La MUTILATION DE LA PLUMULE, 2« PROCÉDÉ. — « NotrC SO
cond procédé est basé sur ce fait que le travail de la racine et celui de la tige s'opèrent indépendamment l'un de l'autre. Le développement de la racine se produit le premier, par l'allongement du pivot et la formation de quelques radicelles ; mais bientôt, sous l'influence de la sève qui monte avec une force et une abondance considérables, la plumule se développe à son tour et, à partir de ce moment, le travail souterrain semble se ralentir sensiblement. On conclut de cette observation que si, par un artifice quelconque, on parvenait à prolonger, dans une certaine mesure, la durée du travail souterrain, on pourrait probablement obtenir un plus grand développement de radicelles, sans que, cependant, la nature morphologique de ces organes fût modifiée.
« Pour prolonger la durée de la première phase de la végétation souterraine, nous avons simplement pincé laplumule dans les cinq ou six premiers jours de son développement, et nos prévisions se sont trouvées complètement confirmées par les résultats de l'expérience. »
106 LES MATIÈRES PBBBOÈRBS DES REPEUPLEMENTS
Par rapplicatlon de ce système, M. Levret supprime les sarclages, les binageSyles repiquements, et diminue le^ frais d'abri et d'aiTOsage.
59. Emploi DES CUPULES DE FAINES. —Dans la forêt de Villers- Cotterets (Aisne), on utilise les cupules des faines dans les pépinières. Ces cupules sont répandues sur le terrain où a eu lieu le semis, et les radicelles s'y développent et se ramifient avec une abondance extrême. Les plantations faites avec les sujets élevés dans ces conditions réussissent toujours.
Les cupules jouent ici le rôle des pierres cassées, elles maintiennent les racines au contact de l'air et favorisent le développement des radicelles et du chevelu.
60. Utilité du repiquage. — Les jeunes plants d'un an, quand ils ne peuvent être utilisés de suite, sont généralement dans des conditions défavorables pour être élevés plus longtemps sur le même point. Il y a toutefois à faire ici une distinction entre le résineux et les feuillus.
Il n'y a pas avantage en général, en montagne, à employer des résineux préalablement repiqués en pépinière. L'épicéa fait ex* ceptîon dans certains cas spéciaux.
En ce qui concerne les feuillus, il n'en est plus de même. Leur destination, leur mode de plantation, nécessitent l'emploi de plants d'une certaine taille, d'ime, reprise facile, de racines abondantes, toutes conditions que le repiquage, leur procure en peu de temps.
Le repiquage est une transplantation dans la pépinière même. On le fait au printemps, aiin de ne pas exposer les jeunes sujets à être soulevés bors déterre par l'effet, de la gelée. Ce terme, cependant, n'a rien d'absolu.
Pour le chêne, le hêtre, le frêne, certains praticiens attendent que les jeunes plants aient deux ans, prétendant qu'on juge mieux alors delà vitalité et de la vigueur des plants extraits. Les plants repiqués peuvent rester en place un an, deux ans et même trois ans.
61. DuKBB DU REPIQUAGE. — Les plants replqués d'un an sont des basses tiges ; ceux de deux ans sont des tiges moyennes; ceux de trois 'ans et plus sont des grandes tiges.
Pour les basses tiges, l'écartement des lignes sera de 25-30 cent, et l'espacement des plants dans les lignes de 10-'20 cent.
Pour les moyennes tiges, récartement devra être porté à 30* 40 cent., et l'espacement à 20-25.
Pour les hantestiges, on portera ces chiffres à 50 cent, au moins pourrécartemeat, et à 40 au moins pour l'espacement.
On comprend que dans ces conditions les plants peuvent étendre librement leurs racines et développer leur chevelu. Ils peuvent aussi recevoir des soins individuels plus suivis et plus faciles jusqu'au moment de leur transplantation définitive.
