valeur capitale nouvelle du terrain. S'ils s'agit d'un taillis, il reste après l'exploitation non seulement le sol nu, amélioré par une épaisse couche de feuilles mortes,maîs encore rensouchement,c'est-à;dire un élément de reproduction spontanée du taillis, sans frais nouveaux de repeuplement. S'il s'agit d'une pineraie, le terrain peut s'être repeuplé naturellement; le semis naturel

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constitue alors, comme Tensouchement, Télément de reproduction de la forôt sans nouveaux déboursés. Si dans la pineraie exploitée on est obligé de repeupler artificiellement le terrain, il y a lieu de n'estimer que le terrain nu amélioré et fertilisé par le terreau forestier.

28. Tavx se placement. — Le taux de placement varie avec les trois éléments analysés précédemment.

Il est d'autant plus élevé que le capital engagé est moindre, à égaUtë de rendement à Texpiration d'une révolution donnée. La très minime valeur du fonds, valeur souvent nulle, contribue donc à élever ce taux, et cette condition montre tout l'avantage que le sylviculteur peut avoir à reboiser les terres pauvres, incultes et sansvaleur, sur lesquelles les résineux prospèrent et se développent activement. Il n'en est plus de môme quand il s'agit de terres très fertiles, d'une valeur vénale de 1.000 et 2.000 francs par hectare ; le jeu des intérêts composés élève tellement leur valeur capitale qu'il devient impossible, au bout de quelques années, après même cinquante et cent ans, de réaliser la superficie à un taux même très minime.

Les frais de repeuplement élevés, soit 500 à 600 francs par hectare, contribuent également à abaisser le taux de placement. Il convient donc, par un choix judicieux de procédés et d'essences, de réduire ces frais au strict nécessaire, en se conformant aux indications données § 25 et à donner plus loin.

Quant à la durée de la révolution et au revenu, ils sont commandés par diverses conditions (§^26, 27 ) auxquelles il est nécessaire de se soumettre : bonne croissance du bois, exploitabilité la plus avantageuse, choix des années les plus favobles pour la vente, produits les plus recherchés à retirer de la coupe, etc., etc.

29. Le taux moyen des ruLGEMBJsrs fonciers. *- Les bons placements en terre dépassent rarement 4 p. 100. La plupart se comptent à 3 p. 100 ; même h ce taux la propriété foncière est recherchée, en raison des avantages de sûreté et de solidité que ce genre de propriété présente. Elle trouve acquéreurs même à 2 1/2 p. 100.

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