POS ERA
allemandes. Elles ont été cédées inconditionnellement aux Alliés » (10).
M. Eden, en septembre 1937, à la Société des Nations, combattait vivement les thèses allemandes.
M. Amery, en octobre 1937 (11), affirmait une fois de plus que la «solution du problème colonial allemand est du domaine économique et commercial et non du domaine territorial ».
Lors de la conférence qu’il donna au Royal Institute of International Affairs, M. Nicholson souligna que la restitution au Reïch de ses anciennes colonies ne lui permettrait pas de résoudre les problèmes économiques et démographiques auxquels il devait faire face.
Sa campagne de revendications coloniales — ajoutait-il — est pour l’Allemagne une monnaie d’échange sur le terrain diplomatique. Elle abandonnera cette campagne en échange de sa liberté d’action vers
l'Est (12).
c) Enfin dans divers milieux, on se rallie à la thèse de la restitution de certaines zones sous mandat, mais non sans exiger certaines conditions qui peuvent être groupées sous divers chefs :
Certains considèrent que la réserve de la sécurité militaire des territoires qui seraient en bordure des colonies allemandes restituées, est indispensable. C’est ce que mettait en lumière, en juin 1937, un article de l'East Africa and Rhodesia, et c’est aussi l’opinion soutenue par M. Malan, leader du parti nationaliste afri-
(10) V. Times, 18 octobre 1937.
(11) V. aussi l’opinion émise par M. Amery dans le bulletin de l’Académie diplomatique internationale, janvier-février 1938. (Matières premières et colonies).
(12) M. Nicholson précise : « They (the Germans) do not want us to be kind ; they want us to be frightened ».
cain, dans un article du 10 octobre 1937 du même journal.
D’autres, comme Sir Evelyn Wrench, fondateur de la Ligue d'Outre-Mer, pose comme condition à une restitution que l’Allemagne administre ses territoires comme mandataire et non en pleine souveraineté (13).
Enfin il semble que l’opinion publique, qui s’est affirmée lors de l’enquête ouverte par le Times en octobre 1937, soit assez exactement exprimée dans cette déclaration de Lord Allen of Hurtwood (14) : «La méthode consistant à faire des concessions isolées ne peut qu’entretenir les ambitions et ne donne aucune garantie contre d’autres réclamations indéfinies. La procédure la plus sage est de dire: «Ce problème colonial ne peut être utilement discuté qu’à une condition, savoir que cette discussion fasse partie d’un règlement général de paix!» Si ce problème extrêmement ardu doit être rouvert, il faut de nouveau (comme à Versailles) qu’il fasse partie d’un règlement d’ensemble. Comme tel il doit comporter la participation de l'Allemagne à une Société des Nations et être garanti par notre commun consentement à une limitation et à un contrôle des armements sur la base de l’égalité de statut. Enoncer cette condition ne sert qu’à souligner l’urgente nécessité de faire un nouvel effort pour s’assurer si nous sommes disposés à offrir et si l’Allemagne est disposée à accepter une proposition de semblables négociations. Si l’on ne trouve pas, et rapidement, le moyen de le faire, les revendications coloniales, tout comme jadis les Réparations, deviendront un foyer d'infection dans le corps politique de l’Europe ».
(3) V. aussi le Manchester Guardian, 1* novembre 1937. (14) Times, 17 octobre 1937.
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