62. Extraction des plants a repiquer. — Pour extraire les plants à repiquer, on ouvre une petite tranchée parallèle au sillon, et on y renverse les plants au moyen d'une bêche enfoncée du côté opposé. Les plants sont arrachés délicatement et secoués légèrement. S'il s'agit de résineux, on les découpe en planches et on les enlève comme des mottes de gazon ; on les isole un à un au moment du repiquage.
Tous les brins dtiétifs sont mis de côté. On trie ceux qui sont de même hauteur et de même force, afin de les repiquer ensemble; à cet efTet, on en forme des paquets spéciaux suivant leur grosseur, en séparant les plus gros, les moyens et les plus petits; ces plants sont assemblés avec ordre, racines contre racines, et tiges contre tiges.
Le triage des plants est très important, afin de ne repiquer ensemble que des plants de même force, et aussi d'éviter que les plus forts n'étouffent les plus faibles. De cette manière, on trouvera groupés, lors de l'emploi définitif des plants, des sujets de taille et de vigueur sensiblement égales.
63. Taille des plants. — Les racines des plants extraits doivent être soigneusement visitées. On retranche au sécateur ou à la serpe les racines brisées ou endommagées. Le pivot trop développé, les racines latérales trop grosses ou démesurément longues, doivent être raccourcies. Cette opération délicate doit être faite avec précaution et au moyen d'instruments bien tranchants; le chevelu et les radicelles doivent être soigneusement respectés.
(Test ce qu'on appelle habiller les plants.
En principe, il n'y a pas Heu de tailler les branches des jeunes plants. Il ne conviendrait de procéder à cette taille que s'il y ïivait une trop grande disproportion entre les racines et les branches; mais alors, dans ce cas, le succès du repiquage serait bien compromis. Toutes les amputations faites aux arbres leur sont nuisibles, car elles donnent lieu à des épanehements de sève et privent l'arbre d'ime partie de ses organes de nutrition.
64. Précautions a prendre. — Pendant la taille, on doit veiller
à ce que les racines restent fraîches. Dans ce but, on n'extrait que peu de plants à la fois. Les ouvriers se tiendront^ de préférence dans un lieu ombragé et auront soin, aussitôt après l'extraction et aussi après la taille, de les envelopper dans une toile mouillée qui les garantira du contact de l'air.
Il faut éviter avec soin d'extraire plus de plants qu'on ne peut en repiquer dans la même journée. C'est principalement au printemps et par les vents du nord que ces précautions sont utiles, et on ne doit Jamais les négliger quand il s'agit d'arbres résineux.
S'il n'est pas possible de les repiquer le jour même de l'extraction, on doit les mettre en jauge. Pour cela on ouvre une tranchée dans un lieu frais; les brins y sont couchés par petits paquets et enterrés jusqu'au moment du repiquage.
65. DÉTAILS DE l'opération. — Le repiquage peut se faire de trois manières": 1* par rigoles; 2° par trous; 3° par le plantoir.
Nous supposons, bien entendu, un terrain bien préparé, ainsi qu'il a été dit au commencement de ce chapitre.
On doit d'abord tracer au cordeau, dans chaque carré à planter, les deux alignements qui Indiquent l'espacement des plants, en tenant compte des indications données au § 61.
Si on adopte le système des rigoles, on pratique une fosse continue dans la direction de l'un des alignements, et on y place régulièrement les plants qui sont ensuite recouverts de terre quand toute la fosse est garnie.
Le système par trous s'applique aux plants un peu forts. On fait ces trous avec la bêche, toujours sur un alignement rigoureux donné par le cordeau.
Le système du plantoir a l'inconvénient de durcir la terre en la tassant autour du jeune plant. 11 n'est favorable que pour les boutures ou les très jeunes plants peu garnis de racines. Il en sera parlé plus loin.
On doit éviter de planter par le hâle ; et si l'on est obligé de le faire, on se sert de corbeilles dans lesquelles les plants sont placés, à l'abri sous la mousse humide. Chaque plant n'est tiré de la corbeille qu'au moment de la mise en terre.
