‹ Essai sur les revendications colonialesChapitre 25 sur 74 · CPE EE ET REP RRR TE · texte numérisé non relu

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revendications au « devenir > même de la politique et de l’économie allemandes. C’est l’affirmation aujourd’hui de ce lien qui donne ainsi aüx thèses nouvelles l'unité et, partant, la force dont elles avaient besoin pour triompher.

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Entre des tendances extrêmement divergentes, l’adoption de la thèse nouvelle d’une liaison à établir entre la «question des devises» et la question des «territoires d'exploitation allemands », a, semble-t-il, permis un accord. Conciliation, tout d’abord, et avant tout, du désir d’assurer à l'Allemagne une «expansion», avec la conscience des difficultés actuelles qu’une telle expansion directe offrirait vers la Russie. Conciliation du souci d’affermir l’autarcie avec le désir de ne pas porter pourtant de trop graves atteintes aux entreprises commerciales et maritimes. Conciliation des préoccu- : pations des milieux financiers — milieux anciens, dont la puissance est bien antérieure au Reich actuel — préoccupés avant tout de l’équilibre de la balance des comptes, avec celles des nouveaux milieux nationauxsocialistes, hostiles a priori aux précédents, mais ralliés à la revendication coloniale dès lors qu’est écartée toute idée d’émigration massive et dès lors, par ailleurs, que le succès du plan quadriennal apparaît en jeu. Ainsi, on le voit, les milieux les plus divers finissent par appuyer ou du moins par accepter les thèses nouvelles.

On peut se demander dans ces conditions si l’affirmation même de ces thèses, indépendamment des bénéfices que leur succès permettrait d’espérer, n’a pas à elle seule une utilité, une vertu propre. On n’ignore pas de quelles laborieuses négociations entre des inté-

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rêts opposés ou même contradictoires, de quels marchandages s’accompagne — et s’est toujours accompagnée — toute décision allemande. On n’ignore pas, par ailleurs, que, fidèles aux enseignements d’une philosophie qui apprend à résoudre une contradiction en la dépassant dans le temps, les dirigeants allemands, à bien des époques, se sont efforcés de terminer les corniflits en offrant aux intérêts divergents en cause la possibilité d’une affirmation commune. La revendication des « matières premières » et des « territoires d’exploitation >» semble être une de ces affirmations communes dont un des buts est de résoudre un conflit profond et grave, ou du moins d’en atténuer les effets.

On peut se demander ainsi, en définitive, s’il ne faut pas voir un fait politique dans le souci même d’appuyer de raisons économiques le désir nouveau d’une expansion allemande outre-mer.

La liaison établie par l’Allemagne à une date récente, entre le problème des matières premières, le problème colonial et le problème des devises a permis de donner ainsi à la revendication générale la vigueur dont la thèse ancienne était dépourvue.

Elle a rendu en même temps la revendication plus souple, les arguments devenant plus nombreux au moment même où les buts devenaient plus incertains.

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