66. Les repiqueuses. — On a imaginé l'emploi d'appareils nommés repiqueuses, qui affectent des dispositions diverses. Nous donnons à ce sujet la description de l'une d'elles (Bagnéris, if anuei de Sylviculture).
« Le repiquement se fait dans des planches qu'on a bien ameublies, un^à un ou à l'aide d'un cadre disposé de la manière sui-
vante. On établit avec des lattes un cadre oblong dont la largeur est égale à colle de la planche à repiquer; les côtés du cadre sont entaillés de petites encoclies distantes entre elles de Tespacement qu'on veut donner aux plants, et qui peuvent recevoir une règle mobile. Cette règle est elle-même munie*de fentes dans lesquelles les plants^ peuvent glisser assez facilement. I^our se servir de ce cadre, on le pose sur la planche, on ouvre une rigole dont un côté est vertical, on garnit la règle d'autant do plants qu'il y a de fentes, on l'applique dans les encoches du cadre, et on butte les plants en môme temps qu'on ouvre une seconde rigole. On enlève la règle, on la garnit de nouveaux plants et on recommence ainsi l'opération jusqu'à ce qu'on ait achevé la longueur du cadre. On déplace alors celui-ci pour le reporter à la suite. »
Pour connaître dos détails sur les repiqueuses, on lira avec ftuit un intéressant article de la Revue des forêts (août 1871, page 55).
67. Soins a donner aux plants repiqués, — Les plants une fois repiqués restent à demeure un, deux ou trois ans. Dans cet intervalle, ils doivent être l'objet de soins répétés, tels que sarclages, binages, aiTOsements, rechaussements, couvertures de mousse et de feuilles mortes.
Les plants à conserver comme hautos-tiges doivent faire l'objet d'un nouveau repiquement. Ils reçoivent alors les mêmes soins que ceux qui viennent d'être indiqués; do plus on doit avoir parfois recours à Télagage et au recépage.
68. L'ÊLAGAOE. — L'élagage doit être modéré et porter surtout sur les branches gourmandes et les doubles tètes qui nuisent essentiellement aux plants, parce qu'elles opèrent une déviation do la sève qui se porte ainsi sur une partie inutile à l'arbre. 11 en résulte d'ailleurs des arbres diflormes, qui ne viennent pas droits, et sont impropres à l'usage auquel on les destine, i^our donner de plus aux cimes une forme pyramidale, il convient de raccourcir les rameaux au fur et à mesure qu'ils se rapprochent de la flèche. Cette opération se fait après l'hiver ou à la un de Juin. Il importe d'ailleurs de ne pas trop dégarnir les tiges, surtout au pied, de manière à donner à l'arbuste une forme régulière et trapue, au lieu de la forme grêle qu'il prendrait si on abusait de la taille. — Ce qui précède s'applique surtout aux feuillus.
L'opération se fait à la serpette ou au sécateur, et il est essentiel que oes instruments soient bien aiguisés pour donner une section bien nette, verticale, surtout quand eue est faite rcz tronc
110 LES MATIÈRES PREMIÈRES DBS REPEUPLEMENTS
c'est-à dire directement sur la tige principale. Dans ce dernier cas un pansage de la plaie au coaltar est favorable.
S'il s'agit de branches grêles à retrancher, on peut, pair une légère torsion, empêcher l'arrivée de la sève. Ces branches meurent alors rapidement et tombent ensuite d'elles-mêmes.
69. Le rbcépage. — Les plants repiqués une ou deux fois peuvent avoir souffert par suite de la gelée ou de l'abroutissement; alors ils languissent, meurent en tête, ou bien prennent une tournure difforme qu'on ne peut corriger par l'élagage. U est alors nécessaire d'avoir recours au recépage.
Cette opération est encore indispensable quand le plant repiqué, provenant de la pépinière ou d'un arrachis fait dans la forêt, est mal pourvu de racines et mal conformé.
Le reeépage consiste dans la coupe de la tige à quelques centimètres de terre. Il y a lieu, soit immédiatement après le repiquement, si la nécessité en a été constatée, soit plus tard, quand cette opération est reconnue indispensable. On a soin, lorsqu'on recèpe, d'employer un instrument bien tranchant, serpette ou sécateur, et de ne pas ébranler les racines.
Lorsque la première sève après le recépage a donné de nouveaux bourgeons, on détache du pied recépé tous ceux qui se sont produits, sauf les deux plus forts. Un mois plus tard, on supprime le plus faible des deux; le brin conservé prend alors un accroissement tel qu'il devient souvent plus gros, plus élevé, et en même temps plus droit que n'était la tige qu'U remplace.
Il y a lieu d'observer que si le recépage n'est pas nécessaire, il peut être nuisible. Il faut qu'il y ait une juste proportion entre la quantité des racines et celle des branches. Si donc un plant tiré d'une pépinière est bien pourvu de racines, si de plus 1| tige est bien proportionnée et intacte, il n'y a aucune utilité à le reeéper, et même il y a de l'inconvénient, puisqu'on le prive de ses feuilles qui auraient contribué à le nourrir.
70. Extraction et préparation des plants repiqués. — Quand l'époque de l'emploi des plants repiqués est venue, on doit procéder à leur extraction comme il a été dit § 62 ; l'opération doit être faite de manière à ménager les racines. On fait ensuite la toilette des plants (§63).
Quelques auteurs conseillent do tailler les branches à 20 et 30 centimètres du tronc, de ne point toucher aux branches supérieures et à la tête, et de planter les arbres dans cet état; mais il arrive plus souvent qu'on taille les branches tout près du
PLANTS BT PÉPINIÈRES lit
tronc, ot qu'on coupe la tête de celui-ci. On conseille même, lorsque les plants doivent être expédiés au loin, de couper la tige presque entièrement en ne laissant qu'une longueur de 20 à 30 centimètres.
71. Du TRANSPORT DBS PLANTS. — Quaud lo lieu de la plantation n'est pas éloigné de la pépinière, on y transporte les plants sans beaucoup de préparation. Cependant il est bon d'abriter les racines du contact de l'air, en les couvrant de ramiUes, do paille mouillée, soit pendant la route, soit sur le lieu de la plantation, en attendant qu'elles soient mises en terre. On doit avoir l'attention de ne pas extraire plus de plants qu'on n'en peut employer dans la journée.
Le transport a lieu soit à dos d'bomme, soit sur des bêtes de somme ou des voitures.
Quand les plants doivent rester extraits plus d'un joTU*, et quand^ le transport doit avoir lieu sans transbordement, il n'est pas nécessaire d'emballer les plants ; mais on doit procéder au transport avec beaucoup de précaution, notamment pour les arbres résineux, il y a alors plusieurs manières d'opérer.
72. DisposrrioN en Lrrs. — Si on a laissé intactes les brancbes supérieures ot la tête des arbres, il est impossible d'en former des bottes ; dans ce cas, on garnit les racines de chaque plant avec de la mousse fraîche, et l'on dispose sur la voiture un lit de pallie, puis un lit do plants, et ainsi de suite, de manière que chaque rangée de plants soit recouverte par un lit de paille, que tiges et branobes ne puissent être froissées, et que les racines nç puissent se dessécher.
73. BOTTELAGE DES PLANTS. — Si les branchcB et la tête des arbres ont été retranchées, on les arrange par bottes : dans ce cas, on a soin de bien entrelacer les racines les unes dans les autres, afin que les tiges se rapprochent lo plus possible. On lie ces bottes avec des harts, sous lesquelles on met un peu de foin pour qu'elles n'offensent point l'écorce. On a soin d'interposer entre toutes les racines des poignées de mousse, et à défaut de mousse des bouchons de paille bien broyée entre les mains et un peu humido, de telle sorte que les vides se trouvent bien remplis. Enfin on enveloppe les racines de chaque botte avec de la paille, en quantité sufQsante pour cacher toutes les racines. 11 est môme utile que Tenveloppe de paille couvre toute la longueur des troncs, pour qu'ils ne risquent point d'être éoorchés sur les voitures ; cette
enveloppe est maintenue avec des liens. •— Pour les résineux, il est bon de conserver une partie de la motte de terre qui adhère aux racines ; celles-ci sont enveloppées avec de la mousse qui est retenue par deux liens en croix.
74. Chargement et transport. — On charge les bottes sur des bêtes de somme ou sur des voitures, et on a soin de mettre de la paille partout où les tiges pourraient frotter les unes contre les autres, ou contre quelques corps durs qui pourraient les écorcher. Ces bottes s'arrangent très bien, en couchant le menu bout des unes sur le gros bout des autres et en mettant les bottes des petits plants entre les grosses.
Quand le chargement est terminé, on recouvre le tout avec du genêt, de la bruyère, ou toute autre litière, et on étend par-dessus une toile qu'on retient en plusieurs endroits par des cordes qui croisent les bottes de plants.
Moyennant ces précautions, les arbres peuvent rester assez longtemps en route, et être transportés fort loin sans trop soufiFrir de la privation de la terre, ni sans être endommagés par le hâle ou la gelée.
75. Emploi des caisses. — Quand les plants sont exposés à des transbordements, il y a intérêt à placer leurs racines dans des caisses à claire-voie garnies depailleàrintérieur(lm.delongueur, 1 m. 40 de hauteur, m. 40 de largeur, par exemple pour les hautes tiges). Ces enveloppes de bois blanc ne doivent pas dépasser le poids de 60 kilogr, plants compris. Elles doivent être légères, maniables, solides ; car il peut être nécessaire de les transporter sur le lieu des travaux, au moyen de bêtes de somme.
Les plants alterneront avec de la paille sèche. On remplira les caisses de manière à ce que ces plants ne soient ni foulés ni secoués.
76. Emploi des corbeilles. — Les basses tiges, boutures, résineux s'expédient avec avantage au loin dans des corbeilles de 50-80 (centimètres) de fond et de 50-60 (centimètres) de hauteur. Ces corbeilles doivent être faites à angles bien droits, de manière à pouvoir s'empiler facilement et sans vides sur les charrettes, dans les wagons, et être chargées à dos de bêtes de somme, au nombre de trois.
On n'apas àredouter réchauffement des racines qu'on place, autant que possible, dans la partie centrale des corbeilles dont le tressage en osier permet la circulation de Tair. Il faut avoir soin de consolider le fond de ces corbeilles avec deux barres en bois. Un couver-
cle est d'ailleurs inutile, et peut être avantageusement remplacé par une couche de paille maintenue par quelques harts en osier.
Ainsi emballés, en caisses ou en corbeilles, les plants feuillus peuvent supporter cinq à six jours de voyage sans le moindre danger. Quant aux résineux, il importe de réduire le plus possible le temps du transport, car leurs racines délicates sont très sensibles aux influences climatériques.
Quand on emploie la voie ferrée, on doit donc toujours expédier par grande vitesse.
Ajoutons, comme renseignement utile, que certains praticiens immergent les racines dans un bain d'argile, et laissent sécher avant l'emballage.
77- PRÉCAUTIONS A PRENDRE A l'arrivée. — Quaud les plants sont arrivés à destination, il ne faut pas défaire les bottes, les caisses ou les corbeilles, ni mettre les plants dans des celliers ou sous des hangars. Il vaut mieux les laisser à Tair tout emballés et jeter de la paille dessus. Si on doit les planter de suite, on défait les paquets au fur et à mesure de la mise en terre. Autrement on les met en jauge (§ 64); ou bien on les couvre de terre, et mieux de terreau.
Les envois d'arbres qui parviennent pendant la gelée doivent être mis à couvert tout emballés, dans un endroit tempéré où ils puissent dégeler lentement; et n'être déballés qu'après le dégel.
Si les arbres paraissent ridés ou desséchés, lorsque le paquet sera déballé, il faudra les bassiner ou les tremper dans l'eau pen« dant une ou deux heures, et faire ouvrir une fosse ou tranchée assez profonde pour les y coucher entièrement en les retirant de l'eau, de manière qu'il y ait 40-50 centimètres de terre par-dessus. Si la terre est sèche ou très saine, il faudra l'arroser copieusement, lorsque la fosse sera remplie et y laisser les arbres pendant 5 et 6 jours ; alors ils reviendront à leur état normal et reprendront avec les mêmes chances de succès que s'ils n'avalent pas voyagé*
Nous traiterons, au chapitre desPlantations,laquestion des soins à donner aux plants au moment même de la mise en terre.
78. Les pépinières volantes. — Les inconvénients que présentent les transports de plants à grandes distances peuvent être supprimés, dans certains cas,par l'établissement de pépinières i;o/anto« ou locales. Ces pépinières n'entraînent pas les frais d'installation .et d'entretien dont il a été parlé précédemment; elles ne sont appelées qu'à produire une ou deux fois les plants nécessahres à un terrain donné, et conviennent surtout aux essences résineuses qui, sauf
répicéà dans certains c§fi spéciaux, n'exigent pas le repiquage.
Les pépinières volantes sont de petites places disséminées dans une forêt, et choisies parmi les terrains qui présentent les conditions les plus favorables. ËllesreQoivent un défoncement préalable qui est suivi du semis. Au bout d'un, deux ou trois ans, selon les essences et le climat, on vient extraire les plants pour les employer dans les environs immédiats.
La distribution de oes pépinières^ l'étendue de chacune délies, doivent correspondre à la distribution et à l'étendue des vides delà forêt, de telle sorte qu'un are de semis puisse fouriûr im hectare de plantation. On leur donne généralement la forme de bandes longues et étroites, et on a soin de renplacer par de nouveaux semis ceux qui ont manqué.
79. Avantages DE CE système. — Les avantages des pépinières volantes, surtout dans les forêts de montagne, sont les suivants ;
1° Faculté d'élever sur place, dans les conditions dimatériques où ils devront vivre, les sujets à planter : ce qui est essentiel pour le résineux.
2'' Certitude presque absolue de reprise pour les plants qui sont replantés aussitôt après l'arrachage, sans transports lointains, danger du hâle, sans crainte de détérioration de leurs racines ou de la tige, à la suite d'emballages, de transports et de déballages.
3o Assurance d'avoir toujours des plants dont la végétation n'est pas trop avancée au moment de leur emploi ; ce qui est à redouter dans les pépinières centrales le plus souvent, attendu que les deux climats de la pépinière et du terrain à repeupler ne sont pas les mêmes.
4<> Possibilité dexonserver plus longtemps les plants bons à replanter, par suite de la moindre fertilité du sol et de la rapidité moins grande de la pousse.
5» Économie importante dans la dépense ; suppression d'une façon et d'un défoncement moins onéreux du sol ; plus d'engrais, plus de frais d'emballage et de transport, regarnissages moins étendus ; mise en terre des plants au moment opportun ; facilité de suspension des travaux au moindre vent, à la moindre pluie, les plautsja'étant extraits qu'au fur et à mesure de leur emploi.
Cknpeut compter sur une réduction de moitié dans la dépense.
80. Utilité des détails pbatiques. — Les renseignements qu'on vient de donner sur les pépinières seraient incomplets si on n'y ajoutait pas quelques détails pratiques et quelques chiffîres permettant d'apprécier les dépenses qu'entraîne l'éducation des jeu-
PLANTS ET PÉPIMIBREâ 115
nés plants, Il est utile également de lownir quelques indications sur les jeunes plants des principales essences. Tel sera l'objet du chapitre suivant.